Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

Le Manifeste gascon

Version 1

samedi 14 juillet 2012, par Gerard Saint-Gaudens, Philippe Jouet-Momas, Tederic Merger

Une situation d’urgence

Les évolutions rapides qui affectent les régions gasconnes, dans le champ de la culture, des institutions, de l’économie, de la conscience d’identité en général risquent d’aboutir à la disparition pure et simple de la Gascogne en tant que réalité humaine vécue et fait historique connu.
Il est donc urgent, pour nous qui n’avons pas oublié ce qu’elle est, d’imaginer une refondation de la Gascogne comme lieu d’appartenance.

Des individus, groupes et associations cherchent certes à promouvoir la personnalité gasconne dans leurs domaines de prédilection : langue, musique, jeux, histoire, paysage, architecture, arts, économie, etc.

Malheureusement leurs efforts se heurtent à deux sortes d’obstacles, dus à l’ignorance ou à l’indifférence :

  • obstacles extérieurs dressés par des forces ordonnées à la disparition de la spécificité gasconne, par ignorance ou volonté délibérée.
    Dans cette catégorie on trouve des représentants de la sphère étatique (certains milieux enseignants hostiles aux langues et cultures du pays, des élus locaux ou des fonctionnaires destructeurs d’écosystèmes, membres de divers corps administratifs souvent centralistes par principe), des agents de la presse écrite et audiovisuelle (propagateurs de modes déculturantes et acculturantes) ; des personnalités politiques de toutes tendances, aux arguments variés et contradictoires (uniformisateurs, affairistes municipaux, contempteurs a-priori de tout sentiment d’appartenance, « occitanistes jacobins » liés au cadre régional actuel), sans oublier les pratiquants d’une auto-dérision suicidaire.
    La diversité des attaques menées contre notre identité, dont les clivages ne suivent pas ceux de l’arc politique français, pourrait faire objet d’une étude qui révélerait avant tout le malaise culturel des milieux qui les mettent en œuvre.
  • obstacles intérieurs dus le plus souvent au manque de dialogue et d’explications, à l’exagération de querelles secondaires, à la transformation des désaccords en questions de personnes. Ces défauts inhérents à tout milieu qui se cherche empêchent les convergences possibles. Dans une situation d’urgence ils sont préjudiciables au bien commun.

Ce manifeste fait appel aux Gascons de bonne volonté réunis sur des principes communs, gages de meilleure écoute mutuelle et de projets réalistes.

A. FONDEMENTS

A1. On appelle Gascogne l’aire de la langue et du peuplement gascons définis par les linguistes, le « Triangle » fondateur approximativement bordé par les Pyrénées, l’océan Atlantique et la Garonne, limites géographiques qui ont façonné un espace de vie, créé une communauté de destin.
C’est l’Aquitaine vue par César ("La Garonne sépare les Gaulois des Aquitains"), c’est la Novempopulanie (pays des neuf peuples, avec sa capitale Eauze).
C’est le cœur de ce que recouvre la région indéterminée appelée en français « le Sud-Ouest », qui en paraît comme un substitut. Pour éviter la confusion avec la Gascogne au sens restreint de province de Gascogne ou Généralité d’Auch au XVIIIe siècle (une « Petite Gascogne »), on peut user de l’expression Grande Gascogne. Mais Gascogne suffit : Gasconha, ’Gascougne’.

A2. La Gascogne historique et humaine comprend : le Béarn, l’ancienne Généralité de Gascogne (moins le Labourd et la Basse-Navarre), la Guyenne gasconne (soit presque toute la Basse-Guyenne avec le Bordelais, ainsi que la Lomagne), des pays situés aux confins de ces régions majeures, dont le Val d’Aran. L’agglomération de Bayonne et le « Pays des Trois Vallées » au sud de l’Adour sont des points de rencontre des identités gasconne et basque.
Ces régions ou provinces comprennent de nombreux pays historiques tels que la Chalosse, l’Albret, le Buch, le Born, l’Armagnac, le Marsan, l’Astarac, la Lomagne, l’Auxois, le Volvestre, la Bigorre, le Couserans, le Comminges. De nombreux terroirs témoignent d’écosystèmes spécifiques (Maremne, Marensin, Grande-Lande, Médoc, Bazadais, Vic-Bilh, Tursan, Aure, Aspe, etc.).

Aux limites de l’aire gasconne, de petits pays de langue saintongeaise ou des terroirs récemment dégasconnisés (notamment le Blayais), qui forment un point de rencontre des identités gasconne et poitevine-saintongeaise.

Carte de la Gascogne

A3. Langue, culture musicale et culinaire, jeux et divertissements aux multiples facettes et expressions locales, concourent à établir le fait gascon, en quelque sorte la gasconnité. Dans leur variété de terroirs, les aires agricoles, architecturales ou musicales constituent un vaste réseau de correspondances, un parcours diversifié. Loin de l’image d’un parcellaire démembré, il s’agit d’un tissu humain cohérent et interactif, alliant montagne et plaine, pays d’élevage et pays viticole, mer et collines. C’est cet organisme intégré que nous devons maintenir et renouveler.

A4. On est en droit de parler de peuple gascon entendu comme groupe humain fondé sur des critères objectifs et une conscience d’appartenance suffisante.
Cette définition s’entend en dehors de toute appréciation politique ou institutionnelle. Elle inclut ceux qui trouvent leur origine dans un passé gascon de longue date et ceux des nouveaux arrivants qui auront fait leurs les particularités du pays.
Elle implique aussi les Gascons qui vivent loin de la Gascogne et se sentent toujours solidaires de ceux qui vivent « au pays ».

A5. La spécificité des Gascons est le résultat de l’appartenance de leurs ancêtres et prédecesseurs sur les mêmes territoires à plusieurs ensembles humains et historiques succcessifs qu’ils ont contribué à façonner :

  • aire aquitano-vasconne d’entre Èbre et Garonne,
  • Romania linguistique primitive. Ces déterminations se sont ensuite complétées de liens avec d’autres aires telles que :
    • les pays gallo-romans du Sud, surtout les régions proches de la vallée de la Garonne constituant le Bassin Aquitain,
    • le nord de la péninsule Hispanique, surtout pyrénéenne et atlantique,
    • les pays de l’Arc Atlantique à travers la dimension aquitaine de l’histoire et de la géographie humaine gasconnes, sans oublier l’appartenance à l’ensemble français et à l’ensemble européen.

Les Gascons ne sont donc pas des « Méridionaux ». La Gascogne n’est ni « le Midi » ni « le Sud », étiquettes relatives.

A6. L’histoire a divisé le territoire gascon. Le fait ethnique basco-roman s’est poursuivi dans le fait ethno-linguistique gascon, assis sur une relative unité géographique et une stabilité bi- voire plurimillénaire. La Vasconie puis la Gascogne des Ducs ont traduit administrativement cette identité populaire pendant plus de quatre siècles. L’histoire s’est ensuite déroulée dans des cadres temporels fluctuants mais souvent identifiables comme gascons. Des tendances centrifuges ont mené à l’émancipation de petites entités gasconnes (Béarn, Bigorre, etc.), jusqu’à l’éclatement administratif actuel de l’espace gascon, parallèlement attiré par des espaces aquitain puis français. L’histoire des Gascons traduit les tensions internes et les sollicitations d’un peuple qui n’a jamais disparu.

A7. L’entrée de la grande majorité des pays gascons dans l’État français (Val d’Aran excepté) s’est faite à des époques différentes et suivant des modalités diverses.
Administrativement les Gascons sont aujourd’hui pour la plupart citoyens français, répartis entre deux régions administratives qui ne coïncident pas avec l’aire gasconne : Aquitaine et Midi-Pyrénées, régions qui hébergent aussi l’une et l’autre des territoires « aquitains » non gascons. Les limites des neuf départements qui sont en tout ou partie gascons (Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gironde, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Gers, Lot-et-Garonne, et quatre communes de Dordogne), ne suivent pas non plus celles de l’aire gasconne.
La Gascogne écartelée entre deux régions

Les Aranais gascons sont citoyens espagnols, inclus dans la Généralité de Catalogne. Ils ont un statut particulier, dont le respect de la langue officielle (dénommée « occitan aranais ») est un élément constitutif.

A8. Le nom des Gascons est un autonyme, c’est-à-dire leur nom indigène, dont l’étymologie est commune avec le nom que se donnent les Basques. Ce nom provient d’une racine *eusk- qui se retrouve dans la forme latine Uascones.

Le nom de Vasconie, Vasconia, s’applique aux territoires issus de la matrice ethno-linguistique paléo-basque de l’Antiquité.
Ces territoires, qui sont aujourd’hui de langues basque ou romane, forment un vaste ensemble qui s’étend de la Cantabrie et de la vallée de l’Èbre (nord-ouest de l’Aragon) à l’Andorre et au Pays de Foix et à toute la Grande Gascogne au nord. Il traduit la persistance de traits communs à ces régions sur la longue durée.

A9. La langue gasconne est l’un des critères majeurs de l’identité gasconne.
Comme toute langue elle se compose de parlers regroupés en dialectes, qui tous partagent des caractéristiques communes objectivement définies par les linguistes dans le temps et l’espace. Le nom de « langue gasconne » convient aussi à la langue de référence que l’enseignement et les conditions de la vie moderne rendent nécessaire au niveau de toute la Gascogne.

A10. Le gascon n’est pas un dialecte mais une langue aquitano-romane de la famille d’Oc ("occitane" dans un sens général). Il se trouve au point de rencontre de trois aires linguistiques de l’Europe du Sud-Ouest : l’aire sud-occitane, l’aire bascophone, l’aire hispanophone. Il est aussi inclus, suivant d’autres modalités, dans l’aire de la langue française, d’usage actuellement très dominant dans l’aire gasconne et les territoires voisins au nord des Pyrénées.

A11. Comme toute langue vivante le gascon possède des dialectes et des parlers.
À l’intérieur d’une langue les dialectes se définissent par la fréquence de certains traits différentiels (sons, vocabulaire, morphologie, etc.). Très sommairement on distingue le pyrénéen, le gascon de la plaine béarnaise, le gascon littoral (souvent dit « parler noir »), le gascon de l’Est (armagnacais et parlers garonnais) et les parlers girondins. Leurs limites ne coïncident pas avec celles des départements.
Les parlers sont la forme prise par la langue au niveau de la commune ou du canton. Parlers et langue commune sont complémentaires et s’appuient mutuellement. Bien que de niveaux linguistiques différents, ils ont égale dignité dans leur milieu. Le mot français « patois » a souvent une connotation péjorative, non justifiée par la nature des parlers mais imposée par les éradicateurs du gascon.

A12. La distinction entre « béarnais » et « gascon » est liée à une assimilation abusive, mais culturellement explicable, entre les aires linguistiques et les entités historiques. Les distinguer comme deux langues est une erreur, le béarnais étant traversé des mêmes variations que les autres régions gasconnes. « Béarnais » ou « landais » indiquent seulement le lieu des parlers gascons considérés, non leurs caractéristiques intrinsèques.

A13. Les appellations « occitan du Béarn », « occitan de Bigorre » (ou d’autres régions gasconnes) sont trompeuses. Elles relèvent d’un occitanisme centraliste, parfois « jacobin », aux conceptions linguistiques, culturelles et historiques réductrices et erronées. « Occitan gascon » représente l’appartenance à une famille plus large mais reste ambigu, « occitan » tout seul est inadmissible en pays gascon.

A14. Au cours de sa longue histoire, le gascon a connu plusieurs graphies ou codes. Rappelons que la graphie d’une langue est une convention qui supporte des compromis, des héritages et des innovations, aucun système n’étant parfait en soi. Une langue est d’abord parlée.

A15. L’état présent de la Gascogne et des Gascons est l’aboutissement de mutations profondes qui se sont affirmées au XIXe siècle et accélérées au XXe. Il se caractérise en particulier par : la fin de la société traditionnelle-rurale ; la quasi-disparition de la langue gasconne devant le français ; des mouvements migratoires intenses ; l’urbanisation.

A16. Aujourd’hui la gasconnité est contrariée, déviée ou occultée par plusieurs facteurs :

  • l’absence d’une région administrative proprement et explicitement gasconne ;
  • la quasi-absence de la Gascogne de l’enseignement scolaire ;
  • la faible valorisation des mots Gascogne et gascon (sauf dans le département du Gers mais au bénéfice d’une conception réduite a minima de l’appartenance et de la géographie gasconnes). On peut parler à cet égard d’effondrement historique et sémantique ;
  • l’usage de substituts d’appartenance qui empêche partiellement les gens de se reconnaître pour ce qu’ils sont, dont les plus notoires sont :
    • les départements, standardisation d’espaces territoriaux dont certains ont cependant une certaine épaisseur historique et affective ;
    • les grandes régions administratives. (Ceci n’empêche pas de reconnaître que l’« Aquitaine » a une image assez prestigieuse malgré des contours géographiques incertains, et que le « Midi-Pyrénées » recouvre une aire d’influence toulousaine qui s’est souvent vérifiée.)
    • la notion d’« Occitanie » qui est abusive si son usage a pour but ou pour effet d’effacer l’appellation « Gascogne ».
    • un repli exclusivement local sur de petites entités qui empêche d’apprécier la profondeur historique et humaine du fait gascon. Le local est nécessaire et indispensable mais doit être pensé en fonction de la vie de toute l’aire gasconne. Le local et le régional se nourrissent, s’enrichissent et se soutiennent mutuellement.
    • le fait qu’aucun emblème graphique populaire ne la représente dans son intégralité : par exemple, l’emblème le plus connu, l’écartelé aux gerbes, ne couvre ni le Béarn ni la Guyenne gasconne.

Une histoire à continuer

A17. Les ressources de la Gascogne sont sous-estimées. Les Gascons doivent retrouver leur propre centralité, faire preuve d’audace et de sens des réalités. La Gascogne ne se fera pas « contre » ses détracteurs de tous bords (jacobins français, jacobins occitans, indifférents ou négateurs), mais « pour » ses habitants, et « avec » ceux qui s’y reconnaissent.

A18. La Gascogne, qui constitue une réalité humaine et géographique aussi solide que la Provence, la Lorraine, la Galice ou la Bourgogne, n’a aucune raison d’accepter d’être rayée de la carte. Elle peut redevenir au troisième millénaire un espace cohérent et clairement identifié, en France, en Europe, et même dans le monde. Les Gascons y ont un intérêt vital, affectif, mais aussi matériel et économique.

A19. La distribution des pays et les solidarités locales, les relations commerciales et humaines maintenues en dépit des forces centrifuges, révèlent des solidarités fondamentales qui devraient être réactivées dans des « pays de programmes » ou tous autres cadres institutionnels à venir.

L’AMBITION GASCONNE

A20. L’idée gasconne est de donner forme au sentiment gascon, à la gasconnité vécue, expression du fait gascon, pour le faire accéder à sa pleine réalisation. Cette ambition est fédératrice. La Gascogne est un horizon identitaire, ce que révèle la permanence d’un attachement au « Sud-Ouest », expression populaire qui n’est cependant pas toujours pertinente. (« Sud-Ouest » est un peu plus large que la grande Gascogne. Le pays toulousain, le Périgord, le Quercy, y sont communément inclus, alors qu’ils ne sont pas ou peu gascons.)

A21. Les Gascons doivent affirmer leur personnalité par l’usage des couleurs blanc et rouge et d’emblèmes communs à tous (drapeaux au sautoir blanc sur fond rouge ou bien au tranché rouge et blanc ; croix de Gascogne d’or bourgeonnée et flamboyante ; effigie dite la Daune).

A22. On ne défend une identité menacée qu’en l’illustrant. La tentation du repli doit faire place à la volonté de reconstruction dans un esprit d’ouverture, de discussion et de concorde. La situation d’urgence actuelle l’exige, sans cesser d’être à la hauteur de l’histoire plurimillénaire de la Gascogne.

A23. Les efforts sincères d’enseignement de la langue des pays gascons doivent être restitués à leur cadre naturel et authentique : celui de la culture gasconne et de la Gascogne. Beaucoup de préjugés et de fausses querelles tomberont de ce fait.
L’un des facteurs les plus préjudiciables à la réflexion et à l’accord est la confusion dans ce domaine entre la graphie (système de notation de la langue), la langue en tant que telle, le nom qu’on lui applique, le contenu politique enfin, censé s’attacher aux différentes graphies. Ces éléments ne sont pas nécessairement liés.

B. ENGAGEMENTS

B1. Il est urgent de faire naître une perspective qui mette en correspondance dynamique tous les éléments de la vie gasconne.

B2. Nous appelons à la mobilisation des forces vives de la Gascogne, par-delà leurs différences, sur des objectifs communs qui devraient faire l’objet d’un consensus.

B3. Nous appelons au réveil des consciences des Gascons face à l’arasement de leur culture.

B4. Il est impératif de répondre à la demande d’identité et de gasconnité qui se manifeste aujourd’hui à maints égards en pays gascons , de façon parfois maladroite voire un peu désespérée.

B5. Une des conditions du réveil est de mettre un nom sur la gasconnité vécue, spontanée, qui affleure encore. Ce qui n’est pas nommé est comme s’il n’existait pas. Osons nommer la Gascogne et les Gascons.

B6. Il est primordial de mettre en valeur ce qui existe déjà dans tous les domaines : noms de lieux, arts, architecture, paysage, cuisine, productions agricoles et industrielles...

B7. Sauver ce qui peut l’être du patrimoine linguistique gascon, l’actualiser et le transmettre, exige la tolérance et la réflexion commune sur la langue, et notamment sur la langue parlée. Dans cette perspective les sectarismes de tout bord et les querelles de personnes sont hautement nuisibles.

B8. Il est nécessaire de lier l’idée gasconne et la langue aux activités gasconnes et en Gascogne, de toute sorte, autant que cela est possible, dans tous les milieux sociaux et professionnels :

  • production agricole (vins, agro-alimentaire, etc.), cuisine ; réalisations de la technique et de l’économie, tant anciennes que modernes (ex : les techniques de la glisse et des sports de mer), expositions, etc… en visant dans tous les cas une nouvelle approche de l’économie respectueuse de l’écologie urbaine et rurale.
  • divertissements en Gascogne, sports (rugby), jeux, « courses landaises donc gasconnes », danses, chant, musique...
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Arènes de Gabarret

B9. Il est urgent de repenser et de réformer la fête gasconne (la Heste), même au prix d’une remise en cause radicale des manifestations de masse qu’elle a produites ces dernières années. La fête est l’expression d’une convivialité propre au groupe qui la fait.
Son rôle festif et libératoire ne doit pas tourner au défoulement spectaculaire, à la violence gratuite qui casse le climat local au lieu de le renforcer.
Elle suppose un partage et un vivre-ensemble qui ne se décrètent pas. Il est urgent de recréer des fêtes gasconnes. Ici la priorité est au local.
Musica hestiva

B10. Le chant et notamment la polyphonie dans l’esprit de ce qui est maintenant nommé cantèra sont très importants, comme les hestes. Le chant articule convivialité, création, et reste un lieu d’usage du gascon.
Dans sa partie la plus montagnarde, la Gascogne a gardé jusqu’à nos jours une tradition populaire du chant polyphonique, le plus souvent en gascon ; nous devons réactiver et renouveler cette pratique conviviale et festive sur toute la Gascogne.

B11. Un moyen de réduire la fracture des générations est d’organiser des « Cercles de Parole » qui transmettront tout ce qui peut encore l’être de la culture orale, dont le chant est une expression majeure.
À cet égard les Anciens sont naturellement des « passeurs de mémoire » qui doivent comme tels être respectés et mis à contribution dans le sens d’un ressourcement des jeunes générations. Sinon, il faut innover dans l’invention des instruments de transmission mémorielle. La transmission se fait quand les savoirs anciens ne sont pas catalogués comme obsolètes, et quand les générations montantes ne sont pas sommées d’être mobiles géographiquement. Nous devons affronter cette situation, qui dépasse la Gascogne.

B12. Il est nécessaire d’ancrer les jeunes dans nos pays. Même s’ils font désormais souvent un tour d’Europe ou un tour du monde, il serait bon que beaucoup reviennent ensuite ; et aussi que les « nouveaux Gascons » qu’on peut dire « de sol » soient séduits au point de se rallier à l’idée gasconne.

B13. L’action signalétique est très importante : Comme les noms de famille ou les prénoms, les noms de lieux sont une part de cet héritage immatériel qui relie les générations et fonde les appartenances.
Donner au gascon une place décente dans l’espace public implique un travail sur la toponymie et la signalétique. Ce travail comprend deux volets : les noms de lieux écrits et la signalétique publique, administrative ou privée. Le bilinguisme signalétique amorce une remontée sociale de la langue et fait signe. Il est incitatif. Il doit faire entrer la langue dans la vie publique. Il n’y a pas de raison de l’interdire au gascon en arguant d’un statut socio-lingüistique durablement infériorisé.
La signalisation bilingue ne doit pas être confinée à quelques emplacements privilégiés, comme une « langue du passé » ou un décor touristique. Il faut au contraire que la langue soit visible partout.
Les actions toponymiques et signalétiques ne doivent pas se mener dans l’anarchie et les conflits d’écoles qui déconcertent la plupart des gens et les détournent d’un engagement en faveur de la Gascogne, mais de façon raisonnée. Il convient de réfléchir avant d’agir et d’accepter toute discussion, afin d’échapper à des polémiques meurtrières et stériles en cas d’initiative intempestive.

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La Romieu - L’Arromiu
Proposition de panneau L.E.N.G.O.N

En matière de panneaux toponymiques il y a des degrés d’urgence et de pertinence.
Le digraphisme, le même nom gascon sous deux graphies légèrement différentes, n’est pas utile.
Il est tout aussi important de transmettre et de faire respecter la prononciation gasconne des noms de lieux et de personnes.

On sera particulièrement attentifs au choix des nouveaux noms de lieux (lotissements, etc.) qui donnent leur visage parlant aux communes. On relèvera donc les noms anciens de parcelles, voies, propriétaires. On signalera les noms des anciens quartiers.

B14. On sera vigilant sur l’aménagement de l’espace public où sévit maintenant la dénaturation des sites : pas de constructions en ligne de crête, pas de « mitage » du paysage, respect de l’architecture locale (vernaculaire), reboisement à long terme, entretien aussi du patrimoine, en commençant par le plus modeste (fontaines, mobilier funéraire, bornes, croix, etc., tout ce qui sans être « classé » ou inventorié traduit des normes culturelles autochtones).

B15. On favorisera les produits du pays. Produire et consommer local est recommandable tant par solidarité avec les producteurs locaux que pour limiter les pollutions et nuisances dues au trafic routier massif. Les circuits de distribution courts sont une chance pour nos pays gascons de se refaire, et de diminuer l’hypermobilité de la population et l’exil des jeunes actifs.

B16. Dans le mouvement actuel de la mondialisation et de la construction européenne, la protection et la promotion de l’espace gascon exigent qu’on valorise et revitalise ce qui est perçu comme local, aujourd’hui trop souvent présenté comme hors de l’histoire, de l’innovation, de la création, synonyme d’impasse, d’ennui pour la jeunesse et de mouroir pour nos anciens.

B17. Un des moyens envisageables pour faciliter ces progrès est la création d’une région administrative correspondant au territoire gascon.
Mais une vraie régionalisation devra être la prise en main de leur destinée par les populations locales et non la reproduction à l’identique des mécanismes administratifs centraux "en province". L’accent devra être mis sur l’équilibre des territoires, non sur les mégapoles.
Un renforcement des liens entre collectivités territoriales infra-régionales sur une base effectivement perçue et acceptée par les populations concernées est aussi à recommander.
A tout le moins et dès maintenant, une coopération accrue entre les deux régions administratives existantes, faisant l’une et l’autre place au fait gascon quand il parait significatif, est à encourager.

C. APPEL

Tous les gascons sincères sont invités à prendre en compte les idées exposées ci-dessus, à les commenter, à les diffuser, à y puiser, à s’en inspirer dans leurs activités, à se montrer attentifs aux propositions de ceux qui les partageraient quand bien même ils seraient en désaccord avec eux sur d’autres sujets ; à réfléchir aux orientations que pourraient prendre les actions culturelle, linguistique, artistique, sociale pour que revienne enfin au centre du discours et de l’activité la conscience d’appartenance gasconne.

Les auteurs de ce manifeste invitent celles et ceux qui en partagent l’orientation générale, même s’ils sont en désaccord sur des points secondaires, à y adhérer. Il ne s’agit pas d’une pétition. Les signatures sont publiques, et peuvent mentionner la qualité du signataire.

Vous pouvez, en utilisant la fonction "Répondre à cet article", apposer votre signature au Manifeste gascon, tout en le commentant.
Si vous souhaitez des modifications du texte, indiquez si possible le paragraphe concerné. Exemple : "A12 : [votre texte]".
Quand ils le jugeront utile, les auteurs du texte initial prendront en compte les réactions reçues, et publieront une nouvelle version de ce Manifeste.

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Grans de sau

  • J’adhère ; je mettrai un lien sur mon blog et dans le Sarmonèir prochain.

    A12 : il ne faut pas oublier l’aire nord-occitane. Même si la zone de contact est minime (moins d’une dizaine de communes), l’influence se fait sentir jusqu’à Bordeaux et, si l’on considère que le verbe "faler" est dû à cette influence, jusqu’à l’entrée de la Lana Gran, à la Pointe de Grave, au Pais de Buc et au Marmandais.

    • Tu es le premier signataire, après quelques heures de publication discrète (pour autant qu’on puisse être discret en figurant sur la page d’accueil de Gasconha.com !-)) de ce Manifeste.
      Pouvons-nous faire figurer ton nom de famille ? Ce n’est pas obligatoire, et une signature du type "Gaby - Lo Sarmonèir" me semble acceptable.

      Nous sommes vraiment en version 0.0.0... et ne commencerons le battage qu’à la rentrée de septembre. D’ici là, je pense que nous enrichirons encore le texte, et aussi sa présentation.

      Je pense à de petits graphismes, et aussi à des liens vers des enregistrements vocaux, parce que la langue est emblématique, et que le dire seulement en français est un chic contradictòri..

    • Je signe "Gabrièu Balloux - Lo Sarmonèir".

      Oui, il aurait fallu faire une traduction de ce manifeste en gascon également, ça me semble logique. Peut-être même dans différents gascons (cf. semi-normalisation). Je vais faire ça en garonnais.

  • B9 : "la heste n’est pas un défoulement collectif"

    Ce n’est pas mal, et c’est peut-être indissociable de la hèste... Reste à décider si l’alcool est le seul médium de défoulement !

    • B.9
      "La heste n’est pas un défoulement collectif"

      Il faut introduire l’idée que nous n’avons rien contre ce défoulement ni contre l’enthousiasme festif, mais que nous réprouvons leur perversion qui ne libère personne et se termine par des petits matins sans joie...

      modifions alors :

      ... propre au groupe qui la fait. Son rôle festif et libératoire ne doit pas tourner au défoulement spectaculaire, à la violence irraisonnée, qui cassent le climat local au lieu de le renforcer. Elle suppose un partage...

  • j’adhère à ce manifeste que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt.
    En ce qui concerne l’article B13 sur la signalétique, il est important qu’un effort soit fait afin d’éviter de trouver des panneaux tels que "col du portet d’Aspet" par exemple (portet d’Aspet me semble nettement suffisant et même si ce dernier est en Ariège).
    Il en est de même d’ailleurs du "col du Somport", le Somport est suffisant (Je cite 2 exemples qui me viennent à l’esprit).
    Il est grand temps de remettre de l’ordre dans beaucoup de choses de ce genre.
    Je suis également entièrement d’accord avec l’article B10 et l’esprit des fêtes.
    Mais cela à l’air d’être sur le bon chemin puisque aux fêtes de Dax on trouve une journée Landaise durant laquelle le "café Gascon de Dax" assure une bonne animation.
    De plus vous avez vous même annoncé qu’il y aurait cette année une bodéga "au pit" que les "Pagalhos" viendront honorer de leur présence.

    Bravo à toute l’équipe pour le travail que vous faites en faveur de notre Gascogne.

    • Quand B13 dit "En matière de panneaux toponymiques il y a des degrés d’urgence et de pertinence.", c’est justement en pensant, par exemple, à ces pléonasmes viographiques qui manifestent l’ignorance et le mépris de la langue, parfois là même où elle est encore connue par les anciens : "col du portet", Le Col de Port, le col du Couret, la rue du Carrerot...
      Là, l’action est prioritaire, aussi parce qu’elle doit être efficace pédagogiquement.

    • Isolés nous ne pourrions rien. Un consensus suffisamment ferme sur l’essentiel mobilise et fédère. Nous sommes à la croisée des chemins...

  • Le texte est raisonné et sensé (presque trop), et je soutiens l’initiative courageuse et salutaire.
    L’améliorer, le populariser (vaste programme face à toutes les lourdeurs de nos consciences, des institutions, du jacobinisme).
    Nous sommes un petit pays et nous le resterons face à l’Europe, face au monde. Nous sommes définitivement une minorité, mais le monde est peuplé d’une quantité incroyable de minorités auprès desquelles nous pourrons trouver d’autres forces sur qui s’appuyer, trouver courage, prendre exemple.
    En dabans tots ; qu’èm un pòble de valents e d’arreganhats !!!

    • Disons que les Gascons sont encore majoritaires sur leur territoire. Comme il n’y a pas d’Etat gascon en dehors des frontières françaises, nous ne sommes pas une "minorité nationale". Si nous disons que les Gascons sont un peuple sans institutions propres, on nous suivra parce que c’est objectif. Après, agissons et portons partout la bonne parole. .

  • Dans la version V1, je pense qu’il faudra développer ce qui concerne les voies de communication :
    Une Gascogne autocentrée ne mise pas tout sur ses relations avec Paris (alors que ses élus pour l’instant ne jurent que par la relation à Paris en moins de 3 h !).
    Une Gascogne autocentrée ne se laisse pas manger par Bordeaux et Toulouse.
    Une Gascogne autocentrée cultive les relations avec le sud des Pyrénées.
    Une Gascogne autocentrée développe de façon volontariste des transports en commun efficaces pour mettre en synergie économiquement et écologiquement son tissu de villes petites et moyennes.
    Une Gascogne autocentrée respecte et réutilise intelligemment le maillage ferroviaire construit il y a un siècle (Voies ferrées en Gascogne)...
    Moi président... !-)

  • Adixat,

    Encore une fois, on est sur une initiative isolée. Il faudra un jour comprendre que ce type d’initiative doit rassembler dès le départ le maximum de monde pour avoir une chance de réussir. A titre personnel (et plusieurs personnes de l’IBG certainement), nous sommes d’accord en grande partie avec ce manifeste.

    Toutefois, il est trop long, trop technique, trop compliqué. Il ne passera pas au delà de la centaine de passionés de cette cause.

    De plus, puisqu’il s’agit d’une initiative faite pas des "auteurs", à priori trois, il faudrait peut-être que ceux-ci se présentent : qui sont-ils, quel est leur action pour la Gascogne, etc..

    Emmanuel Pène

    • Adixatz a vos, senher Pène.
      Cette initiative est bien isolée, comme vous le dites, mais elle est offerte à l’adhésion raisonnée de tous ceux qui ne veulent pas voir disparaitre la Gascogne.
      Plus nous serons nombreux à nous en réclamer, plus les trois auteurs seront contents.
      Et comme elle vise au delà des défenseurs de la langue (que par ailleurs, ils chérissent et s’efforcent de pratiquer, chacun dans son registre), les auteurs aspirent à recueillir l’adhésion de bien plus de 100 personnes !

      Quant aux auteurs, justement, ils n’ont aucune notoriété en Gascogne, sauf peut-être le webmestre de Gasconha.com, qui doit être remercié pour avoir patiemment créé et maintenu ce véritable service public gascon où peuvent se rencontrer et dialoguer des gens par ailleurs bien éloignés mais unis quand même par un désir sincère d’oeuvrer pour cette Gascogne, sa substance et sa culture.

      C’est peut-être d’ailleurs parce qu’ils ne sont pas investis dans des actions suscitées par tel ou tel mouvement de l’arc en ciel gascon qu’ils ont pu concevoir et proposer ce texte (un peu charte, un peu socle, un peu plateforme,comme vous voudrez).

      Quel devenir à ce texte ? Celui que les Gascons voudront, mais s’il était le début d’une réconciliation, la base de plus de discernement, de plus d’enthousiame, ce serait déjà très bien .

    • Toute initiative, même largement suivie, est isolée au départ. Si elle ne l’était, elle ne chercherait pas à rassembler. Ce serait déjà fait, il n’y aurait qu’à suivre un chemin tout tracé. L’isolement vient de l’usure du tissu social, de l’éloignement géographique, du goût pour les disputes, des préjugés, etc.

      Il y a si peu d’initiatives pour la "Gascogne intégrale" qu’on ne saurait se plaindre d’en voir une nouvelle, si modeste fût-elle.
      Nous n’avons aucune notoriété (sauf celle que Tederic M. s’est acquise par son travail constant et désintéressé) et nous n’en cherchons pas pour nous-mêmes (ce serait un peu tard). Pas de risques de récupération, d’exploitation publicitaire, de duperie, d’ergotage, de querelles d’égos.

      Les auteurs n’auraient certainement pas écrit ce texte, ni n’auraient eu les idées à peu près claires, s’ils n’avaient bénéficié des discussions parfois très contradictoires qu’on rencontre sur ce site et sur d’autres. Il est impossible de concilier tous les points de vue mais on peut tenter d’en tirer le meilleur, le plus pertinent sans se buter sur tel ou tel détail. C’est pourquoi ils n’en revendiquent pas exagérément la paternité mais y voient plutôt un reflet de ce que les passionnés, associations ou individus, offrent à tout un chacun depuis longtemps. En un sens ce Manifeste ne leur appartient plus exclusivement.

      Ce texte ne me paraît pas trop long, tant il y a à faire (on lui reprocherait aussi bien de ne pas aborder telle ou telle question. La discussion ouverte ici permet des suggestions précises, merci d’en formuler). Trop compliqué ? On pourrait sans doute en tirer des versions plus simples (ce serait à faire), mais la Gascogne mérite un effort. Je suis convaincu que ceux qui le trouveront trop complexe le liront quand même et que cela leur ouvrira des perspectives d’action, parce que nous avons dû nous-mêmes clarifier nos idées, les confronter, chercher non sans mal parfois ce qui n’était pas évident. Si les passionnés rayonnent, ils feront passer le message, devenant des foyers du réveil gascon. Dans le cas contraire, ils resteront entre eux.

      De toute façon, les signatures de soutien engagent des personnes libres placées devant leur responsabilité. Pas de permissions à demander.
      "Aidez-nous, ou plutôt aidons-nous !"

    • L’IBG et encore plus Biarn Toustém opposent depuis toujours le Béarn à la Gascogne, avec un mépris certains pour les Gascons et une espèce de complexe de supériorité un peu ridicule car je ne vois pas autre chose que des Français du Sud-Ouest en Béarn où la langue et l’identité sont aussi mal en point qu’ailleurs. Que les Basques méprisent les Gascons et les Béarnais, soit, ils ont le droit. Mais que les Béarnais toisent les Gascons, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Je vous rappelle en passant que c’est bien vous, les Béarnais, qui abritez le plus d’occitanistes au mètre carré dans l’ensemble gascon, et ça ce n’est vraiment pas un titre de gloire. Et puis votre discours de fond est que le gascon et le béarnais sont deux langues différentes. Vous avez le droit de le penser, de le dire, de l’écrire. Mais alors restez donc en Béarn et ne vous occupez pas de Gascogne.

    • Je rappelle le mode d’emploi de cette page spéciale, qui n’est pas un fil de discussion comme les autres : suggérer de possibles amendements au texte, indiquer éventuellement ses points de désaccord et d’accord (en indiquant le numéro du paragraphe visé). Sans relancer les polémiques qui, par ailleurs (et sur ce site même), animent (ou paralysent ?) la "gascosphère".
      Que des "occitanistes", des "ibégistes" ou des "toustémistes" se retrouvent au moins sur la majeure partie du Manifeste, quoi de plus naturel et de plus encourageant ? Il n’est pas possible que le sentiment d’urgence et la lassitude devant les mauvaises querelles ne provoquent pas un sursaut de conscience gasconne, un désir de rapprochement, de conciliation, de respect de l’autre. Le contraire serait à désespérer.

    • Bravo pour ce commentaire, non signé..

      Personne ne méprise personne. Les béarnais sont des gascons, qui l’ont peut-être oublié, mais qui dit qu’ils "toisent les gascons". Où avez vous vu que l’IBG prone deux langues distinctes. L’article 3 de nos statuts met en avant "la langue gasconne", et ses différentes appelations historiques, dont béarnais..

      Alors avant de dire n’importe quoi, monsieur le vengeur masqué, renseignez-vous !

    • Au lendemain de la Toussaint, qui a vu je pense la plupart d’entre nous visiter les tombes de leur famille, de leurs amis et de leurs voisins en allés (et même de ceux qu’ils n’aimaient pas mais qui sont maintenant en quelque sorte du même côté, dans la même terre...), je forme le voeu que tous ceux qui tiennent à la Gascogne, chacun à sa façon particulière et avec ses moyens propres, s’écoutent, se parlent, se rencontrent non pour s’accorder en tout (ce qui n’est peut-être pas possible) mais pour s’accorder sur des idées précises dictées par l’urgence de la situation. La Gascogne s’efface, elle ne bénéficie même pas du cadre conservatoire d’une région administrative. Elle est en danger et ne le sait pas assez. Agissons au moins dans une volonté d’entente. C’est le sens de ce manifeste.
      Merci à tous de vos remarques et suggestions.

  • Adixat à touts,

    qu’èy û tribalh deus beroys !
    Que m’arrecounèxi sus la maye part d’aqueste manifeste e qu’èy demandat de hica aqueste aha à la prouxène amassade deu CA de l’IBG.

    Siat touts lous de qui cau, ta balléu,

    Didier Dufourcq, û charnegou Gascoû-Biarnés.

    • Merci de votre engagement personnel et de votre initiative. Le texte peut en effet faire l’objet de commentaires de la part d’associations dont le point de vue reflétera celui d’un milieu ou d’un secteur géographique... il n’y a pas de vérité toute faite, mais nous pouvons nous efforcer au bien, ou au mieux.

  • De manière générale, ce texte passe en revue mes différentes lubies depuis quelques années, aussi félicitations aux auteurs.

    A2 : il ne faut pas passer sous silence la gasconnité de l’Ouest toulousain. D’ailleurs, cette carte que l’on voit un peu partout désormais, laisse de côté des villes autrefois tout à fait gasconnes comme Colomiers. Le confluent Ariège-Garonne était gascon. Je trouve que c’est une concession à l’occitanisme de faire ainsi la place rive gauche de la Garonne à leur Toulouse fantasmée et rayonnante.

    Aussi, j’ajouterais dans la liste des pays au moins le Volvestre et une référence à la Gascogne toulousaine (le "pays tolzan").

    A20 : les Asturies ne sont pas un élément de comparaison fiable, les Asturies sont clairement la partie maritime septentrionale de l’ancien monde léonais, complètement évanescent de nos jours.

    J’intègrerais pour ma part un laïus sur ce que doit être la décentralisation, à savoir la prise en main par les populations locales de leur destinée, et non la reproduction à l’identique des administrations centrales en province.

    Je commenterai plus longuement plus tard.

  • En 2006, dans la conclusion de son livre-Langues d’oc, Langues de France- Jean Lafitte lançait un triple appel pour la défense et pour la reconnaissance des langues d’oc dont le gascon. Au mois de juin, un Manifeste pour la reconnaissanace du béarnais et du gascon paraissait à l’initiative de plusieurs linguistes et historiens ce qui provoqua un contre-manifeste des occitanistes avec une lettre ouverte de Patrick Sauzet. Et sur ce site, le débat est relancé par Le Manifeste gascon du 14 juillet ! Au final, nous avons un débat très riche avec trois texte pour lancer les ASSISES DE LA LANGUE GASCONNE ! On pourrait proposer la ville d’Eauze au coeur de l’Armagnac pour le premier forum au coeur de la Novempopulanie historique, en conviant tous ceux qui sont intéressés par la Renaissance gasconne !

    Pour paraphraser aimé Césaire : Vive la gasconnitude !

    Amistats e toustem en daban !

    jmcasa

    • M. Casamayou

      Notez bien que ce manifeste-ci n’est pas centré sur la langue mais sur l’identité globale de la Gascogne, si l’on peut dire. Il n’est en aucun cas destiné à faire concurrence aux autres manifestes en circulation (dont en effet celui qui se consulte sur le site de l’IBG). Le titre, Manifeste gascon, en avait été choisi avant que ne paraissent les manifestes que vous mentionnez.

      Des assises de la langue gasconne ? Pourquoi pas ? Mais croyez-vous que tous y viendront et renonceront de gaîté de coeur à "leur" système ? Pourtant il y aurait à faire.
      Compte tenu de la situation nous nous en sommes donc tenus au minimum dans les paragraphes qui touchent à "la langue". On pourrait ajouter, ce qui irait dans le sens de votre message : Nous souhaitons des "assises de la langue" pour aboutir à un accord sur les points litigieux. Dans le climat actuel, est-ce possible ?

      De toute façon, si vous voyez un paragraphe à nuancer, à modifier, un ajout nécessaire, etc., n’hésitez pas à proposer !

      amistats

  • Bonjour,

    Je viens de lire attentivement ce manisfeste auquel j’adhère à 99,9%. Je tiens à remercier et à féliciter les auteurs.
    Le seul point sur lequel je suis en désaccord est l’annexion de certaines zones du Pays Basque à la Gascogne. Je préfèrerais dire qu’il existe des zones gasconophones en Pays Basque ou Euskadi, Euskal Herri étant, vous avez raison, une notion purement linguistique dont il faut extraire ces zones gasconophones et toutes les autres zones non bascophones.
    Comme vous le savez, je suis un fervent vasconniste et ai intégré la communauté euskaldun. A partir du mois de septembre, je pars vivre et travailler à Bilbao où j’enseignerai l’Histoire-géographie en français et en basque. Le gascon reste néanmoins ma langue familiale, celle que je continue à parler avec ma fille et avec mes amis gascons, la langue de mes ancêtres, la langue que j’aime, autant que le basque. Si vous le souhaitez, et c’est la condition que je mets à mon adhésion à ce manisfeste, je servirai de lien avec nos frères basques via le groupe navarriste-vasconniste auquel j’appartiens. Il est d’ailleurs prévu que je lise un texte en gascon le 15 août à Orreaga. Vous y êtes les bienvenus.
    Vous connaissez également mes opinions quant à l’occitanisme puisque je les ai livrées en toute transparence pendant des années sur ce site. J’ai essayé de maintenir le dialogue avec le monde occitaniste pendant tout ce temps mais ce n’est aujourd’hui plus possible. Nous ne pouvons que constater les dérives de plus en plus intolérables de cette église dogmatique avec laquelle tout dialogue est devenu impossible. Par conséquent, je ne souhaite plus avoir aucun contact de près, de loin ou même de très loin avec les occitanistes de Gascogne ou d’ailleurs. Je ne souhaite plus débattre ni discuter avec eux car ce n’est qu’une perte de temps et d’énergie. Ils ne changeront jamais d’opinion car, pour la plupart d’entre eux, l’Occitanie n’est qu’un fond de commerce, ou un faire-valoir qu’il ne souhaitent pas abandonner, fond de commerce pourvoyeur de subventions diverses et variées qu’une poignée d’associations et d’artistes officiels du régime se partagent. Je conserve néanmoins toute mon amitié à certains d’entre eux que je connais depuis longtemps et avec lesquels je n’ai pas envie de me fâcher. Je ferai cependant tout mon possible, à mon modeste niveau, pour nuire à l’occitanisme en Gascogne, mouvement qu’il faut éradiquer de toute urgence de notre pays.
    Je ne souhaite pas non plus discuter avec les béarnistes les plus enragés et réactionnaires que je mets au même niveau que les occitanistes et qui méprisent profondément les Gascons, à tel point qu’ils proclament que le béarnais et le gascon sont deux langues différentes.
    Peut-être ce texte pourrait-il être rédigé en gascon, en basque et en castillan, les langues parlées dans notre espace de civilisation vasco-aquitaine ou aquitano-pyrénéenne, comme vous voulez.

    Avec toutes mes amitiés.

    Philippe Lartigue

    • Adiu Halip !
      Mercés plan per la toa apreciacion.
      La condicion qui pausas ende signar lo texte (que serviscas de ligam énter gasconistas e navarro-vasconistas) n’ei pas severa, ce’m pareish !-) Acceptat, deu men costat !
      Versions en basco e en gascon deu manifeste ? E be òc... en gascon, que pareish ua necessitat simbolica.
      En bascon, que pareish utile ende har, justament, lo ligam damb los navarro-vasconistas.
      Jo qie pensi tanben a enregistrar quauques tròç deu texte en gascon "audio".

      Qu’i tornarei, mès pensi tanben (e aquò qu’ei un començament de responsa a las criticas d’Emmanuel Pène) que caleré un texte mei cort, com ua proclamacion en 10 punts, qui hasca referéncia au Manifeste (en francés, "qui s’adosse au Manifèste"), mès sia mei accessible au gran public e tanben aus eslejuts, qui son tant coentats que ne van pas préner lo temps de legir tot lo manisfeste. Totun, que se’n deuré trobar, per exemple dens los maires de petitas comunas, ende signar ua proclamacion gascona !
      Aquesta proclamacion corta que poderé estar, era tanben, en version gascona escrita (e mema en mei d’ua grafia...), en gascon audio, en basco...

    • Merci, Halip, de ton appéciation positive. C’est bien de continuer, sous une autre forme et sous des cieux voisins, à défendre la Gascogne dans sa vérité de peuple si dégradée soit-elle. Ca montre bien que ce n’est pas "une idée de tête" mais autre chose de plus fort. 99 % qu’ei plân !, le 1 % restant, c’est la part du rêve...

      Pour ma part, je crois qu’il ne faut pas enfermer la Gascogne dans l’alternative du "tout-occitan" ou du "tout-anti-Oc", qui en effet risque de nous faire perdre beaucoup de temps, alors que le temps travaille contre nous. En fait, nous n’avons pas à définir la Gascogne en fonction de telle ou telle proposition qui la marginalise, mais nous devons en faire l’objet central de notre action. Nous (re)centrer sur l’essentiel, qui est aussi le plus concret, le plus simple, le plus accessible, le plus vrai, fera sauter pas mal de verrous. Parmis les signataires ou les sympathisants qui se sont manifestés, il y a sûrement des "plutôt occitans" et des "anti-occitans"... Quelle importance sur le fond ? Je n’aime pas trop les étiquettes, je préfère goûter.

      Je repense à la proposition de JM Casmayou sur des "Assises de la langue". Peut-être si les gens avaient l’occasion de se rencontrer, cela lèverait une partie des hypothèques (naïveté ?). Je ne sais pas, mais je sais que cela ne peut pas continuer comme ça, cette disparition d’un peuple (de quelque façon qu’on l’appelle), ce déni d’appartenance, cette organisation du mépris et de l’indifférence, ce repli ou cette dilution selon les cas. Je ne suis pas trop à même de juger les propositions des uns et des autres, j’ai comme tout le monde des idées et des doutes. Mais j’ai la certitude que si rien n’est fait à temps, c’est la fin.

      Alors dans toutes les langues, en basque, en castillan, en français, en gascon de Bordeaux ou de Chalosse, au besoin par des résumés ou des adaptations, que chacun fasse ce qu’il peut (et un peu plus) pour ce qui nous réunit.

      Amitiés

    • Je ne sais pas à titre individuel si je pourrais vivre là-bas. Ce en dépit d’une passion débordante pour ces terres (mais aussi pour l’Espagne, ça, les nationalistes basques ne le comprendraient probablement pas, pourtant, contrairement à la Catalogne, le castillan n’est pas une langue étrangère là-bas, c’est le "patois" roman des lieux, qui se parle dès les Encartaciones depuis des siècles, c’est le gascon de Hegoalde).

      Je ne sais pas si je pourrais y vivre donc, car ce Pays Basque n’est pas tout à fait ce que l’on appelle de nos jours Iparralde. C’est vraiment un dépaysement total, comme une seconde vie en fait. J’aurais du mal à me sentir chez moi pour tout dire ...
      Même les petits bourgs de Biscaye, ce n’est pas la place centrale de Lembeye si ... française.
      On passe trop sous silence l’importance de l’Etat-Nation, combien cette frontière sur les Pyrénées, devenue réalité au XIXème siècle, a été la source d’une divergence profonde.

      Une partie du combat basque est de lutter contre cette frontière, de toute évidence. Mais si nous sommes passionnés par ce combat, il ne faut pas passer sous silence ses échecs : Bilbao et Saint-Sébastien parlent espagnol.
      Au fond, seuls le Guipuzcoa et la Biscaye sont, tout comme ils l’étaient en 1936, à l’avant-garde du combat basque.
      L’Alava est une terre à moitié castillane de la vallée de l’Ebre.
      La Navarre est perdue sentimentalement, sauf dans les vallées vertes et reculées des Pyrénées.

      Et à mon sens, le gouffre entre Hegoalde et Iparralde est désormais immense : il suffit de passer d’Irun à Hendaye pour le constater ... Hendaye, au delà de l’aspect opérette Ramuntcho, c’est la France, surtout dans le mode de vie.

      On en vient à ce que je pense être la principale force d’opposition au vasconnisme "aquitain" : les nationalistes basques. L’occitanisme ne représente plus rien, les patois sont morts, c’est au mieux un vague mouvement culturel qui est surtout fort vers Toulouse, purement dans les apparences d’ailleurs, tant la ville est passée à autre chose (je dirais que sur Toulouse, une personne sur trois a encore un vague accent du SO ; je crois dire que je connais désormais assez bien la ville, mieux même que Bordeaux en fait où j’ai pourtant vécu plus longtemps, j’aurais des pages et des pages à écrire sur cette ville, que je n’aime pas vraiment).

      L’occitanisme est mort, d’ici 20 ans, il n’y aura plus rien, tout aura été relocalisé en Midi-Pyrénées (qui est la seconde menace, on en a longuement parlé ailleurs).
      La première menace, ce sont les nationalistes basques de France. Ils vomissent tout ce qui est gascon. Ils sont les premiers à nier la différence réelle entre Hegoalde et Iparralde, ils vivent au Petit Bayonne comme s’il s’agissait de Bilbao ... Parlent-ils basque ? Ils sont à la ramasse, ne voient pas que la masse des habitants de leur Iparralde fantasmé est encore conservatrice (il y a des évolutions cependant), nient les convergences évidentes avec les pays gascons.
      Quand j’entends les nationalistes basques du 64 s’indigner que la politique économique du département puisse être orientée pour partie vers les relations avec l’Aragon, je rigole, d’une part car ils en profitent bien évidemment (Lacq a financé toutes les routes du département pendant des décennies, le Béarn continue à payer), d’autre part car l’Aragon est très lié à la Navarre, que de manière générale c’est un espace économique à cheval sur les Pyrénées qui est en gestation, et que c’est bien pour leur combat à eux.

      Mais voilà, nos nationalistes basques néo-bayonnais (qui ont pour moitié des patronymes français) ne voient pas plus loin que l’Euskotren. Leur Pays Basque au fond, ce sont les pires clichés des espagnoleries auxquelles on ajoute des x pour faire couleur locale. C’est au mieux la côte du Guipuzcoa, se bourrer la gueule à Saint-Sébastien. Ils ne valent pas mieux que nos militants occitanistes. Leur haine de tout ce qui est gascon est véritablement ridicule : ils envisagent sérieusement Bayonne sans sa périphérie landaise qui a peuplé la ville depuis un millénaire ?

      Dans tous les cas, je suis assez pessimiste. La disparition de l’occitanisme actée (d’autant plus que la Catalogne qui finançait des projets pan-occitans est en pleine crise), il reste deux voies : l’émergence d’un vasconnisme sentimental ou plus prosaïquement, le renouveau d’une identité "Sud-Ouest".
      Je pense que le vasconnisme a trop d’ennemis : les natios basques de France donc, mais surtout la réalité ...
      Nous ne serons jamais le Pays Basque espagnol. Ou alors l’Alava ... C’est à dire rien de très bandant.

      Alors il reste une identité Sud-Ouest un peu sérieuse, Aquitaine + Midi-Pyrénées en somme. C’est le seul projet à terme réaliste.
      La place des Basques de France, ils la décideront eux, depuis Mauléon, les choses sont différentes que depuis Banca (je ne crois pas vraiment dans le concept d’Iparralde : il y a la Soule, le Labourd, et la Basse-Navarre, pays basques).

      Pour le reste, je n’ai jamais masqué être sentimentalement pour une grande Vasconie, mais je suis arrivé à la conclusion que celle-ci ne peut qu’être une source d’inspiration exotique à fin de constitution d’un univers culturel distinct de ce que propose l’occitanisme (Cathares, canal du Midi, Méditerranée), et qu’elle ne sera jamais "nous". C’est trop tard. Tout s’est joué il y a bientôt deux siècles.

      Cependant, si Philippe parvenait à nouer des liens de l’autre côté des Pyrénées, ce serait formidable : nous ne savons pas que les concepts d’aujourd’hui donneront dans 100 ans.

    • Je n’aime pas trop les étiquettes, je préfère goûter.

      Oui, il faut faire goûter la Gascogne, la faire aimer. Faire aimer ses paysages (montagne, océan, landes, côteaux, arribères...), ses bastisses et leur emban abrité du mauvais temps, les sonorités de sa langue qui se trouvent encore dans ses noms de lieu, sa cuisine (confit, pastis, garfou, cruchade...), les moments de convivialité que sont les hestes. Faire rêver, aussi, sur son histoire et son passé, la vie d’autes cops telle qu’elle est décrite par Palay ou Camelat, et suggérer des moyens de renouer actuellement avec elle...
      Et puis s’arranger quand même pour que l’étiquette "Gascogne/Gasconha/Gascougne" reste associée à l’impression agréable...

      Dans l’état d’ignorance où est la population, il est trop tôt pour tenter des démarches auprès des élus.
      Demander une télévision gasconne, une signalétique gasconne généralisée, une région gasconne... ne serait pas compris, et on risque de passer pour des illuminés.

      J’en reviens donc à l’idée sous-jacente à Gasconha.com : faire connaître et aimer l’idée du triangle gascon dans la population, lui gagner des points de notoriété, patiemment !
      Concernant le manifeste, çe me confirme dans l’idée qu’il faut lui adosser un texte très court, percutant, évocateur pour le grand public, parce que c’est ce dernier qu’il faut conquérir d’abord.

    • De façon assez inattendue ces réflexions ne renforcent-elles pas l’idée d’une interaction entre des pays du sud et du nord des Pyrénées ? (en termes d’Etats : entre S-O France et Nord-Espagne ; en termes d’Etats régionaux : entre Euskadi, Navarre, Aragon, "Aquitaine" ?). Si la construction européenne admet des régions transfrontalières, un projet romantique comme Nabarlur prend un nouveau relief. De toute façon, aucun nationalisme ou régionisme ne doit oublier les solidarités à l’échelle du continent.

    • Tot qu’ei dit e plan dit, no vau cap botar uei eth mièu gran de sau, que vos disi eth mièu acòrd, e tanplan per "assisas " en Armanhac,

      pr’amor de tot que’s dsicuta entre monde de bona volontat, e que i a de qué discutar, jà siam cresasque d’acòrd sus eth essenciau.

      A un d’aquesti ! Miquèu Pujòl.

  • Bonjour Vincent et les autres,

    La haine ou plutôt le mépris pour les Gascons, encore plus pour les Béarnais, est surtout le fait de ceux qui portent des lauburus autour du cou, qui affichent des ikurrina au cul de leur voiture, qui vont vomir sur les trottoirs de Bayonne dans une orgie qui n’a plus rien de basque ni de gascon.
    C’est le fait des plus imbéciles, incultes et ignorants.
    Et moins ils en savent et plus ils sont agressifs et arrogants. Ce sont ceux qui se prennent pour d’autres, qui ne savent pas aligner trois mots de basque, tout comme les occitanistes les plus crétins ne savent rien articuler en gascon.
    Ce sont ceux qui n’ont aucune notion de notre Histoire.
    Ce sont ces jeunes surfeurs péroxydés de Biarritz ou d’Hendaye qui se proclament basques, qui se disent "locaux" et qui sont à peine capables de faire la différence entre "egun on" et "arratsalde on".
    Comme tu le dis justement, ils sont plutôt au Nord.
    Il est très facile d’être "64", surtout avec les nouvelles immatriculations, c’est à la portée du premier Parisien venu.
    Etre Euskotar ce n’est pas être Euskaldun. Tout comme être Gascon ce n’est pas seulement le fait de le proclamer. Il faut autre chose, autre chose de plus profond, et je ne parle pas de génétique.

    C’est la raison pour laquelle je me sens mieux au Sud. Les gens y sont plus ouverts, plus sympathiques, plus curieux, même si j’ai de bons amis en Iparralde.
    Et puis ils n’ont aucun a priori imbécile, comme ceux du Nord. En fait ils ne nous connaissent pas et ne demandent qu’à nous découvrir.
    Je serais tenté de dire qu’ils nous trouvent exotiques, oui, des espèces de cousins exotiques. Là-bas je ne suis qu’un gascon euskaldun berri et totalement inconnu.
    Même si mon basque, bien que correct, reste parfois hésitant, je suis toujours le bienvenu, partout où je vais.
    Ils ont beaucoup de respect et de sympathie pour ceux qui ont appris leur langue.
    Tout est à faire, ils ne sont pas contaminés par l’occitanisme, entre autres, et sont à mille lieux de nos querelles incessantes.

    Je viens de donner deux conférences, une le 1er juin à Atarrabia (Villava en castillan, banlieue de Pampelune) et une autre ce mois de juillet à Ziortza-Bolibar (Biscaye, Udako unibertsitate bolibartarra).
    Le sujet, les origines ethnoculturelles de la Gascogne, Histoire, langue, toponymie.
    L’accueil a été très chaleureux à chaque fois, ils sont très intéressés par ces sujets. Et c’est encore mieux perçu quand c’est fait en basque, bien entendu.
    Jamais je ne leur cache la réalité de notre situation catastrophique en Gascogne et je les informe aussi de la réalité de l’occitanisme, qui n’est qu’un jacobinisme méridional.
    Il y a d’ailleurs eu une tentative d’entrisme occitaniste dans notre groupe. Ils n’ont pas été déçus du voyage et n’ont pas essayé à nouveau.
    Je peux même dire qu’ils se sont ridiculisés puisque, quand certains membres leur ont demandé de reconnaître et de garantir la spécificité gasconne, c’est le silence qui a suivi.
    C’est à M. Grosclaude, indirectement, que c’était adressé. Silence radio donc. Ils n’ont plus eu besoin de dessin pour comprendre.

    Pour revenir à la haine, ou plutôt au mépris envers les Gascons en Pays Basque Nord, elle n’est que la conséquence du mépris affiché pendant des décennies par la bourgeoisie bayonnaise envers les Basques de l’intérieur. Juste retour de manivelle.
    Et puis l’attitude des soi-disant gascons de Bayonne n’a vraiment rien arrangé à l’affaire, qui ont fait beaucoup d’anti basque, quasi haineux, et bien peu de pro gascon.
    Une catastrophe pour les relations basco-gasconnes en fait. Ils ont fait beaucoup, beaucoup de mal.
    Et pourtant, où en est le gascon à Bayonne aujourd’hui ? Est-ce la faute des Basques ?
    Alors je crois que nous sommes assez peu crédibles quand nous réclamons cette ville parce que nous n’avons vraiment pas été à la hauteur.
    Et quand je lis, sous la plume de Dominique Sumien, dans Lo Jornalet, que Bayonne c’est l’Occitanie, alors mon sang ne fait qu’un tour. C’est tout simplement pathétique, en dehors de toute réalité, quasiment pathologique.

    Je crois que quand on est soi-même minable, qu’on a échoué, qu’on s’est laissé digérer, on n’est pas très fier de soi et on a tendance à haïr et envier le voisin qui a réussi, qui a résisté, qui a survécu à l’adversité.
    Le Basque, c’est la mauvaise conscience de pas mal de Gascons, de Béarnais et d’Occitan(istes). C’est malheureusement très humain.
    Et quand, par leur mépris affiché, ils nous mettent le nez dans notre caca, je comprends que certains d’entre nous se sentent très mal à l’aise et traduisent cette humiliation par de la haine et de la rancoeur.
    Mais, encore une fois, ne le méritons-nous pas et n’avons-nous pas à nous en prendre qu’à nous-mêmes ?

    Maintenant, je vous le redis, vous êtes véritablement les bienvenus ici. Ils aimeraient vraiment avoir plus de Gascons parmi eux.

    Vincent, j’ai toujours pensé que tu es brillant, que tu dépasses de la tête et des épaules la majorité de tes contradicteurs occitanistes qui, généralement, se ridiculisent quand ils ferraillent contre toi.
    Je pense notamment aux crétins de feu soc-cult-occitan et d’ailleurs.
    Il faut t’éloigner du microcosme régionaliste de France qui est très mortifère et ne génère que de la frustration et de l’amertume, tant il est en situation d’échec.
    Frustration et amertume, colère même que je sens dans chacune de tes lignes.
    Tu es d’une noirceur et d’un pessimisme confondants. Il y a beaucoup de désespoir chez toi.
    Je le sais parce que j’ai connu la même chose.

    En fait, les régionalistes du Sud-Ouest de la France, occitanistes ou autres, passent leur temps à pleurnicher, à blablater, à dénoncer le méchant Etat colonisateur français, à courir la subvention tout en crachant dans la main de ceux qui les nourrissent.
    C’est une drôle de situation que d’être occitaniste, ou même vasconniste, et recevoir son traitement de l’Etat français.
    Vraiment pas confortable sur le plan philosophique, le grand écart absolu et une tension certaine.
    Mais démissionner de l’Education nationale par conviction patriotique, laisser la proie pour l’ombre, je n’en connais pas beaucoup qui ont eu le courage de le faire. Un seul en fait, et ce n’est pas moi.
    Georges Guynemer disait : "Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné". Je comprends et j’approuve mais je n’en ai pas le courage. Notre petite lâcheté, celle qu’il faut gérer au quotidien.

    Les béarnistes dénoncent les gasconnistes, qui en veulent aux occitanistes, qui vomissent les deux autres etc...
    C’est tout bonnement insupportable et c’est la raison pour laquelle je vais de l’autre côté pour respirer un peu et faire des choses enthousiasmantes. Il me reste statistiquement 35 années de vie dont une vingtaine en bonne santé, je vais les utiliser à faire des choses qui me passionnent.
    Je refuse de continuer à me laisser tirer vers le bas par cette atmosphère de fin de monde. La vie est décidément trop courte pour la passer simplement à geindre et à en vouloir à son voisin.
    Et puis le romantisme désespéré et désespérant, je laisse ça au jeune Werther. Autant se tirer tout de suite une balle dans la tête.

    Maintenant Vincent, à Bilbao et à Saint-Sébastien, à Pampelune et à Vitoria, même si le castillan y est éminemment présent et majoritaire, on entend 100 000 fois plus (au moins) parler le basque que le gascon à Bordeaux, Pau, Tarbes, Mont-de-Marsan, Dax, Auch et Bayonne réunies.

    Amitiés vasconnes.

    Philippe Lartigue

    • Petit rappel :

      Vous avez des icônes, dans ce genre de forum géré pas SPIP pour faire des enrichissements graphiques (mise en gras ; italiques).

      Aller à la ligne deux fois permet de passer une ligne, ce qui est nécessaire pour aérer un texte comme celui-ci.

      Je l’ai fait cette fois ci, mais...

    • En effet, geindre et en vouloir au monde entier ne servent de rien. Cela fait partie de la grande misère des régionalismes, etc., surtout depuis une vingtaine d’années, avec le quémandage, l’absence d’initative, les réflexes pavloviens... Involution.
      Essayons par ce manifeste d’échapper aux enfermements habituels, de sortir de la stagnation, de déverrouiller la situation.

      Je vois que l’idée d’une version courte, déjà émise par E. Pène, fait son chamin. Pourquoi pas ? En douze points brefs et percutants ? À suivre.

    • Bonjour Monsieur Momas,

      En fait mon cheminement a pris du temps. Depuis le début des années 1980, où j’étais un jeune occitaniste, jusqu’à aujourd’hui, où je suis très en colère contre ce mouvement. Mais la colère n’est pas un sentiment qu’il faut cultiver donc, j’évite les occitanistes pour me consacrer à autre chose.
      En 1999, j’ai pris la décision de repartir à l’université et de tenter le concours de l’Education nationale, CAPES. Je l’ai obtenu après deux années de travail acharné. Ma carrière a commencé dans des conditions exceptionnelles à Beaumont-de-Lomagne et surtout à Moissac où j’étais en charge de classes bilingues, donc des élèves qui savaient parler, auxquels je dispensais les cours d’occitan et d’Histoire-géo, en occitan bien entendu. Ce fut véritablement passionnant. Un énorme travail, car il fallait créer quasiment tous les documents pédagogiques, mais un travail passionnant.
      Puis j’ai pu revenir dans l’académie de Bordeaux et là, le changement fut radical. La matière était assez mal considérée et certains collègues cachaient à peine leur hostilité ou leur mépris. L’administration ne me soutenait pas vraiment et je sentais bien que la disparition de la discipline arrangerait certains. J’avais de plus en plus de mal à recruter des élèves, mes classes se sont vidées petit à petit et la matière a tout simplement disparu. Je pense ne pas avoir su être assez souple car je ne me suis jamais résolu à faire de ce cours une espèce de club récréatif, machine à distribuer des bonnes notes sans fournir le moindre travail. Or, l’occitan-langue d’oc n’est pas une discipline comme les autres. Il faut être très talentueux et très souple pour obtenir des élèves et savoir les garder de la sixième à la troisième. Je ne le suis pas. J’ai voulu enseigner comme mes collègues des autres disciplines linguistiques, avec des leçons, des apprentissages, du travail personnel et des évaluations comme en anglais, en espagnol ou en allemand. Mais ce n’est pas possible car, quand les mauvaises notes, sanction du non travail, commencent à tomber, alors les enfants, et les parents, décident d’arrêter, de zapper. On ne peut pas enseigner l’occitan comme si c’était une matière normale, ce n’est pas possible et il ne faut surtout pas le faire sans quoi on se retrouve devant des classes vides. J’ai donc manqué de souplesse et d’intelligence car il faut se rendre à la réalité et être pragmatique quand on enseigne le gascon en collège.
      Ensuite, mon anti occitanisme affiché, ici et ailleurs, m’a beaucoup isolé car, dans mon milieu professionnel, la quasi totalité de mes collègues sont justement occitanistes. C’est une situation très inconfortable et qui génère une espèce de solitude de facto assez difficile à gérer. Je n’ai jamais voulu offenser mes collègues, que j’apprécie généralement, mais mes prises de position les ont vraisemblablement blessé, agacé, lassé, choqué. Cependant, je ne peux pas dire ni écrire le contraire de ce que je pense. Le silence me direz-vous. Oui. Mais les non-dits sont générateurs de tensions qui deviennent assez rapidement insoutenables.
      Donc, c’est une grande déception qui a suivi l’enthousiasme des premières années. Un certain découragement même, quand j’ai compris que le gascon et l’occitan n’avaient plus de véritable existence sociale, étaient en dehors de la normalité. Quand j’ai compris que la demande des élèves et des parents était vraiment très faible, voire inexistante. Il faut beaucoup se mentir pour continuer à y croire. Il faut se mentir car sinon c’est la fin de l’illusion.
      L’acquisition du basque et le cheminement vers la Vasconie ont été le moyen de mettre un terme à ces frustrations et à cette déception. Une espèce de thérapie. Aujourd’hui je me sens bien plus en accord avec mes idées et c’est le plus important.

      Avec mes amitiés.

      P.Lartigue

    • Philippe,

      Je comprends tout cela parfaitement. Vivre c’est aussi être déçu, l’important étant d’en tirer les leçons. (Mieux vaut sans doute que ça pète un bon coup, comme l’orage.)

      La difficulté d’enseigner en France une langue dite régionale, ou de fonder une école en langue régionale, tient à l’effacement social de ces langues mais aussi aux conceptions dominantes, au poids de préjugés qui constituent plus que jamais la culture (?) commune. Il y a selon les lieux des degrés dans l’assimilation, la résistance linguistique, la conscience d’appartenance.

      On devrait pouvoir enseigner toute langue avec le même degré d’exigence qu’on le fait avec l’allemand, l’anglais, l’espagnol. La question des exigences disciplinaires, étroitement mêlée à celle des contenus et des objectifs, n’est pas propre aux langues régionales, qui l’éprouvent cependant plus que les autres matières parce qu’elles sont par nature fragiles.

      Or, sans sentiment gascon fort, pas de renaissance linguistique, ni en quantité ni en qualité.

      J’aimerais un jour que nous discutions de ces sujets.

      L’Hispanie est un continent. En un sens, l’idée vasconiste restitue des solidarités très anciennes que les décennies passées avaient masquées.

      Il faudra nous donner des nouvelles.

      Amitiés,

      Ph.

    • Bravò, ’quò’s important de damorar totjorn en acòrd damb sas idèias. Bona continuacion.

    • Bonjour les amis,

      Me voici installé depuis 15 jours, dans un appartement du quartier Zurbaranbarri, au douzième et dernier étage d’un immeuble d’où je vois toute la ville, depuis Begoña jusqu’à Deustu, Guggenheim compris. Mes collègues sont extrêmement sympathiques. J’ai 22 heures de présence au collège dont : 17 devant les élèves, 3 de garde, 1 de réunion de séminaire et 1 consacrée aux parents. Mais il y a tout le travail de préparation qui est énorme. Heureusement il y a un matériel pédagogique abondant. J’ai des élèves de 5e, 3e, 2nde et 1ère, leur équivalent d’ici. Je donne des cours d’Histoire-géo et de français. La langue cible est le français et celle de recours est le basque puisque ce sont des sections trilingues euskara, français et castillan. Je leur ai dit que je ne connaissais pas le castillan et ils s’adressent à moi en euskara, très majoritairement, et en français. Ici, quasiment tous les élèves, sont bascophones (90%) et aussi quasiment tous les profs (95%). La langue de référence est le batu mais beaucoup parlent le biscayen, dur à comprendre quand ils s’y mettent vraiment. Mais ils ont la politesse de revenir au batu. Donc, je ne parle quasiment qu’en basque à longueur de journée. C’est fatiguant mais toute la théorie bûchée pendant 4 années se met en place. Je commence à comprendre la radio, certains locuteurs en tout cas. Le cerveau est véritablement une merveilleuse machine. J’espère que dans dix mois j’aurai un très bon niveau de langue. J’aimerais le C1 du cadre européen.
      Bref, c’est un autre monde qui me fait réellement prendre conscience de notre état de mort clinique. Je reste persuadé que sans la langue, facteur essentiel de l’identité, un peuple disparaît. J’en ai la preuve vivante sous les yeux.
      Par contre, dans les rues de Bilbao, on entend très majoritairement parler le castillan, bien plus qu’à Saint-Sébastien où le basque est omniprésent. Mais dès qu’on quitte la ville vers le nord ou l’est, c’est le basque qui règne en maître quasi absolu, partout. Cependant, à Bilbao, on peut tout de même parler basque dans de nombreux endroits, commerces, administrations, musées...Et puis certains quartiers, vers l’est, on une forte proportion de bascophones. A l’écrit en tout cas, elle est partout, tout est bilingue. Quant aux annonces du métro, ça n’a rien du ridicule et du factice toulousain. Pardon de le dire. Bref, j’ai sous les yeux la mise en application concrète et massive d’une véritable politique linguistique, volontariste et décomplexée. Autre chose inimaginable chez nous, quand on entame la conversation en basque avec un erdaldun, sans le savoir, il s’excuse généralement de ne pas savoir parler l’euskara. Chez nous ce sont les derniers gasconophones qui s’excusent presquent de parler ce vilain patois inutile et méprisable.
      Voilà, je suis arrivé au bout de ma quête et je soigne toutes les frustrations générées par notre situation apocalyptique. Toutes ces tensions, ces chicaillas entre occitanistes, béarnistes, gasconistes, que j’interprète, vues d’ici, comme autant d’aveux d’impuissance. Tous embarqués dans un bateau en train de couler irrémédiablement, et il n’y a même pas d’orchestre pour rendre les derniers instants plus doux. Juste un tintamarre assourdissant de haines cuites et recuites.
      Ici, ma colère s’apaise et je trouve ma place. Ma collègue Helena m’a dit avant hier que je ne devais plus me présenter comme euskaldun berri, que j’étais simplement euskaldun. Je suis heureux et je souhaite à tous les gens que j’apprécie de vivre ce genre d’expérience.

      Philippe Lartigue

    • Ce témoignage met clairement le doigt sur ce qui à mon sens reste le problème clef sur la question de la langue : cette honte de parler la langue de son pays, enfouie dans la population depuis plusieurs générations. On croit souvent à tort le problème résolu. Tant que la population ne sera pas éduquée sur ce point là tout le reste est inutile. Et la tâche est immense...

      @ Philippe : Profite bien de tous ces instants. C’est dur par moments mais c’est toujours excitant de démarrer une nouvelle vie.

    • Bonjour Monsieur Desman,

      Oui, la honte, grand moteur avec la culpabilisation. Démarrer une nouvelle vie est effectivement excitant. Je crois que si la situation des langues d’oc, et autres, en France, n’était pas aussi catastrophique, je ne me serais pas découragé au bout de cinq ou six ans, comme je l’ai fait. En cela je ne peux qu’envier mes collègues qui, contre vents et marées, années après années, occitanistes ou pas, continuent à travailler et à y croire. Je ne suis pas occitaniste, je l’ai suffisamment écrit ici et dit ailleurs depuis longtemps, mais le seul travail utile qui est fait en matière d’enseignement, ce sont bel et bien les occitanistes qui le font, pas les autres. Je suis en très profond désaccord avec eux, avec leur discours sur la langue et l’identité, mais ils bossent. Je le sais. J’ai fait beaucoup d’anti occitanisme certes, mais j’essaie d’argumenter mes positions, toujours, et je reproche à mes contradicteurs de ne jamais répondre aux critiques que par des invectives, du prêt à penser dogmatique ou des paroles excommunicatoires. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai souhaité m’éloigner de tout ça. C’est fatiguant et improductif.
      Les dix mois qui me sont donnés ici, je vais les exploiter au mieux et jouir de chaque instant. Si tout se poursuit comme ça a commencé, alors le retour risque d’être très difficile.

      Amitiés.

      Philippe Lartigue

    • Chers amis,

      Une dernière chose, avant de mettre un point final. Ce n’est pas par mépris que j’ai renoncé à me préoccuper de ma langue bien aimée, le gascon, en dehors d’un cercle privé. Je crois qu’il vaut mieux que je débarrasse le plancher, à la plus grande satisfaction de ceux qui ne m’apprécient pas. Je n’arrive plus à être positif en ce qui concerne son avenir et cela est totalement contre productif. Il vaut mieux laisser ceux qui y croient encore, qu’ils l’appellent patois ou occitan, faire les choses sans être emmerdés par un boulet de mon espèce.
      Putain ! Ca fait adieux au music hall !

  • J adhère complètement. Je reviens des hestes de Dax et je ne retiens qu’ odeurs d urine ,de vomi ,d alcool mais aucun signe de gasconité , le rouge et le blanc d ici se mélange avec ceux des bodega du midi (on rencontre d’ailleurs les mêmes foulards et tee-shirt) en ce moment à ARCACHON. ce sont les fêtes de la mer et foulards jaunes et aucun signe de gasconité non plus Bravo à vous trois pour ce travail et merci ! Amis gascons sortons la Gascogne de sa léthargie

  • Chers amis,

    Je reviens de trois journées formidables passées à Iruinea, Orreaga et Urzainki. Nous étions deux vasconnistes. Cela signifie que les effectifs ont doublé en trois ans !!!
    Mais, blague à part, l’accueil a été extraordinaire et la langue gasconne a résonné en ces lieux et date symboliques, sur les pentes d’Ibañeta. En effet, d’un commun accord, les responsables des groupes basques présents ont accepté la demande qui leur avait été faite, pas par moi évidemment, que le texte lu le fut également en gascon. Je me suis donc acquitté de cette tâche avec émotion, trac et fierté, devant un auditoire de quelques 300 personnes, sous la pluie et dans le vent. Les gens ont été surpris d’entendre cette langue qu’ils ne connaissaient pas et entendaient pour la première fois. Ils ont demandé ce que c’était et Karmele, responsable locale de la manifestation, leur a répondu "Hau, gaskoiera da !" (Ca, c’est du gascon !"). Applaudissements. J’étais très fier pour nous et ai pensé à vous mes amis.
    Ensuite, dîner pantagruélique à Garralda puis nous avons pris la route d’Urzainki, dans la vallée de Roncal, ou nous avons dîné et dormi chez Tomás Urzainqui Mina, l’historien navarrais.
    Nous avons parlé tard dans la nuit et avons évoqué la Navarre, la Gascogne, la Vasconie, l’euskara, le gascon, l’avenir. Nous avons parlé Histoire, politique française et espagnole etc... Nous avons également évoqué, vous vous en doutez, le problème de l’occitanisme. Tomás Urzainqui est parfaitement au fait de la chose et, en tant qu’historien, est révolté par l’imposture occitane en Gascogne. Sans que je le lui ai soufflé le moins du monde, il a qualifié les occitanistes en Gascogne de jacobins, de négationnistes et d’impérialistes et pense que l’occitanisme, chez nous, est un autre puissant facteur dénationalisateur. Donc, ici, tout sera fait pour faire connaître au monde basque, abertzales et autres, le véritable visage de l’occitanisme en Gascogne. Mais nous ne perdrons pas trop de temps avec eux, juste le strict nécessaire, c’est à dire les remettre à leur juste place d’imposteurs.
    Je lui ai fait part de l’existence du manifeste. Ils est très intéressé. Ils sont parfaitement disposés à entrer en contact avec vous, directement ou par mon intermédiaire, et à le diffuser largement par ici, Navarre et Communauté autonome basque. Je vous garantis que ce sera fait si vous donnez le feu vert. La traduction dont je parlais, en euskara, gascon et castillan, me semble plus que jamais nécessaire. Dans les semaines à venir, mon activité à Bilbao va vraiment m’absorber et je n’aurai pas le temps de m’y consacrer. Dites-moi ce que vous en pensez et comment nous pouvons faire.

    Avec mes amitiés.

    Philippe Lartigue

    • Adiu Halip !
      Merci pour ton action de diffusion du Manifeste en Hegoalde.
      Je pense aussi que nous devons cultiver nos relations du côté vascon. C’est cohérent avec le texte et l’esprit du Manifeste.
      Les trois auteurs du Manifeste sont d’accord pour en écrire une version courte et percutante, plus populaire et médiatique.
      Peut-être en neuf couplets comme les cançons de nau !-)
      Pour économiser notre travail, les traductions pourraient peut-être porter d’abord sur cette version courte qui sera prête, je l’espère, dans le courant de l’automne.
      Sias hardit, eta ongi izan Bilbon !

  • Adishatz,

    Jo que serí prèst per apitar quauquarré entà dehèner aqueth manifèste. Que’n demòri pas qu’un aperet sus internet. Aquiths occitanistes que’s hèn les soas academias autoproclamadas, hèm-ne autant nosatis entà le Gasconha e lo gascon ! Jo, que sui partant au mensh !
    Osca totun per aqueth manifèste, e’m pensi qu’es atau que haràm quauquarré.

  • Génération finale, j’entend ma langue mais ne la parle pas. Mes parents et grands parents pensaient plus que cela était une langue " on ne parle pas en patois et on ne crache pas par-terre".Je me reconnais dans votre manifeste, dans ma vision douy pays.
    Merci

  • Je suis très déçu car ce manifeste Gascon qui pourrait être fédérateur n’est en fait une fois de plus qu’un vibrant reclam anti occitaniste primaire et je tiens a dire a Mr Lartigue que l’on doit sûrement pas fréquenter les mêmes Basques en effet dans le milieu culturel Basque en général, l’occitanie comme le breton comme le corse sont intégrés sans soucis aucun...
    Bref je tiens à signaler que les méchants colonisateurs jacobins occitans dont je fait partie( 1 au m2 en Béarn) ont un peu fait le boulot que vous voulez faire en appellent ça défense de la Gascogne, certes très louable comme idée mais en êtes en retard d’une guerre comme chez nous en Béarn avec les vieux fossiles de l’IBG ou Biarn toustem qui se réveillent une fois que le boulot a était fait et ce depuis trente par ces "saloperies" d’occitanistes.....
    Je résume brièvement création de la mise en place de l’enseignement en immersion et écoles publiques de notre langue que l’onl’appelle occitan gascon ou gascon peut importe des mots...
    En plus dans le respect des parlés locaux malgré toutes les conneries racontées sur ce site..
    Collectage depuis 40 ans des chants , musiques, danses en Béarn, Landes, Gers, hautes pyrénées...puis enseignements de ce patrimoine par des associations dites occitanes et oui ce putain de mot vous fait mal mais ils étaient ou les grands gascons qui insulte et veulent bouter l’occitan hors du territoire....Y compris le grand Lartigue acquis à la cause basque c’est très bien par contre ces insultes à l’encontre des occitans il peut se les garder il est quoi...
    Je ne l’ai jamais vu sur le terrain pur transmettre et bosser, oui il a fréquenté Per noste et des gens qui à l’époque ont essayés de le rendre intelligent comme M.Grosclaude, Gilabert Narioo...mais cela n’a pas marché..
    Malheureusement une fois de plus vous vous trompez d’ennemis..tant pis.
    Par contre j’attends avec hâte la mise en place de votre projet...vous aurez je pense besoin malgré tout de quelques saloperies d’occitanistes pour l’enseignement traditionnel de la musique, chants, danses, j’en suit persuadé sinon votre projet restera un beau projet c’est tout...
    amistat

    • Je vois, Miqueu, que tu réponds ici à d’autres messages qui ne t’ont pas plu. On en a vu d’autres sur ce site ! Il était sans doute inévitable que la parution de la version non définitive de ce manifeste donne lieu à des commentaires sans rapport immédiat avec son contenu. Fallait-il pour autant bloquer dès le début des réactions générales ou plus personnelles ? Ca n’aurait pas été bien vécu, et on peut bien admettre un peu de vivacité. Ces commentaires, évidemment, ne font pas partie du manifeste, bien que les plus positifs d’entre eux contribuent à l’enrichir. Si nous recevions demain un texte argumenté "anti-langues régionales", je pense, sans m’avancer trop, que Le Webmestre le publierait, parce que la confrontation est nécessaire (elle peut quand même se passer du terme d’"ennemis" et autres noms d’oiseaux).

      Mais, amis lecteurs, ne mélangez pas tout, ou alors il faudra que Tederic ouvre une rubrique spéciale "pelejas" qui reprendra sans fin les mêmes invectives, à défaut d’analyse parfois.

      Il faut donc recadrer, revenir au sujet qui justifie cette page spéciale. L’essentiel, ici et maintenant, est d’envisager les rectifications ponctuelles et précises que nécessite sans doute ce manifeste.
      Le mode d’emploi est simple : on vise le paragraphe qu’on juge insuffisant, ou mauvais, etc., on le signale , on propose des amendements , en se servant du système indiqué.

      Ce manifeste n’est pas un projet politique, scolaire, etc., mais un appel à projets, et qui n’exige pas un total accord des signataires, seulement la reconnaissance et le partage d’un certain nombre de points précis. Il s’adresse à tous ceux qui ont une conscience gasconne. Car ce qui est au centre, c’est effectivement la Gascogne. L’Occitanie n’est pas son objet, (bien que certains des signataires admettent parfaitement l’idée d’un gascon dialecte de l’occitan, d’autres non). Il n’est pas tourné "contre", même s’il pose des limites. Ce texte ne s’inscrit pas dans la dialectique Occitanie - anti-Occitanie qui n’est pas au centre de ses préoccupations. Cette attitude peut déconcerter.

      amistats

    • Tu n’as probablement pas lu correctement ledit manifeste : il ne parle qu’à la marge de langue. Ce manifeste parle d’économie, de culture, de social, d’aménagement du territoire, ... Un peu de langue. C’est dingue que les occitanistes dont tu es ne puissent pas voir le fait régional autrement que par le contingent de néo-locuteurs. Il y a autre chose que la langue dans la vie.

    • Je suis d’accord avec Miquèu sur le fait que les occitanistes ont quand même le mérite d’être actifs.

    • Mais la langue est au coeur de l’identité de la Gascogne ! Dans les noms de famille, la toponymie, les accents, les formules et les gasconnismes ! Pourquoi la mettre à la marge ? Pour éviter les polémiques linguistiques ? Les querelles ? Il suffit alors de se contenter de l’Aquitaine ! La langue est constituttive de l’identité de tous les peuples et cultures de la Terre ! Que l’on soit locuteur ancien ou nouveau ! Le problème est peut-être le nom qu’on lui donne, même si certains déclarent que peu importe le nom pourvu qu’on ait l’ivresse ! Mais la dernière publicité que j’ai vu sur la Gascogne a évoqué : Les Côtes de Gascogne ! Là , j’ai l’ivresse !

    • Pas question en effet de nier l’apport de ceux qui ont fait et font quelque chose, et d’aucun côté que ce soit ; ni la place de la langue ("critère synthétique de l’ethnicité", disait Fontan, même si la langue n’est pas tout). Vaste débat (intarissable) mais qui n’est pas directement l’objet de cette page (cf. mode d’emploi...).

  • Etant un des trois auteurs de cette version "zero" du manifeste (pas l’auteur initial d’ailleurs,mais le premier à y avoir réagi en proposant ajouts et modifications),je tiens à témoigner que jamais aucun de nous trois n’a eu l’intention d’en faire un "vibrant reclam - je suppose que c’est sans doute plutôt le mot " brûlot" que Miquèu avait en tête- anti-occitaniste".Aucun de nous trois n’a de comptes à régler de ce côté là et nous avons fait de notre mieux pour éviter que notre texte puisse être utilisé contre quelque acteur de la gasconnité que ce soit puisque nous avions implicitement décidé de les respecter tous,à proportion de ce qu’ils apportaient.
    Je pense en effet que derrière ce texte,Miquèu aura vu un "métatexte" qui n’existe ni dans les faits ni dans les intentions.Et puis,bon,l’occitanisme n’est pas ,après tout,le centre du monde au point que toute initiative doive être supposée avoir comme finalité un positionnement à son égard !

  • Je renchéris sur certains commentaires précédents : il faut un document synthétique (une page A4 maximum) pour le grand public. Seules les personnes ayant déjà un intérêt particulier pour la langue, la culture ou tout autre aspect de la gasconnité auront la patience de lire le manifeste dans sa version actuelle.

  • Adishatz,

    je salue vivement l’initiative, nous qui devons, en Béarn, si on caricature les choses : être un ’vendu’ d’occitaniste (qui peut ressembler à un pot-pourri des cultures d’òc) ou un "pur et dur" béarnais (quitte à parfois dire des contre-vérités comme quoi le béarnais ne serait pas du gascon, mais aussi à être condamné à mourir dans son coin). Vous l’aurez deviné, ni l’un ni l’autre ne me convient.

    J’estime qu’au niveau de la communication, le (médiatique) terme occitan a fait son possible pour mettre en valeur les langues et cultures d’òc. A présent, il est temps de se démarquer de l’Occitanie, sans pour autant nier son apport... En effet, j’écrit en graphie classique, et nom pas celle du félibrisme, que je trouve certes plus simple, mais calquée sur la phonétique française, donc sur une autre langue. Toutefois, je suis admiratif du travail de nos Simin Palay ou Michel Camelat, qui forment une base solide dont il faut se servir. Par ailleurs, le terme vascon est à mettre en avant pour se rapprocher de nos chers "frère-ennemis" basques.
    Totun, tot çò que disi aci, qu’ei dejà escribut suu manifesta...

    Pour résumer, afin de faire un lien avec les languedociens, les provençaux, entre autres, je préfère dire que je parle l’une des langues d’òc : lo gascon, diu vivant !

    Hètz beròi, los de gasconha.com ;)

  • adichats broy monde,

    Une fois de plus, merci pour ce manifeste qui dit ce que nous sommes.
    (ça me fait toujours penser à la chanson de Paco Ibanez "porque a penas si nos dejan decir qué somos quièn somos...estamos tocando el fondo..." les aficionados reconnaîtront).
    Merci donc au "think tank" pour la synthèse, même si pour moi une renaissance identitaire gasconne est indissociable d’un projet politique au sens large. De la même façon que la religion sert d’affirmation à d’autres populations exilées de l’intérieur, la conscience gasconne pourrait être la ré appropriation de soi qui autorise à inventer un autre avenir, ici et avec les autres.
    Mais restons sur ce qui nous réunit...
    Anem de cap au Manifeste.

    Didier L.

    • Merci de votre soutien. En rappelant des notions et des réalités, et quelques principes, qui devraient être perçus et compris par la société gasconne tout entière (même, oserais-je dire, par ses détracteurs !), nous tentons de retrouver les fondations solides de la maison gasconne (ça va bien avec tocar el fondo), de formuler... Après, aux Signataires de faire connaître le texte, de le diffuser, de jouer comme ils l’entendront...
      Que ce soit pour chacun l’occasion de discuter avec le voisin gascon autour d’idées fédératrices.
      Siam hardits !

      Des versions courtes de ce manifeste ont été demandées, elles sont en cours.

      Amistats deu... sinc-tanque !

    • o, de miélher : lo tin-qu’estanca !

  • Content d’arrecéber lo ton sosten, Didier !

    Très jeune, j’ai connu et adoré les chansons de Paco Ibanez
    , "Ay de mi Alhama" par exemple. Et aussi une chanson à la gloire des "andaluces de Jaén, aceituneros altivos" que j’ai entendue sur un juke-box de bar, peut-être à Cordoue, en 77, lors de la libération du franquisme, ce qui montrait qu’il avait réussi à toucher le peuple.
    Je l’ai connu par ma soeur qui étudiait l’espagnol au début des années 70, et aussi par ma prof d’espagnol.
    Ce que peut-être beaucoup de ses admirateurs ignorent, c’est qu’il a passé une partie de sa jeunesse en Pays basque profond, campagnard et bascophone, celui des "baserritarrak" si je ne fais pas d’erreur.
    Il est donc lui-même bascophone, et je pense qu’on peut le qualifier d’abertzale.
    Je le sais depuis l’écoute d’une émission de France Culture qui lui était consacrée. Il racontait d’ailleurs une anecdote qui se passait dans le Pays basque d’aujourd’hui, peut-être à Donostia, je ne sais plus. Il venait d’acheter quelque chose dans une boutique et dit tout naturellement "zenbait ?" (combien ?). La commerçante se met en colère, ne supportant pas qu’on lui parle basque...

    Auta causa :
    Tu écris : « une renaissance identitaire gasconne est indissociable d’un projet politique au sens large. De la même façon que la religion sert d’affirmation à d’autres populations exilées de l’intérieur, la conscience gasconne pourrait être la ré appropriation de soi qui autorise à inventer un autre avenir, ici et avec les autres.
    Mais restons sur ce qui nous réunit... »

    D’abord, tu fais bien d’être prudent, sur ta dernière phrase : à partir du moment où on rattache un projet d’affirmation gasconne à "un projet politique au sens large", chacun va avoir le sien, et on va se diviser.
    Mès totun... le morceau de phrase que j’ai mis en gras, je le partage. Si on a la force de récupérer et de valoriser notre héritage gascon, dont nos grands maîtres français nous ont dit implicitement qu’il ne valait pas grand chose, on aura la force de lancer ensemble d’autres projets, donc de faire notre politique à nous, et aussi notre économie, etc. Au moment où les gens ne croient guère en la politique et désespèrent sur l’économie, c’est important, et nous avons une fenêtre de tir. C’est dans cet esprit là que j’ai mis en brève sur Gasconha.com « Six producteurs de pommes s’unissent sous le label "Vasconia" » [2011] Six producteurs de pommes s’unissent sous le label "Vasconia"

    A un aute cop !

  • Adixatz

    Je suis béarnaise et je me sens gasconne. J’adhère à vos propositions.
    La solution n’est elle pas de créer un parti régionaliste ? Il y aurait forcément une plus grande écoute, une représentativité accrue...et des moyens.

    • En soi cette idée n’aurait rien d’inconcevable mais dans l’état actuel de la société gasconne et du paysage politique, ce serait un sûr moyen de se marginaliser.
      Au contraire le pari à tenir est d’insuffler les préoccupations gasconnes, rendre évidente la gasconnité de beaucoup de questions sociales auprès de l’ensemble de la société et si possible, de l’ensemble des forces politiques existant en Gascogne.

      Quant aux moyens, créer un parti politique n’est pas en soi une façon de les attirer : les subventions publiques sont proportionnelles au nombre d’élus, c’est donc un serpent qui se mort la queue !

    • Certes mais j’ai remarqué qu’un parti a une assise plus confortable auprès des médias que des associations. Je reste persuadée que quelques personnes suffisent à rendre visible une idée politique. Je comprends tout à fait la difficulté que cela peut représenter car nous avons tous et toutes des opinions différentes mais se retrouver autour d’une idée commune : l’avenir de la Gascogne" est quelque chose de possible. Peu importe que ce parti tienne ou pas la route, l’important est la visibilité.
      La Gascogne brille par son absence...et je crains que cela ne lui soit fatal.

      Je me disais aussi que tous les gascons auraient besoin de se retrouver autour d’une chanson que cela soit pour les fêtes, le sport, les animations...et un drapeau commun ( euh je sais pour le drapeau avec dame Brassempouy) mais cela fait très landais. Je suis béarnaise lol.

      Voilà...ah oui...J’ai découvert votre site, il y a peu de temps alors si j’ignore plein de choses, veuillez-m’en excuser.

    • Je pense qu’il vaudrait mieux "infiltrer" les partis, tout du moins ceux dont le logiciel idéologique est compatible avec une réfutation partielle du jacobinisme français. De la même manière, je pense qu’il vaut mieux changer l’occitanisme institutionnel que le concurrencer.

      De toute façon, tout cela n’aura de sens que si émergent localement des individualités qui portent un tel projet. Il faut des têtes d’affiche.

    • Quiò, Vincent ! Aquò qu’ei lo tèrme qui pensi tanben desempuix quauques mes : infiltrar, en·hicar l’occitanisme.

      Que soi lhèu hèra optimiste, tròp joen entà pensar-i... Mes que vedi meilèu los occitanismes, pr’amor ne son pas tots parièrs, virar de cap au Gasconisme. Dab la letra màger.
      E qu’espèri que soi pas lo sol holet ad ac créder...

      Lo monde que ’s cercan cada còp mei ua identitat, e la Gasconha que ’n a ua vertadèra a perpausar.

  • Personnellement je n’ai rien contre les occitans. Ils font un travail formidable. Ils ont ouvert la voie au régionalisme du" sud". J’emploie sciemment ce mot. Peu importe que la Gascogne soit une soeur, une cousine proche ou éloignée ou juste une voisine de l’Occitanie. Cela ne fera pas avancer le schmilblick.
    Si la Gascogne veut garder ou retrouver ou créer une spécificité propre, il faudra passer par des actions du style :
    - un regionalisme politique indépendant des partis actuels. je ne crois pas qu’être de gauche ou de droite fait de vous un meilleur gascon. Le but ne doit pas être d’accéder à des fonctions mais de faire parler de notre région à tous les niveaux(local, régional, national). Les alliances politiques amènent irrémédiablement à la disparition du but recherché.
    - une diffusion d’une culture basique commune. Je fais partie des 90% des gens qui aiment vibrer en écoutant un chant rassembleur( s’il est beau et festif, c’est génial). Certains diront que c’est artificiel, commercial et éloigné d’une tradition ancestrale et bien...tant mieux ! La culture doit évoluer et être accessible au plus grand nombre. J’aimerais trouver facilement dans les commerces des autocollants régionalistes( du style vive la Gascogne ! ici nous parlons gascon à la manière des béarnais ! Un drapeau gascon etc... ). Il y a sûrement des dizaines d’autres idées populaires.
    Bien entendu, tout cela demande des personnes motivées qui seront au fur et à mesure réduites à peau de chagrin mais c’est partout pareil...
    Bon voilà, une motivée va se coucher.
    cordialement

    • Oui, mais l’affirmation de l’identité gasconne passe à mon avis par son détachement de l’occitanie.

    • Les auteurs du manifeste ont pris leurs distances avec l’occitanisme , en particulier tel qu’il est vécu actuellement et depuis un certain temps maintenant.Mais ils n’ont pas voulu fonder leur démarche sur des exclusions,des ruptures sans appel ;au contraire sur du positif.Ils tendent la main à ceux qui veuent aider la Gascogne à être et acceptent la collaboration de tous,quels que soient les horizons dont ils viennent,l’occitanisme y compris.

  • Mes, ad enlà de tot aquò, parligòis e tot, on es aqueth manifèste ? En quauques tiradeirs ?

  • Un an arron, èi quasi fenida la version menx longa deu manifèste ? En francés ta començar ?
    Atau, que la poderetz publicar sus la patge d’arcuelh deu siti.

    Qu’avèm tostemps avut un problèma de comunicacion, l’òra ei vienguda d’amuixar qu’èm vaduts comunicants. E puix que, txic a txic, los departaments e las regions que ’ns glapan...

    " En daban ! "

  • Adiu lou Trufandèc !
    Qu’as rason de t’impacientar !
    Normalament, lo manifeste cort (o brac ?) que deuré estar escrit, en linha e tot aquò.

    Jo qu’èi devut arrestar d’i trabalhar per rasons personaus :
    Dempui un an, e enqüera mei dempui lo printemps 2013, que’m tròbi dens un arremolin maishant (tourbillon ?) qui limita drasticament la mia disponibilitat en temps e energia.

    Qu’èi devut causir : que balhi la prioritat a la perenitat deu sit Gasconha.com, dont saji d’organizar l’administracion colectiva. Qu’èi avançat hòrt sus l’organizacion informatica deu sit, entà perméter aquesta administracion colectiva.
    Adara que i a los utis, e medish si son pas perfèits, que va càlher ua equipa qui hasca l’esfòrç de los utilizar !

    Benlèu que los dus autes "mosquetaires" deu manifeste (a qui demandi perdon) e van acabar lo manifeste cort.
    Normalament, l’indisponibilitat de l’un ne deuré pas empachar l’accion colectiva, mès justament, n’èm pas enqüera un "colectiu" eficaç.
    Mès que i arriberam !

  • I a pas nat xepic, cadun qu’a la soa vita a costat de la Gasconha, urosament ;)
    E solide qu’ès pas solet entà acabar aqueste xantièr ! Units que cau estar.

  • En ce début 2014, nous avons tenté de prendre en compte les commentaires faits sur la version 0 du Manifeste.
    Merci à tous.
    Les paragraphes ont été renumérotés.
    Nous travaillons parallèlement à la version courte...
    Siam hardits !

  • E après, çò que haratz (o haram, percè que m’i vui plan hicar dehen) de tot aquò ? Çò qu’es previst ? Belèu, despassar lo cadre virtau per dar plaça en ua ssociacion o atau ? Quauquarré qui puiré har un contra-pes enter l’occitanisme estrem (a le Jornalet, o atau) e lo gasconisme estrem (a l’IBG) ? Hmm ?

  • E çò que’n haratz après ( o haram, que m’i vui plan hicar dehen) ? Belèu, salhir deu cadre virtuau entà crear quauquarré de mè pesant ? Que’m pensi, de tota mòda, que’ns cau despassar aquera copadura "occitan/gascon". Pas denegar le realitat occitana, mes amuishar e har conéisher qu’èm purmèrs gascons, e occitans, s’at vòlen lo monde, après.

  • Aunestament, en bèth tornans legir aqueth manifèste, que sui charmat ! Qu’es hòrt bon. Que cau har quauquarré de concret, miladiu !!!!!!!!!!




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