Gascogne à table ! Idées pour ReGasPros à Samatan le 23 nov. 2019

- Tederic Merger

Samedi 23 novembre 2019 a lieu à Samatan la IIIo Amassado gascouno organisée par Esprit gascon avec l’aide de la mairie de Samatan, et adossée à Gasconh’à table.
ReGasPros y sera - merci aux organisateurs de nous avoir inclus dans le programme officiel ! - et de 10 à 11 h, fera son amassade dans l’Amassado !
IIIo Amassado gascouno a Samatan !

Ce sera l’occasion d’exposer nos idées, mais ces idées, nous pouvons encore les peaufiner d’ici là. Par grans de sau sur cet article, vous pouvez participer...

A Labastide-Cézeracq en 2018, notre président Vincent Poudampa avait parlé des formes nouvelles de coopération intercommunale comme le Pôle métropolitain Pays de Béarn ou la Communauté d’agglomération Pays basque, qui sont des opportunités pour refaire des pays gascons.

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La Gascogne et les nouveaux modes d’organisation territoriale : Le Pays de Béarn et ses voisins
L’intervention de Vincent Poudampa pour Région Gascogne Prospective le 15 sept. 2018 à la seconde Amassade gasconne de Labastide-Cézéracq.

C’est que l’idée s’est installée en nous que la Gascogne ne peut se refaire que par ses pays, entre autres parce que le statut de Région administrative est pour longtemps inaccessible, et que les Départements n’ont pas une logique gasconne et ont une granularité trop grosse pour pouvoir épouser même grossièrement les limites géographiques de la Gascogne.

Et des pays gascons constitués officiellement, il y en a, sous des statuts divers ; en fait toute la Gascogne, ou presque, en est pavée (comme de bonnes intentions !) :
 le Pôle métropolitain Pays de Béarn, cité plus haut,
 Couserans, Albret néracais, pays devenus des communautés de communes (ce qui est une promotion en terme de compétences)
 des PETR ("Pôles d’équilibre territorial et rural", le nouveau nom officiel des pays), par exemple "Portes de Gascogne" qui va du Savès à la "Lomagne gersoise".
 parcs naturels régionaux (PNR) : ça peut surprendre, mais il y a des points communs et des passerelles entre "pays" et Parc naturel régional : le pays Médoc vient de se transformer en PNR ; un projet de PNR est à l’étude pour l’Astarac... le Parc naturel des Landes de Gascogne peut être vu comme un "pays" par ses ambitions ("développement durable", identité...).

Mais la conscience ou la volonté gasconne leur manque en général, mis à part le cas particulier du Pays de Béarn.
Il faut lire leurs chartes détaillées pour trouver, au mieux, quelques phrases qui se réfèrent explicitement ou implicitement à un horizon gascon, parfois envisagé comme un attrait touristique (Charte de l’Albret).

Il faut donc donner à ces pays émergents envie de Gascogne !
Quel thème gascon touchera le plus les élus locaux, au point qu’il infuse et diffuse dans les orientations qu’ils donnent au pays ?
Je ne vais pas tourner autour du pot, du toupin... c’est justement ce qu’on peut mettre au toupin ou à côté, donc la cuisine aux produits du terroir, la gastronomie, "la food" diront les plus américano-mondialisés... qui peut représenter la Gascogne avec le plus d’évidence et le moins de blocages pour le plus grand nombre, élus, population locale, touristes : donc Gascogne à table ! comme à Samatan chaque mois de novembre.

Exemples emblématiques : la garbure (comme celle servie à Gasconh’à table 2017, ou au Restaurant la Pergola à Plaisance selon David MacAninch), le foie gras, le pastis bourit (pastis landais), la croustade ou tourtière...

L’ode à la Gascogne de David MacAninch s’appelle "Duck season" ; le titre l’indique : c’est la cuisine gasconne du canard qui donne le ton du séjour gascon de l’écrivain états-unien. Même s’il aime la Gascogne bien au delà de ça.

Même tropisme culinaire pour Martin Calder dans "A summer in Gascony" : il a passé son été dans une ferme-auberge où la cuisine est au centre de tout.

Mais ce sont deux anglo-saxons, me dira-t-on.
Alors je convoque Christine de Rivoyre, parisienne qui avait des racines landaises.
Son roman Belle alliance tourne en partie autour d’un restaurant mythique de la Coste gascoune [1], qu’elle (enfin, son héroïne !) tente de reprendre en mains quand il est tombé dans de mauvaises.

Trop parisienne ?
Je cite alors Alain Juppé :
« Je ne suis pas Bordelais, mais je suis Gascon. J’ai été élevé à Mont-de-Marsan dans un terroir et une famille de gourmands. Mon grand-père maternel s’appelait Albert Darroze, c’était un cousin de Jean Darroze, célèbre cuisinier à Villeneuve-de-Marsan. Toute mon enfance a été ponctuée par ses repas de baptêmes, communions, mariages et enterrements. J’ai gardé des liens avec cette branche gastronomique de la famille »

Un medoquin qui a étudié le Médoc en profondeur, mais lui aussi, s’est beaucoup penché sur la cuisine : Christian Coulon, auteur du « Cuisinier médocain », de « Ce que manger Sud-Ouest veut dire », de « Festins gascons ».

Christian Millau (de Gault et Millau) :
La Gascogne, le pays imaginaire du vrai luxe !

« Et si le vrai luxe avait tout simplement changé de cap ?
Je sais à présent où le trouver : dans quelques campagnes où la simplicité, la générosité et la pureté font encore barrage à ce faux luxe insupportable.
Une salade de haricots verts du jardin, un confit sorti de la cave ou un chou farci, rencontrés au hasard d’une ferme, d’une maison noble ou d’un bistrot de village [...] »

Enfin, quittant les sommités, allons vers les Coteaux Arrats Gimone (communauté de communes voisine de celle du Savès, sur une autre vallée de l’éventail gascon) :

« Un terroir, riche de saveurs

Dans ce terroir, on y pratique depuis toujours la culture de « l’authentique » et du « bien vivre ». On y trouve les produits issus de l’agriculture traditionnelle et des modes de fabrication, transmis de génération en génération, qui enrichissent la succulence de la cuisine du Gers (ou Sud-Ouest), qui font la réputation et la renommée de notre région. Travaillé et entretenu par de nombreux agriculteurs gascons fiers et passionnés, ce terroir exigeant influe sans nul doute sur le caractère entier de ses habitants.

Dans le Gers, la gourmandise n’est pas un défaut et la table est une véritable institution. Pièce maîtresse de l’histoire de nos modes de vie, la gastronomie en fait sa réputation. Ancrée dans la préparation traditionnelle des produits de la ferme, issue des savoir-faire et de l’amour du travail bien fait, elle a su s’adapter aux tendances de la cuisine nouvelle.

Venez savourer les nombreuses spécialités caractérise notre territoire : le traditionnel foie gras d’oie ou de canard, le magret, le confit, les volailles fermières, le Porc Noir Gascon, le Pastis Gascon appelé également « croustade », et autres gourmandises... »

Rien à rajouter, sauf - inquiétant quand même - que l’étiquette "Gascogne" est supplantée par "Gers" et par "Sud-Ouest" : « la succulence de la cuisine du Gers (ou Sud-Ouest) ». Mais les agriculteurs sont "gascons fiers et passionnés"... Il ne devrait pas être trop difficile de redresser la barre !

Que conclure ?

  1. que la cause est gagnée côté cuisine et qu’il faut porter ou continuer le combat gascon sur d’autres fronts (comme celui de la langue) ?
  2. qu’elle n’est pas gagnée même côté cuisine malgré un potentiel impressionnant et médiatisé, et qu’il faut mieux faire ?
    (comment expliquer l’atonie apparente de la Gascogne profonde si elle est flamboyante sur un thème aussi important que la nourriture de l’homme et son plaisir à table ?)
  3. qu’il faut profiter de cette notoriété culinaire pour avancer d’autres thèmes, dans une synergie vertueuse ?

Notes

[1le terme est de moi, pas de l’écrivaine

Grans de sau


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