Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

La Dame de Brassempouy et l’emblème pour la Gascogne.

samedi 30 août 2008, par Castetgelos

On constate aujourd’hui, plus de deux siècles après sa disparition officielle de la carte de France, que la Gascogne possède toujours une forte signification historique et sociale auprès les populations qui lui restent attachées et que l’identité gasconne a survécu à toutes les tentatives de son effacement.

Nécessité d’un drapeau...

Dans la société moderne d’image et d’information comme la nôtre, la reconnaissance de toute identité s’attache à un drapeau qui est, à la fois son marqueur ostensible et un vecteur de communication pour les peuples dont il formalise le rassemblement autour de leurs valeurs identitaires.

Pour retrouver sa place parmi les régions françaises actuelles, la Gascogne, doit avoir, comme les autres, un emblème qu’un blason historique ne saurait remplacer.

... avec un logotype

Un drapeau est d’autant plus remarqué et mémorisé qu’il est frappé d’un logotype caractéristique. Par exemple, la feuille d’érable pour le Canada, le cèdre pour le Liban, la croix blanche pour la Suisse, le sceau de David pour Israël, etc.

Privilégiée sur ce point, la Gascogne dispose d’une figure emblématique exceptionnelle : la Dame de Brassempouy, première représentation sculptée au monde d’un visage humain.

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La Daune à la Maison de la Dame à Brassempouy
Une version très agrandie de la statuette d’origine.

Cette effigie est l’oeuvre d’un artiste appartenant aux populations qui ont d’abord habité le territoire, dont le centre des Landes au Couserans et de la Garonne aux Pyrénées, se nomme aujourd’hui la Gascogne avant de se répandre dans toute l’Europe.

Figure féminine

Elle évoque singulièrement, la spécificité ancestrale de la société gasconne fondée sur l’égalité de la femme et de l’homme, principe de civilisation qui ne cesse toujours d’interpeller les sociétés contemporaines.
Sa coiffure caractéristique qui l’a fait surnommée la Dame à la capuche a curieusement anticipé le "capulet" porté par les femmes pyrénéennes jusqu’au XIXe siècle ce qui amène à s’interroger sur cet aspect de la culture gasconne : simple coïncidence ou réminiscence traditionnelle ?

La nature féminine même de la statuette s’accorde particulièrement avec le genre féminin du nom de la Gascogne et le statut propre à la femme dans la société gasconne.

Un ancrage dans le patrimoine de l’humanité

Ce chef-d’oeuvre du paléolithique supérieur sculpté il y a presque 25.000 ans, ancre la Gascogne au coeur du patrimoine culturel de l’humanité sortie de son état préhistorique par l’activité artistique.

Ce sont ces surprenantes corrélations de la Dame de Brassempouy avec les fondamentaux ethnosocioculturels gascons qui sont à l’origine du choix de son effigie comme emblème par excellence de la Gascogne.

Le triangle gascon

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Le triangle gascon, entre mer, Garonne et Pyrénées
Le massif landais et les Pyrénées sont en vert.

Dans un premier projet de drapeau la Dame, reproduite d’après un dessin de l’archéologue Piette et de l’original conservé au Musée d’Archéologie Nationale, était placée au centre sur un fond uni de couleur rouge.

Cependant, afin de renforcer encore le symbolisme de l’emblème, ce fond uni a été intentionnellement remplacé par celui d’un spécimen déjà connu composé par deux triangles disposés tête-bêche, aux couleurs traditionnelles de la Gascogne : le triangle supérieur est de teinte blanche ; le triangle inférieur de couleur rouge rappelle par sa forme celle du territoire gascon : le côté vertical situe le littoral atlantique, la diagonale retrace le cours de la Garonne et la ligne horizontale positionne la chaîne pyrénéenne.

Sur cet emblème la Dame de teinte blanche, qui est celle de l’ivoire de mammouth dans lequel elle a été sculptée, est dessinée en traits noirs au centre du drapeau en surimpression sur les deux triangles ; elle est présentée de profil, vue du côté gauche, la face tournée vers la hampe de façon à se trouver symboliquement placée dans le sens d’une marche vers l’avant.

Les recherches menées sur son originalité confirment que ce drapeau est unique.

Il ne ressemble à aucun des drapeaux connus dans le monde, que ce soit ceux des États nationaux, ceux d’organismes internationaux, ceux des anciennes régions historiques de France ou encore ceux des régions administratives françaises ou européennes.
On ne peut pas, non plus, le confondre avec des emblèmes " approchants " dont il se distingue, comme le drapeau corse dont la tête d’un homme Maure se détache sur un fond blanc uni ; ou bien celui de la Papouasie dont le fond comporte aussi deux triangles superposés, mais dont le triangle inférieur est de teinte noire parsemé d’étoiles blanches et le triangle supérieur de couleur rouge agrémenté d’un dragon d’or ou encore avec celui du Bouthan dont la diagonale agrémentée aussi d’un dragon d’or part de l’angle inférieur gauche pour aboutir à l’angle supérieur droit et dont les deux triangles sont rouge et jaune.

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Le drapeau corse

Si aucune prétention à vouloir imposer le drapeau frappé de la Daune n’existe, on remarquera qu’il est essentiellement représentatif de notre identité, parce que symboliquement expressif des constituants d’origine, de société, de culture et de territoire gascons.

On ne peut en dire autant des drapeaux qui ont été proposés avant lui comme, entre autres, celui porteur de la croix de Saint-André ; celle-ci n’est rien de plus que le signe de reconnaissance qui frappait les étendards cultuels de diverses populations européennes participant aux croisades, événements essentiellement religieux limités dans le temps ; cette croix a été octroyée par le Pape aux formations croisées et non pas à leurs pays.

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Croix de Saint-André, ou croix en sautoir

Ainsi, les croisés gascons se virent attribuer la croix blanche sur fond rouge, les croisés bretons une croix noire sur fond blanc, les croisés anglais une croix blanche sur fond rouge, les croisés flamands une croix jaune, les croisés français une croix rouge... etc .
D’ailleurs aucun des pays des populations ayant participé aux croisades n’a jamais adopté ces bannières religieuses pour drapeau officiel.

Une profondeur historique plus grande

Se situant aux origines des peuples du sud-ouest européen, l’effigie de la Dame de Brassempouy transcende également la perception d’une Gascogne seulement expliquée par la grande, mais brève, période historique de ses Princes médiévaux. Antérieurement à eux, existaient depuis des millénaires les constituants d’une Gascogne en gestation dont ils ont été les héritiers et qui, à travers les temps, se sont transmis jusqu’à nous.

Pour répondre à une attente exprimée un modèle d’autocollant reproduisant l’emblème et portant le nom "Gascogne" inscrit sous l’effigie de la Dame a été crée et la fabrication d’une première série de drapeaux est à l’étude.

Portfolio

  • Drapeau de la Daune flottant au vent
  • La Daune sur fond rouge
  • La Dame de Brassempouy
  • Drapeau de la Daune - interprétation libre
  • La Daune à l'atelier
  • Drapeau de la Daune
  • Drapeau de la Daune - autocollant GASCOGNE
  • La Daune - graphies multiples pour "Gascogne"
  • La Daune de Brassempouy - une des statuettes les plus anciennes du (...)
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Grans de sau

  • « Ainsi, les croisés gascons se virent attribuer la croix blanche sur fond rouge, les croisés bretons une croix noire sur fond blanc, les croisés anglais une croix blanche sur fond rouge, les croisés flamands une croix jaune, les croisés français une croix rouge... etc .

    D’ailleurs aucun des pays des populations ayant participé aux croisades n’a jamais adopté ces bannières religieuses pour drapeau officiel. »

    Les Bretons ont conservé la croix noire (Kroaz Du) comme drapeau historique. Le drapeau actuel (Gwenn ha Du) est davantage un drapeau culturel lié au mouvement culturel (Emzao). Les anglais également ont conservé leur croix rouge sur fond blanc et on le voit partout là-bas !

    • Concernant les croisés Anglais, le drapeau papal (ou papiste ?) était rouge frappé d’une croix blanche, et non blanc avec une croix rouge comme vous le confondez.

      Quant aux Bretons, ce n’est pas le drapeau blanc frappé d’une croix noire qu’ils hissent aujourd’hui sur les édifices de la région et qui les représente à l’extérieur de leur pays dans toutes les manifestations officielles, culturelles et économiques, mais bien bien le Gwen Ha Du, comme chacun a l’occasion de le constater.

  • C’est un oiseau de paradis qui apparait sur le drapeau papou-néo gunéen, et le drapeau anglais est une croix rouge de Saint-George sur fond blanc.

    Suncérement, comme drapeau gascon j’aurais plutot vu l’ecartelé rouge et bleu traditionel avec une croix blanche.

    Ei mai istoic per ieu.

  • Excusez moi j’arrive après la bataille, et en plus je suis même pas gascon et me mêle donc de ce qui ne me regarde pas... mais je me permets quand même de donner mon avis, le lise qui voudra.
    Je ne trouve pas pertinent le choix de la Daune comme emblème de la gascogne, même après avoir lu les explications à ce sujet. Il me semble que c’est un symbole trop éloigné dans le temps pour permettre une identification et un "ralliement", puisqu’il est antérieur à toute existence, à toute conscience et à tout fait fondateur de la Gascogne.
    En clair, pour moi, en dehors du fait que la statue a été trouvée dans les Landes, rien à voir avec la gascogne et ses spécificités, et je ne crois pas à l’idée des "constituants d’une Gascogne en gestation dont ils ont été les héritiers et qui, à travers les temps, se sont transmis jusqu’à nous". En effet au fil de la préhistoire et de l’histoire, des invasions et des voyages, la part de ce qui s’est transmis en ligne directe depuis l’époque est infinitésimale comparée à d’autres influences bien plus importantes "subies" entre temps, et qui elles sont davantage constitutives du "fait gascon" me semble-t-il.

  • Quand il a été proposé de faire figurer la Daune sur le trencat, en remplacement d’une étoile, j’avais eu la même réticence : la Dame de Brassempouy datant de -25000 ans, ne pouvait a priori représenter la spécificité gasconne, puisque la Gascogne s’est faite par la romanisation de l’Aquitaine, donc après Jules César.

    Par la suite, j’ai adopté la Daune :
    - comme symbole d’humanité (qui plus est, féminine, ce qui le rend encore plus pertinent en période d’émancipation générale des femmes),
    - comme symbole d’ancienneté (et là, elle est très forte ! et quand nous défendons la Gascogne, nous nous battons contre l’oubli de l’histoire et de la préhistoire),
    - comme clin d’oeil à l’érétère (l’héritière) - de la Maison gasconne, qui la dirige et la transmet à son tour, si le hasard fait qu’elle est l’aynade).

    Et puis j’ai remarqué que nous ne sommes pas les premiers à gasconniser la Dame de Brassempouy : le seul fait qu’elle ait été aussi popularisée sous le nom de "Dame au Capulet" le montre.

    Michel Larneuil, dont le roman ""Si l’Adour l’avait voulu"" est une sorte d’hymne à la Gascogne, évoque la fascination qu’elle exerce sur le Docteur Ducasse : "Quand on a vu une fois la Dame de Brassempouy on ne peut plus l’oublier." (pas mal comme symbole, quelque chose qu’on ne peut pas oublier !)
    http://gasconha.com/spip.php?page=gran&id_gran=31294

    J’ai aussi constaté que la figure de la Daune plait, pour représenter la Gascogne.
    Et le Drapeau de la Daune plait aux publics variés qui cherchent un emblème gascon.

    Lors de sa présentation sur Gasconha.com, c’était déjà celui qui réunissait le plus de "pour".
    Bien qu’il n’y ait pas, pour l’instant, de machinerie commerciale efficace pour le promouvoir, je suis bien placé pour voir qu’il se vend facilement.
    Il est vrai aussi que le Drapeau de la Daune comble un vide :
    - L’écartelé gascon ne peut guère le concurrencer à terme puisque c’est un blason, qu’il ne couvre pas la totalité de la Gascogne lingüistique ; il exprime une Gascogne tardive, réduite, féodale (les Etats privés d’Henri IV ?) et déjà domestiquée.
    - La croix de Saint-André ne peut pas marcher non plus : le fait qu’elle ait été donnée par le pape à des combattants gascons ne pèse pas grand chose pour moi : la Gascogne, c’est beaucoup plus que ça, elle traverse les millénaires, et des histoires de croisades médiévales ne sont pas fondatrices pour elle !

    Bref, on a maintenant pour représenter la Gascogne un drapeau très riche de sens, un peu exagéré certes dans ce qu’il dit sur l’ancienneté de la Gascogne. Mais cette exagération même peut être sympathique.

    Et dans le drapeau de la Daune, on peut considérer - et un des principaux promoteurs du drapeau m’a confié qu’il acceptait cette interprétation - que sa figure représente davantage la Vasconie que la Gascogne ; le triangle rouge du drapeau est là, de toute façon, pour figurer l’espace gascon.

    Dans les quelques hestes gascounes que je fréquente l’été, je ne manque jamais d’arborer la Daune. J’espère qu’on l’y verra de plus en plus. Mais je peux dire que j’ai trouvé facile, quand on m’a demandé ce qu’elle voulait dire, d’expliquer que c’était comme une Marianne gasconne.
    Eh oui, Marianne est acceptée comme une évidence pour représenter la France. Je ne suis pas sûr que ses fondements sémantiques et historiques soient plus solides que ceux de la Daune pour représenter la Gascogne !

    Le drapeau de la Daune (drapèth de la Dauna), c’est enfin le résultat d’une belle histoire de coopération, sur Gasconha.com notamment.

    Alors, on le garde et on le diffuse !
    Qu’ei çò qui harei tant qui Diu (o lo destin) e’m preste vita.

    • Un débat nourri et très ’polémiquement coopératif’ a eu lieu sur ce site : ’bannière d’or aquitaine de Gaïffer’, Daune de Brassempouy, croix de Saint-André en Gascogne, ’estela de Vasconie’, on peut s’y reporter. Dans nos archives le dossier est riche.

      De l’écartelé récent (quatre quartiers) de Petite Gascogne (la généralité d’Auch), on peut garder et utiliser à l’occasion la gerbe, le lion.

      Les couleurs rouge et blanc bénéficient d’une faveur certaine, et font consensus. Elle sont aussi celles des hestes, sachons en tirer parti.

      La Daune est-elle un symbole strictement "paléo-gascon" ? Même si on l’admet cet objet n’a aucun rapport direct et spécial avec les Gascons comme peuple (néo-roman).
      La figure de la Daune conviendrait pour un totem, à la rigueur un logo, pas pour un drapeau, ni pour une bannière (n’étant ni géométrique ni héraldique).

      Le Trencat a pour lui les couleurs et l’évocation géographique, mais s’apparente davantage à un fanion. J’y vois volontiers un emblème dynamique de la renaissance gasconne.

      Le Sautoir avait l’avantage d’être un peu connu. Il n’est pas dû aux papes (voir sur ce site la citation du texte de référence, de 1188), bien que le lien précoce avec Bordeaux et (saint André, etc.) soit possible. Pas de connotation cléricale en vue. (N.-B : De toute façon les couleurs accordées à la faveur des croisades ne sont pas nées de l’arbitraire papal qui, ici comme en bien d’autres cas, se serait contenté d’enregistrer la vox populi.

      Le Sautoir répond parfaitement aux exigences d’un drapeau, il n’y a aucune raison de le rejeter, et pour ma part je l’adopte (après mûres réflexions, parce qu’il y aurait aussi le deux-croix rouge et bleu (+ sur x) sur fond or, la tête de taureau rouge sur or et tout ce qu’on pourait concevoir en plus).

      De toutes façons nous n’aurons jamais trop d’emblèmes, l’important étant de leur assigner des emplois assez distincts et de les faire vivre en les coordonant.

      Sinon, d’autres prendront la place.

    • je suis également favorable à la pluralité d’emblêmes e de bannières(les Ecossais en ont deux par exemple et ne s’en portent pas plus mal).je relève ce qui me semble être une erreur au sujet des croix nées des Croisades,qui n’étaient pas que des évènements religieux:de grands mouvements sociaux et politiques,des occasions uniques (jamais renouvelées depuis) de rencontres entre peuples et cultures,rencontres parfois très "musclées" mais à d’autres moments, pacifiques).En ce qui concerne les Anglais,la croix de Saint-George (qu’on voit souvent brandie dans des matchs où joue l’équipe d’Angleterre) ,une des bases de l’union Jack ,est bien cette croix blanche sur fond rouge !

      Mais c’est secondaire.Pour en revenir à l’énigmatique daune de Brassempouy ,objet (pardon,sujet !)initial de ce fil,que Tederic me permette de trouver du panache à son attachement à cette belle (oui,il me semble) dame de 15000 ans ;c’est un autre "amor de lonh" façon XXI è siècle mais à la différence de Jaufre Rudel c’est l’océan des millénaires qui l’en sépare et non la simple Méditerrannée !
      Quant à moi ,je ne peux m’empêcher d’y trouver prétexte à une réflexion un peu amère car j’y vois l’image même de l’absence de la Gascogne à elle même:on sait qu’à vues humaines,jamais la Daune ne pourra revenir se reposer sur "ses terres" car le testament du découvreur refuse qu’on la déplace de Saint-Germain en Laye.J’avais nourri l’espoir d’une fissure juridique où il serait possible de s’engoufrer mais comme,depuis trois ou quatre ans,une salle lui aurait été consacrée au musée de la préhistoire de St Germain, en accomplissement des exigences du testateur,plus aucune raison d’attaquer ce séjour forcé n’est en vue."Amor de terra lonhdana..."




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Le drapeau de la Gascogne