Le Manifeste gascon Version 1

- Gerard Saint-Gaudens, PJM, Tederic Merger

Une situation d’urgence

Les évolutions rapides qui affectent les régions gasconnes, dans le champ de la culture, des institutions, de l’économie, de la conscience d’identité en général risquent d’aboutir à la disparition pure et simple de la Gascogne en tant que réalité humaine vécue et fait historique connu.
Il est donc urgent, pour nous qui n’avons pas oublié ce qu’elle est, d’imaginer une refondation de la Gascogne comme lieu d’appartenance.

Des individus, groupes et associations cherchent certes à promouvoir la personnalité gasconne dans leurs domaines de prédilection : langue, musique, jeux, histoire, paysage, architecture, arts, économie, etc.

Malheureusement leurs efforts se heurtent à deux sortes d’obstacles, dus à l’ignorance ou à l’indifférence :

  • obstacles extérieurs dressés par des forces ordonnées à la disparition de la spécificité gasconne, par ignorance ou volonté délibérée.
    Dans cette catégorie on trouve des représentants de la sphère étatique (certains milieux enseignants hostiles aux langues et cultures du pays, des élus locaux ou des fonctionnaires destructeurs d’écosystèmes, membres de divers corps administratifs souvent centralistes par principe), des agents de la presse écrite et audiovisuelle (propagateurs de modes déculturantes et acculturantes) ; des personnalités politiques de toutes tendances, aux arguments variés et contradictoires (uniformisateurs, affairistes municipaux, contempteurs a-priori de tout sentiment d’appartenance, « occitanistes jacobins » liés au cadre régional actuel), sans oublier les pratiquants d’une auto-dérision suicidaire.
    La diversité des attaques menées contre notre identité, dont les clivages ne suivent pas ceux de l’arc politique français, pourrait faire objet d’une étude qui révélerait avant tout le malaise culturel des milieux qui les mettent en œuvre.
  • obstacles intérieurs dus le plus souvent au manque de dialogue et d’explications, à l’exagération de querelles secondaires, à la transformation des désaccords en questions de personnes. Ces défauts inhérents à tout milieu qui se cherche empêchent les convergences possibles. Dans une situation d’urgence ils sont préjudiciables au bien commun.

Ce manifeste fait appel aux Gascons de bonne volonté réunis sur des principes communs, gages de meilleure écoute mutuelle et de projets réalistes.

A. FONDEMENTS

A1. On appelle Gascogne l’aire de la langue et du peuplement gascons définis par les linguistes, le « Triangle » fondateur approximativement bordé par les Pyrénées, l’océan Atlantique et la Garonne, limites géographiques qui ont façonné un espace de vie, créé une communauté de destin.
C’est l’Aquitaine vue par César ("La Garonne sépare les Gaulois des Aquitains"), c’est la Novempopulanie (pays des neuf peuples, avec sa capitale Eauze).
C’est le cœur de ce que recouvre la région indéterminée appelée en français « le Sud-Ouest », qui en paraît comme un substitut. Pour éviter la confusion avec la Gascogne au sens restreint de province de Gascogne ou Généralité d’Auch au XVIIIe siècle (une « Petite Gascogne »), on peut user de l’expression Grande Gascogne. Mais Gascogne suffit : Gasconha, ’Gascougne’.

A2. La Gascogne historique et humaine comprend : le Béarn, l’ancienne Généralité de Gascogne (moins le Labourd et la Basse-Navarre), la Guyenne gasconne (soit presque toute la Basse-Guyenne avec le Bordelais, ainsi que la Lomagne), des pays situés aux confins de ces régions majeures, dont le Val d’Aran. L’agglomération de Bayonne et le « Pays des Trois Vallées » au sud de l’Adour sont des points de rencontre des identités gasconne et basque.
Ces régions ou provinces comprennent de nombreux pays historiques tels que la Chalosse, l’Albret, le Buch, le Born, l’Armagnac, le Marsan, l’Astarac, la Lomagne, l’Auxois, le Volvestre, la Bigorre, le Couserans, le Comminges. De nombreux terroirs témoignent d’écosystèmes spécifiques (Maremne, Marensin, Grande-Lande, Médoc, Bazadais, Vic-Bilh, Tursan, Aure, Aspe, etc.).

Aux limites de l’aire gasconne, de petits pays de langue saintongeaise ou des terroirs récemment dégasconnisés (notamment le Blayais), qui forment un point de rencontre des identités gasconne et poitevine-saintongeaise.

Carte de la Gascogne

A3. Langue, culture musicale et culinaire, jeux et divertissements aux multiples facettes et expressions locales, concourent à établir le fait gascon, en quelque sorte la gasconnité. Dans leur variété de terroirs, les aires agricoles, architecturales ou musicales constituent un vaste réseau de correspondances, un parcours diversifié. Loin de l’image d’un parcellaire démembré, il s’agit d’un tissu humain cohérent et interactif, alliant montagne et plaine, pays d’élevage et pays viticole, mer et collines. C’est cet organisme intégré que nous devons maintenir et renouveler.

A4. On est en droit de parler de peuple gascon entendu comme groupe humain fondé sur des critères objectifs et une conscience d’appartenance suffisante.
Cette définition s’entend en dehors de toute appréciation politique ou institutionnelle. Elle inclut ceux qui trouvent leur origine dans un passé gascon de longue date et ceux des nouveaux arrivants qui auront fait leurs les particularités du pays.
Elle implique aussi les Gascons qui vivent loin de la Gascogne et se sentent toujours solidaires de ceux qui vivent « au pays ».

A5. La spécificité des Gascons est le résultat de l’appartenance de leurs ancêtres et prédecesseurs sur les mêmes territoires à plusieurs ensembles humains et historiques succcessifs qu’ils ont contribué à façonner :

  • aire aquitano-vasconne d’entre Èbre et Garonne,
  • Romania linguistique primitive.
    Ces déterminations se sont ensuite complétées de liens avec d’autres aires telles que :
    • les pays gallo-romans du Sud, surtout les régions proches de la vallée de la Garonne constituant le Bassin Aquitain,
    • le nord de la péninsule Hispanique, surtout pyrénéenne et atlantique,
    • les pays de l’Arc Atlantique à travers la dimension aquitaine de l’histoire et de la
      géographie humaine gasconnes, sans oublier l’appartenance à l’ensemble français et à l’ensemble européen.

Les Gascons ne sont donc pas des « Méridionaux ». La Gascogne n’est ni « le Midi » ni « le Sud », étiquettes relatives.

A6. L’histoire a divisé le territoire gascon. Le fait ethnique basco-roman s’est poursuivi dans le fait ethno-linguistique gascon, assis sur une relative unité géographique et une stabilité bi- voire plurimillénaire. La Vasconie puis la Gascogne des Ducs ont traduit administrativement cette identité populaire pendant plus de quatre siècles. L’histoire s’est ensuite déroulée dans des cadres temporels fluctuants mais souvent identifiables comme gascons. Des tendances centrifuges ont mené à l’émancipation de petites entités gasconnes (Béarn, Bigorre, etc.), jusqu’à l’éclatement administratif actuel de l’espace gascon, parallèlement attiré par des espaces aquitain puis français. L’histoire des Gascons traduit les tensions internes et les sollicitations d’un peuple qui n’a jamais disparu.

A7. L’entrée de la grande majorité des pays gascons dans l’État français (Val d’Aran excepté) s’est faite à des époques différentes et suivant des modalités diverses.
Administrativement les Gascons sont aujourd’hui pour la plupart citoyens français, répartis entre deux régions administratives qui ne coïncident pas avec l’aire gasconne : Aquitaine et Midi-Pyrénées, régions qui hébergent aussi l’une et l’autre des territoires « aquitains » non gascons. Les limites des neuf départements qui sont en tout ou partie gascons (Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gironde, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Gers, Lot-et-Garonne, et quatre communes de Dordogne), ne suivent pas non plus celles de l’aire gasconne.

La Gascogne écartelée entre deux régions

Les Aranais gascons sont citoyens espagnols, inclus dans la Généralité de Catalogne. Ils ont un statut particulier, dont le respect de la langue officielle (dénommée « occitan aranais ») est un élément constitutif.

A8. Le nom des Gascons est un autonyme, c’est-à-dire leur nom indigène, dont l’étymologie est commune avec le nom que se donnent les Basques. Ce nom provient d’une racine *eusk- qui se retrouve dans la forme latine Uascones.

Le nom de Vasconie, Vasconia, s’applique aux territoires issus de la matrice ethno-linguistique paléo-basque de l’Antiquité.
Ces territoires, qui sont aujourd’hui de langues basque ou romane, forment un vaste ensemble qui s’étend de la Cantabrie et de la vallée de l’Èbre (nord-ouest de l’Aragon) à l’Andorre et au Pays de Foix et à toute la Grande Gascogne au nord. Il traduit la persistance de traits communs à ces régions sur la longue durée.

A9. La langue gasconne est l’un des critères majeurs de l’identité gasconne.
Comme toute langue elle se compose de parlers regroupés en dialectes, qui tous partagent des caractéristiques communes objectivement définies par les linguistes dans le temps et l’espace. Le nom de « langue gasconne » convient aussi à la langue de référence que l’enseignement et les conditions de la vie moderne rendent nécessaire au niveau de toute la Gascogne.

A10. Le gascon n’est pas un dialecte mais une langue aquitano-romane de la famille d’Oc ("occitane" dans un sens général). Il se trouve au point de rencontre de trois aires linguistiques de l’Europe du Sud-Ouest : l’aire sud-occitane, l’aire bascophone, l’aire hispanophone. Il est aussi inclus, suivant d’autres modalités, dans l’aire de la langue française, d’usage actuellement très dominant dans l’aire gasconne et les territoires voisins au nord des Pyrénées.

A11. Comme toute langue vivante le gascon possède des dialectes et des parlers.
À l’intérieur d’une langue les dialectes se définissent par la fréquence de certains traits différentiels (sons, vocabulaire, morphologie, etc.). Très sommairement on distingue le pyrénéen, le gascon de la plaine béarnaise, le gascon littoral (souvent dit « parler noir »), le gascon de l’Est (armagnacais et parlers garonnais) et les parlers girondins. Leurs limites ne coïncident pas avec celles des départements.
Les parlers sont la forme prise par la langue au niveau de la commune ou du canton. Parlers et langue commune sont complémentaires et s’appuient mutuellement. Bien que de niveaux linguistiques différents, ils ont égale dignité dans leur milieu. Le mot français « patois » a souvent une connotation péjorative, non justifiée par la nature des parlers mais imposée par les éradicateurs du gascon.

A12. La distinction entre « béarnais » et « gascon » est liée à une assimilation abusive, mais culturellement explicable, entre les aires linguistiques et les entités historiques. Les distinguer comme deux langues est une erreur, le béarnais étant traversé des mêmes variations que les autres régions gasconnes. « Béarnais » ou « landais » indiquent seulement le lieu des parlers gascons considérés, non leurs caractéristiques intrinsèques.

A13. Les appellations « occitan du Béarn », « occitan de Bigorre » (ou d’autres régions gasconnes) sont trompeuses. Elles relèvent d’un occitanisme centraliste, parfois « jacobin », aux conceptions linguistiques, culturelles et historiques réductrices et erronées. « Occitan gascon » représente l’appartenance à une famille plus large mais reste ambigu, « occitan » tout seul est inadmissible en pays gascon.

A14. Au cours de sa longue histoire, le gascon a connu plusieurs graphies ou codes. Rappelons que la graphie d’une langue est une convention qui supporte des compromis, des héritages et des innovations, aucun système n’étant parfait en soi. Une langue est d’abord parlée.

A15. L’état présent de la Gascogne et des Gascons est l’aboutissement de mutations profondes qui se sont affirmées au XIXe siècle et accélérées au XXe. Il se caractérise en particulier par : la fin de la société traditionnelle-rurale ; la quasi-disparition de la langue gasconne devant le français ; des mouvements migratoires intenses ; l’urbanisation.

A16. Aujourd’hui la gasconnité est contrariée, déviée ou occultée par plusieurs facteurs :

  • l’absence d’une région administrative proprement et explicitement gasconne ;
  • la quasi-absence de la Gascogne de l’enseignement scolaire ;
  • la faible valorisation des mots Gascogne et gascon (sauf dans le département du Gers mais au bénéfice d’une conception réduite a minima de l’appartenance et de la géographie gasconnes). On peut parler à cet égard d’effondrement historique et sémantique ;
  • l’usage de substituts d’appartenance qui empêche partiellement les gens de se reconnaître pour ce qu’ils sont, dont les plus notoires sont :
    • les départements, standardisation d’espaces territoriaux dont certains ont cependant une certaine épaisseur historique et affective ;
    • les grandes régions administratives. (Ceci n’empêche pas de reconnaître que l’« Aquitaine » a une image assez prestigieuse malgré des contours géographiques incertains, et que le « Midi-Pyrénées » recouvre une aire d’influence toulousaine qui s’est souvent vérifiée.)
    • la notion d’« Occitanie » qui est abusive si son usage a pour but ou pour effet d’effacer l’appellation « Gascogne ».
    • un repli exclusivement local sur de petites entités qui empêche d’apprécier la profondeur historique et humaine du fait gascon. Le local est nécessaire et indispensable mais doit être pensé en fonction de la vie de toute l’aire gasconne. Le local et le régional se nourrissent, s’enrichissent et se soutiennent mutuellement.
    • le fait qu’aucun emblème graphique populaire ne la représente dans son intégralité : par exemple, l’emblème le plus connu, l’écartelé aux gerbes, ne couvre ni le Béarn ni la Guyenne gasconne.

Une histoire à continuer

A17. Les ressources de la Gascogne sont sous-estimées. Les Gascons doivent retrouver leur propre centralité, faire preuve d’audace et de sens des réalités. La Gascogne ne se fera pas « contre » ses détracteurs de tous bords (jacobins français, jacobins occitans, indifférents ou négateurs), mais « pour » ses habitants, et « avec » ceux qui s’y reconnaissent.

A18. La Gascogne, qui constitue une réalité humaine et géographique aussi solide que la Provence, la Lorraine, la Galice ou la Bourgogne, n’a aucune raison d’accepter d’être rayée de la carte. Elle peut redevenir au troisième millénaire un espace cohérent et clairement identifié, en France, en Europe, et même dans le monde. Les Gascons y ont un intérêt vital, affectif, mais aussi matériel et économique.

A19. La distribution des pays et les solidarités locales, les relations commerciales et humaines maintenues en dépit des forces centrifuges, révèlent des solidarités fondamentales qui devraient être réactivées dans des « pays de programmes » ou tous autres cadres institutionnels à venir.

L’AMBITION GASCONNE

A20. L’idée gasconne est de donner forme au sentiment gascon, à la gasconnité vécue, expression du fait gascon, pour le faire accéder à sa pleine réalisation. Cette ambition est fédératrice. La Gascogne est un horizon identitaire, ce que révèle la permanence d’un attachement au « Sud-Ouest », expression populaire qui n’est cependant pas toujours pertinente. (« Sud-Ouest » est un peu plus large que la grande Gascogne. Le pays toulousain, le Périgord, le Quercy, y sont communément inclus, alors qu’ils ne sont pas ou peu gascons.)

A21. Les Gascons doivent affirmer leur personnalité par l’usage des couleurs blanc et rouge et d’emblèmes communs à tous (drapeaux au sautoir blanc sur fond rouge ou bien au tranché rouge et blanc ; croix de Gascogne d’or bourgeonnée et flamboyante ; effigie dite la Daune).

A22. On ne défend une identité menacée qu’en l’illustrant. La tentation du repli doit faire place à la volonté de reconstruction dans un esprit d’ouverture, de discussion et de concorde. La situation d’urgence actuelle l’exige, sans cesser d’être à la hauteur de l’histoire plurimillénaire de la Gascogne.

A23. Les efforts sincères d’enseignement de la langue des pays gascons doivent être restitués à leur cadre naturel et authentique : celui de la culture gasconne et de la Gascogne. Beaucoup de préjugés et de fausses querelles tomberont de ce fait.
L’un des facteurs les plus préjudiciables à la réflexion et à l’accord est la confusion dans ce domaine entre la graphie (système de notation de la langue), la langue en tant que telle, le nom qu’on lui applique, le contenu politique enfin, censé s’attacher aux différentes graphies. Ces éléments ne sont pas nécessairement liés.

B. ENGAGEMENTS

B1. Il est urgent de faire naître une perspective qui mette en correspondance dynamique tous les éléments de la vie gasconne.

B2. Nous appelons à la mobilisation des forces vives de la Gascogne, par-delà leurs différences, sur des objectifs communs qui devraient faire l’objet d’un consensus.

B3. Nous appelons au réveil des consciences des Gascons face à l’arasement de leur culture.

B4. Il est impératif de répondre à la demande d’identité et de gasconnité qui se manifeste aujourd’hui à maints égards en pays gascons , de façon parfois maladroite voire un peu désespérée.

B5. Une des conditions du réveil est de mettre un nom sur la gasconnité vécue, spontanée, qui affleure encore. Ce qui n’est pas nommé est comme s’il n’existait pas. Osons nommer la Gascogne et les Gascons.

B6. Il est primordial de mettre en valeur ce qui existe déjà dans tous les domaines : noms de lieux, arts, architecture, paysage, cuisine, productions agricoles et industrielles...

B7. Sauver ce qui peut l’être du patrimoine linguistique gascon, l’actualiser et le transmettre, exige la tolérance et la réflexion commune sur la langue, et notamment sur la langue parlée. Dans cette perspective les sectarismes de tout bord et les querelles de personnes sont hautement nuisibles.

B8. Il est nécessaire de lier l’idée gasconne et la langue aux activités gasconnes et en Gascogne, de toute sorte, autant que cela est possible, dans tous les milieux sociaux et professionnels :

  • production agricole (vins, agro-alimentaire, etc.), cuisine ; réalisations de la technique et de l’économie, tant anciennes que modernes (ex : les techniques de la glisse et des sports de mer), expositions, etc… en visant dans tous les cas une nouvelle approche de l’économie respectueuse de l’écologie urbaine et rurale.
  • divertissements en Gascogne, sports (rugby), jeux, « courses landaises donc gasconnes », danses, chant, musique...

B9. Il est urgent de repenser et de réformer la fête gasconne (la Heste), même au prix d’une remise en cause radicale des manifestations de masse qu’elle a produites ces dernières années. La fête est l’expression d’une convivialité propre au groupe qui la fait.
Son rôle festif et libératoire ne doit pas tourner au défoulement spectaculaire, à la violence gratuite qui casse le climat local au lieu de le renforcer.
Elle suppose un partage et un vivre-ensemble qui ne se décrètent pas. Il est urgent de recréer des fêtes gasconnes. Ici la priorité est au local.

Musica hestiva

B10. Le chant et notamment la polyphonie dans l’esprit de ce qui est maintenant nommé cantèra sont très importants, comme les hestes. Le chant articule convivialité, création, et reste un lieu d’usage du gascon.
Dans sa partie la plus montagnarde, la Gascogne a gardé jusqu’à nos jours une tradition populaire du chant polyphonique, le plus souvent en gascon ; nous devons réactiver et renouveler cette pratique conviviale et festive sur toute la Gascogne.

B11. Un moyen de réduire la fracture des générations est d’organiser des « Cercles de Parole » qui transmettront tout ce qui peut encore l’être de la culture orale, dont le chant est une expression majeure.
À cet égard les Anciens sont naturellement des « passeurs de mémoire » qui doivent comme tels être respectés et mis à contribution dans le sens d’un ressourcement des jeunes générations. Sinon, il faut innover dans l’invention des instruments de transmission mémorielle. La transmission se fait quand les savoirs anciens ne sont pas catalogués comme obsolètes, et quand les générations montantes ne sont pas sommées d’être mobiles géographiquement. Nous devons affronter cette situation, qui dépasse la Gascogne.

B12. Il est nécessaire d’ancrer les jeunes dans nos pays. Même s’ils font désormais souvent un tour d’Europe ou un tour du monde, il serait bon que beaucoup reviennent ensuite ; et aussi que les « nouveaux Gascons » qu’on peut dire « de sol » soient séduits au point de se rallier à l’idée gasconne.

B13. L’action signalétique est très importante : Comme les noms de famille ou les prénoms, les noms de lieux sont une part de cet héritage immatériel qui relie les générations et fonde les appartenances.
Donner au gascon une place décente dans l’espace public implique un travail sur la toponymie et la signalétique. Ce travail comprend deux volets : les noms de lieux écrits et la signalétique publique, administrative ou privée. Le bilinguisme signalétique amorce une remontée sociale de la langue et fait signe. Il est incitatif. Il doit faire entrer la langue dans la vie publique. Il n’y a pas de raison de l’interdire au gascon en arguant d’un statut socio-lingüistique durablement infériorisé.
La signalisation bilingue ne doit pas être confinée à quelques emplacements privilégiés, comme une « langue du passé » ou un décor touristique. Il faut au contraire que la langue soit visible partout.
Les actions toponymiques et signalétiques ne doivent pas se mener dans l’anarchie et les conflits d’écoles qui déconcertent la plupart des gens et les détournent d’un engagement en faveur de la Gascogne, mais de façon raisonnée. Il convient de réfléchir avant d’agir et d’accepter toute discussion, afin d’échapper à des polémiques meurtrières et stériles en cas d’initiative intempestive.

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La Romieu - L’Arromiu
Il y en a des centaines à faire comme ça...
Pour les amateurs, j’ai utilisé pour celui-ci, avec le logiciel GIMP, la police Utopia taille 62 pour les grands caractères et Utopia Italique 27 pour les petits.
Tederic M.

En matière de panneaux toponymiques il y a des degrés d’urgence et de pertinence.
Le digraphisme, le même nom gascon sous deux graphies légèrement différentes, n’est pas utile.
Il est tout aussi important de transmettre et de faire respecter la prononciation gasconne des noms de lieux et de personnes.

On sera particulièrement attentifs au choix des nouveaux noms de lieux (lotissements, etc.) qui donnent leur visage parlant aux communes. On relèvera donc les noms anciens de parcelles, voies, propriétaires. On signalera les noms des anciens quartiers.

B14. On sera vigilant sur l’aménagement de l’espace public où sévit maintenant la dénaturation des sites : pas de constructions en ligne de crête, pas de « mitage » du paysage, respect de l’architecture locale (vernaculaire), reboisement à long terme, entretien aussi du patrimoine, en commençant par le plus modeste (fontaines, mobilier funéraire, bornes, croix, etc., tout ce qui sans être « classé » ou inventorié traduit des normes culturelles autochtones).

B15. On favorisera les produits du pays. Produire et consommer local est recommandable tant par solidarité avec les producteurs locaux que pour limiter les pollutions et nuisances dues au trafic routier massif. Les circuits de distribution courts sont une chance pour nos pays gascons de se refaire, et de diminuer l’hypermobilité de la population et l’exil des jeunes actifs.

B16. Dans le mouvement actuel de la mondialisation et de la construction européenne, la protection et la promotion de l’espace gascon exigent qu’on valorise et revitalise ce qui est perçu comme local, aujourd’hui trop souvent présenté comme hors de l’histoire, de l’innovation, de la création, synonyme d’impasse, d’ennui pour la jeunesse et de mouroir pour nos anciens.

B17. Un des moyens envisageables pour faciliter ces progrès est la création d’une région administrative correspondant au territoire gascon.
Mais une vraie régionalisation devra être la prise en main de leur destinée par les populations locales et non la reproduction à l’identique des mécanismes administratifs centraux "en province". L’accent devra être mis sur l’équilibre des territoires, non sur les mégapoles.
Un renforcement des liens entre collectivités territoriales infra-régionales sur une base effectivement perçue et acceptée par les populations concernées est aussi à recommander.
A tout le moins et dès maintenant, une coopération accrue entre les deux régions administratives existantes, faisant l’une et l’autre place au fait gascon quand il parait significatif, est à encourager.

C. APPEL

Tous les gascons sincères sont invités à prendre en compte les idées exposées ci-dessus, à les commenter, à les diffuser, à y puiser, à s’en inspirer dans leurs activités, à se montrer attentifs aux propositions de ceux qui les partageraient quand bien même ils seraient en désaccord avec eux sur d’autres sujets ; à réfléchir aux orientations que pourraient prendre les actions culturelle, linguistique, artistique, sociale pour que revienne enfin au centre du discours et de l’activité la conscience d’appartenance gasconne.

Les auteurs de ce manifeste invitent celles et ceux qui en partagent l’orientation générale, même s’ils sont en désaccord sur des points secondaires, à y adhérer. Il ne s’agit pas d’une pétition. Les signatures sont publiques, et peuvent mentionner la qualité du signataire.

Vous pouvez, en utilisant la fonction "Répondre à cet article", apposer votre signature au Manifeste gascon, tout en le commentant.
Si vous souhaitez des modifications du texte, indiquez si possible le paragraphe concerné. Exemple : "A12 : [votre texte]".
Quand ils le jugeront utile, les auteurs du texte initial prendront en compte les réactions reçues, et publieront une nouvelle version de ce Manifeste.

Grans de sau

  • J’adhère ; je mettrai un lien sur mon blog et dans le Sarmonèir prochain.

    A12 : il ne faut pas oublier l’aire nord-occitane. Même si la zone de contact est minime (moins d’une dizaine de communes), l’influence se fait sentir jusqu’à Bordeaux et, si l’on considère que le verbe "faler" est dû à cette influence, jusqu’à l’entrée de la Lana Gran, à la Pointe de Grave, au Pais de Buc et au Marmandais.

    • Tu es le premier signataire, après quelques heures de publication discrète (pour autant qu’on puisse être discret en figurant sur la page d’accueil de Gasconha.com !-)) de ce Manifeste.
      Pouvons-nous faire figurer ton nom de famille ? Ce n’est pas obligatoire, et une signature du type "Gaby - Lo Sarmonèir" me semble acceptable.

      Nous sommes vraiment en version 0.0.0... et ne commencerons le battage qu’à la rentrée de septembre. D’ici là, je pense que nous enrichirons encore le texte, et aussi sa présentation.

      Je pense à de petits graphismes, et aussi à des liens vers des enregistrements vocaux, parce que la langue est emblématique, et que le dire seulement en français est un chic contradictòri..

    • Je signe "Gabrièu Balloux - Lo Sarmonèir".

      Oui, il aurait fallu faire une traduction de ce manifeste en gascon également, ça me semble logique. Peut-être même dans différents gascons (cf. semi-normalisation). Je vais faire ça en garonnais.

  • B9 : "la heste n’est pas un défoulement collectif"

    Ce n’est pas mal, et c’est peut-être indissociable de la hèste... Reste à décider si l’alcool est le seul médium de défoulement !

    • B.9
      "La heste n’est pas un défoulement collectif"

      Il faut introduire l’idée que nous n’avons rien contre ce défoulement ni contre l’enthousiasme festif, mais que nous réprouvons leur perversion qui ne libère personne et se termine par des petits matins sans joie...

      modifions alors :

      ... propre au groupe qui la fait. Son rôle festif et libératoire ne doit pas tourner au défoulement spectaculaire, à la violence irraisonnée, qui cassent le climat local au lieu de le renforcer. Elle suppose un partage...

  • j’adhère à ce manifeste que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt.
    En ce qui concerne l’article B13 sur la signalétique, il est important qu’un effort soit fait afin d’éviter de trouver des panneaux tels que "col du portet d’Aspet" par exemple (portet d’Aspet me semble nettement suffisant et même si ce dernier est en Ariège).
    Il en est de même d’ailleurs du "col du Somport", le Somport est suffisant (Je cite 2 exemples qui me viennent à l’esprit).
    Il est grand temps de remettre de l’ordre dans beaucoup de choses de ce genre.
    Je suis également entièrement d’accord avec l’article B10 et l’esprit des fêtes.
    Mais cela à l’air d’être sur le bon chemin puisque aux fêtes de Dax on trouve une journée Landaise durant laquelle le "café Gascon de Dax" assure une bonne animation.
    De plus vous avez vous même annoncé qu’il y aurait cette année une bodéga "au pit" que les "Pagalhos" viendront honorer de leur présence.

    Bravo à toute l’équipe pour le travail que vous faites en faveur de notre Gascogne.

    • Quand B13 dit "En matière de panneaux toponymiques il y a des degrés d’urgence et de pertinence.", c’est justement en pensant, par exemple, à ces pléonasmes viographiques qui manifestent l’ignorance et le mépris de la langue, parfois là même où elle est encore connue par les anciens : "col du portet", Le Col de Port, le col du Couret, la rue du Carrerot...
      Là, l’action est prioritaire, aussi parce qu’elle doit être efficace pédagogiquement.

    • Isolés nous ne pourrions rien. Un consensus suffisamment ferme sur l’essentiel mobilise et fédère. Nous sommes à la croisée des chemins...

  • Le texte est raisonné et sensé (presque trop), et je soutiens l’initiative courageuse et salutaire.
    L’améliorer, le populariser (vaste programme face à toutes les lourdeurs de nos consciences, des institutions, du jacobinisme).
    Nous sommes un petit pays et nous le resterons face à l’Europe, face au monde. Nous sommes définitivement une minorité, mais le monde est peuplé d’une quantité incroyable de minorités auprès desquelles nous pourrons trouver d’autres forces sur qui s’appuyer, trouver courage, prendre exemple.
    En dabans tots ; qu’èm un pòble de valents e d’arreganhats !!!

    • Disons que les Gascons sont encore majoritaires sur leur territoire. Comme il n’y a pas d’Etat gascon en dehors des frontières françaises, nous ne sommes pas une "minorité nationale". Si nous disons que les Gascons sont un peuple sans institutions propres, on nous suivra parce que c’est objectif. Après, agissons et portons partout la bonne parole. .

  • Dans la version V1, je pense qu’il faudra développer ce qui concerne les voies de communication :
    Une Gascogne autocentrée ne mise pas tout sur ses relations avec Paris (alors que ses élus pour l’instant ne jurent que par la relation à Paris en moins de 3 h !).
    Une Gascogne autocentrée ne se laisse pas manger par Bordeaux et Toulouse.
    Une Gascogne autocentrée cultive les relations avec le sud des Pyrénées.
    Une Gascogne autocentrée développe de façon volontariste des transports en commun efficaces pour mettre en synergie économiquement et écologiquement son tissu de villes petites et moyennes.
    Une Gascogne autocentrée respecte et réutilise intelligemment le maillage ferroviaire construit il y a un siècle (Voies ferrées en Gascogne)...
    Moi président... !-)

  • Adixat,

    Encore une fois, on est sur une initiative isolée. Il faudra un jour comprendre que ce type d’initiative doit rassembler dès le départ le maximum de monde pour avoir une chance de réussir. A titre personnel (et plusieurs personnes de l’IBG certainement), nous sommes d’accord en grande partie avec ce manifeste.

    Toutefois, il est trop long, trop technique, trop compliqué. Il ne passera pas au delà de la centaine de passionés de cette cause.

    De plus, puisqu’il s’agit d’une initiative faite pas des "auteurs", à priori trois, il faudrait peut-être que ceux-ci se présentent : qui sont-ils, quel est leur action pour la Gascogne, etc..

    Emmanuel Pène

    • Adixatz a vos, senher Pène.
      Cette initiative est bien isolée, comme vous le dites, mais elle est offerte à l’adhésion raisonnée de tous ceux qui ne veulent pas voir disparaitre la Gascogne.
      Plus nous serons nombreux à nous en réclamer, plus les trois auteurs seront contents.
      Et comme elle vise au delà des défenseurs de la langue (que par ailleurs, ils chérissent et s’efforcent de pratiquer, chacun dans son registre), les auteurs aspirent à recueillir l’adhésion de bien plus de 100 personnes !

      Quant aux auteurs, justement, ils n’ont aucune notoriété en Gascogne, sauf peut-être le webmestre de Gasconha.com, qui doit être remercié pour avoir patiemment créé et maintenu ce véritable service public gascon où peuvent se rencontrer et dialoguer des gens par ailleurs bien éloignés mais unis quand même par un désir sincère d’oeuvrer pour cette Gascogne, sa substance et sa culture.

      C’est peut-être d’ailleurs parce qu’ils ne sont pas investis dans des actions suscitées par tel ou tel mouvement de l’arc en ciel gascon qu’ils ont pu concevoir et proposer ce texte (un peu charte, un peu socle, un peu plateforme,comme vous voudrez).

      Quel devenir à ce texte ? Celui que les Gascons voudront, mais s’il était le début d’une réconciliation, la base de plus de discernement, de plus d’enthousiame, ce serait déjà très bien .

    • Toute initiative, même largement suivie, est isolée au départ. Si elle ne l’était, elle ne chercherait pas à rassembler. Ce serait déjà fait, il n’y aurait qu’à suivre un chemin tout tracé. L’isolement vient de l’usure du tissu social, de l’éloignement géographique, du goût pour les disputes, des préjugés, etc.

      Il y a si peu d’initiatives pour la "Gascogne intégrale" qu’on ne saurait se plaindre d’en voir une nouvelle, si modeste fût-elle.
      Nous n’avons aucune notoriété (sauf celle que Tederic M. s’est acquise par son travail constant et désintéressé) et nous n’en cherchons pas pour nous-mêmes (ce serait un peu tard). Pas de risques de récupération, d’exploitation publicitaire, de duperie, d’ergotage, de querelles d’égos.

      Les auteurs n’auraient certainement pas écrit ce texte, ni n’auraient eu les idées à peu près claires, s’ils n’avaient bénéficié des discussions parfois très contradictoires qu’on rencontre sur ce site et sur d’autres. Il est impossible de concilier tous les points de vue mais on peut tenter d’en tirer le meilleur, le plus pertinent sans se buter sur tel ou tel détail. C’est pourquoi ils n’en revendiquent pas exagérément la paternité mais y voient plutôt un reflet de ce que les passionnés, associations ou individus, offrent à tout un chacun depuis longtemps. En un sens ce Manifeste ne leur appartient plus exclusivement.

      Ce texte ne me paraît pas trop long, tant il y a à faire (on lui reprocherait aussi bien de ne pas aborder telle ou telle question. La discussion ouverte ici permet des suggestions précises, merci d’en formuler). Trop compliqué ? On pourrait sans doute en tirer des versions plus simples (ce serait à faire), mais la Gascogne mérite un effort. Je suis convaincu que ceux qui le trouveront trop complexe le liront quand même et que cela leur ouvrira des perspectives d’action, parce que nous avons dû nous-mêmes clarifier nos idées, les confronter, chercher non sans mal parfois ce qui n’était pas évident. Si les passionnés rayonnent, ils feront passer le message, devenant des foyers du réveil gascon. Dans le cas contraire, ils resteront entre eux.

      De toute façon, les signatures de soutien engagent des personnes libres placées devant leur responsabilité. Pas de permissions à demander.
      "Aidez-nous, ou plutôt aidons-nous !"

    • L’IBG et encore plus Biarn Toustém opposent depuis toujours le Béarn à la Gascogne, avec un mépris certains pour les Gascons et une espèce de complexe de supériorité un peu ridicule car je ne vois pas autre chose que des Français du Sud-Ouest en Béarn où la langue et l’identité sont aussi mal en point qu’ailleurs. Que les Basques méprisent les Gascons et les Béarnais, soit, ils ont le droit. Mais que les Béarnais toisent les Gascons, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Je vous rappelle en passant que c’est bien vous, les Béarnais, qui abritez le plus d’occitanistes au mètre carré dans l’ensemble gascon, et ça ce n’est vraiment pas un titre de gloire. Et puis votre discours de fond est que le gascon et le béarnais sont deux langues différentes. Vous avez le droit de le penser, de le dire, de l’écrire. Mais alors restez donc en Béarn et ne vous occupez pas de Gascogne.

    • Je rappelle le mode d’emploi de cette page spéciale, qui n’est pas un fil de discussion comme les autres : suggérer de possibles amendements au texte, indiquer éventuellement ses points de désaccord et d’accord (en indiquant le numéro du paragraphe visé). Sans relancer les polémiques qui, par ailleurs (et sur ce site même), animent (ou paralysent ?) la "gascosphère".
      Que des "occitanistes", des "ibégistes" ou des "toustémistes" se retrouvent au moins sur la majeure partie du Manifeste, quoi de plus naturel et de plus encourageant ? Il n’est pas possible que le sentiment d’urgence et la lassitude devant les mauvaises querelles ne provoquent pas un sursaut de conscience gasconne, un désir de rapprochement, de conciliation, de respect de l’autre. Le contraire serait à désespérer.

    • Bravo pour ce commentaire, non signé..

      Personne ne méprise personne. Les béarnais sont des gascons, qui l’ont peut-être oublié, mais qui dit qu’ils "toisent les gascons". Où avez vous vu que l’IBG prone deux langues distinctes. L’article 3 de nos statuts met en avant "la langue gasconne", et ses différentes appelations historiques, dont béarnais..

      Alors avant de dire n’importe quoi, monsieur le vengeur masqué, renseignez-vous !

    • Au lendemain de la Toussaint, qui a vu je pense la plupart d’entre nous visiter les tombes de leur famille, de leurs amis et de leurs voisins en allés (et même de ceux qu’ils n’aimaient pas mais qui sont maintenant en quelque sorte du même côté, dans la même terre...), je forme le voeu que tous ceux qui tiennent à la Gascogne, chacun à sa façon particulière et avec ses moyens propres, s’écoutent, se parlent, se rencontrent non pour s’accorder en tout (ce qui n’est peut-être pas possible) mais pour s’accorder sur des idées précises dictées par l’urgence de la situation. La Gascogne s’efface, elle ne bénéficie même pas du cadre conservatoire d’une région administrative. Elle est en danger et ne le sait pas assez. Agissons au moins dans une volonté d’entente. C’est le sens de ce manifeste.
      Merci à tous de vos remarques et suggestions.

  • Adixat à touts,

    qu’èy û tribalh deus beroys !
    Que m’arrecounèxi sus la maye part d’aqueste manifeste e qu’èy demandat de hica aqueste aha à la prouxène amassade deu CA de l’IBG.

    Siat touts lous de qui cau, ta balléu,

    Didier Dufourcq, û charnegou Gascoû-Biarnés.

    • Merci de votre engagement personnel et de votre initiative. Le texte peut en effet faire l’objet de commentaires de la part d’associations dont le point de vue reflétera celui d’un milieu ou d’un secteur géographique... il n’y a pas de vérité toute faite, mais nous pouvons nous efforcer au bien, ou au mieux.

  • De manière générale, ce texte passe en revue mes différentes lubies depuis quelques années, aussi félicitations aux auteurs.

    A2 : il ne faut pas passer sous silence la gasconnité de l’Ouest toulousain. D’ailleurs, cette carte que l’on voit un peu partout désormais, laisse de côté des villes autrefois tout à fait gasconnes comme Colomiers. Le confluent Ariège-Garonne était gascon. Je trouve que c’est une concession à l’occitanisme de faire ainsi la place rive gauche de la Garonne à leur Toulouse fantasmée et rayonnante.

    Aussi, j’ajouterais dans la liste des pays au moins le Volvestre et une référence à la Gascogne toulousaine (le "pays tolzan").

    A20 : les Asturies ne sont pas un élément de comparaison fiable, les Asturies sont clairement la partie maritime septentrionale de l’ancien monde léonais, complètement évanescent de nos jours.

    J’intègrerais pour ma part un laïus sur ce que doit être la décentralisation, à savoir la prise en main par les populations locales de leur destinée, et non la reproduction à l’identique des administrations centrales en province.

    Je commenterai plus longuement plus tard.

  • En 2006, dans la conclusion de son livre-Langues d’oc, Langues de France- Jean Lafitte lançait un triple appel pour la défense et pour la reconnaissance des langues d’oc dont le gascon. Au mois de juin, un Manifeste pour la reconnaissanace du béarnais et du gascon paraissait à l’initiative de plusieurs linguistes et historiens ce qui provoqua un contre-manifeste des occitanistes avec une lettre ouverte de Patrick Sauzet. Et sur ce site, le débat est relancé par Le Manifeste gascon du 14 juillet ! Au final, nous avons un débat très riche avec trois texte pour lancer les ASSISES DE LA LANGUE GASCONNE ! On pourrait proposer la ville d’Eauze au coeur de l’Armagnac pour le premier forum au coeur de la Novempopulanie historique, en conviant tous ceux qui sont intéressés par la Renaissance gasconne !

    Pour paraphraser aimé Césaire : Vive la gasconnitude !

    Amistats e toustem en daban !

    jmcasa

    • M. Casamayou

      Notez bien que ce manifeste-ci n’est pas centré sur la langue mais sur l’identité globale de la Gascogne, si l’on peut dire. Il n’est en aucun cas destiné à faire concurrence aux autres manifestes en circulation (dont en effet celui qui se consulte sur le site de l’IBG). Le titre, Manifeste gascon, en avait été choisi avant que ne paraissent les manifestes que vous mentionnez.

      Des assises de la langue gasconne ? Pourquoi pas ? Mais croyez-vous que tous y viendront et renonceront de gaîté de coeur à "leur" système ? Pourtant il y aurait à faire.
      Compte tenu de la situation nous nous en sommes donc tenus au minimum dans les paragraphes qui touchent à "la langue". On pourrait ajouter, ce qui irait dans le sens de votre message : Nous souhaitons des "assises de la langue" pour aboutir à un accord sur les points litigieux. Dans le climat actuel, est-ce possible ?

      De toute façon, si vous voyez un paragraphe à nuancer, à modifier, un ajout nécessaire, etc., n’hésitez pas à proposer !

      amistats

  • Bonjour,

    Je viens de lire attentivement ce manisfeste auquel j’adhère à 99,9%. Je tiens à remercier et à féliciter les auteurs.
    Le seul point sur lequel je suis en désaccord est l’annexion de certaines zones du Pays Basque à la Gascogne. Je préfèrerais dire qu’il existe des zones gasconophones en Pays Basque ou Euskadi, Euskal Herri étant, vous avez raison, une notion purement linguistique dont il faut extraire ces zones gasconophones et toutes les autres zones non bascophones.
    Comme vous le savez, je suis un fervent vasconniste et ai intégré la communauté euskaldun. A partir du mois de septembre, je pars vivre et travailler à Bilbao où j’enseignerai l’Histoire-géographie en français et en basque. Le gascon reste néanmoins ma langue familiale, celle que je continue à parler avec ma fille et avec mes amis gascons, la langue de mes ancêtres, la langue que j’aime, autant que le basque. Si vous le souhaitez, et c’est la condition que je mets à mon adhésion à ce manisfeste, je servirai de lien avec nos frères basques via le groupe navarriste-vasconniste auquel j’appartiens. Il est d’ailleurs prévu que je lise un texte en gascon le 15 août à Orreaga. Vous y êtes les bienvenus.
    Vous connaissez également mes opinions quant à l’occitanisme puisque je les ai livrées en toute transparence pendant des années sur ce site. J’ai essayé de maintenir le dialogue avec le monde occitaniste pendant tout ce temps mais ce n’est aujourd’hui plus possible. Nous ne pouvons que constater les dérives de plus en plus intolérables de cette église dogmatique avec laquelle tout dialogue est devenu impossible. Par conséquent, je ne souhaite plus avoir aucun contact de près, de loin ou même de très loin avec les occitanistes de Gascogne ou d’ailleurs. Je ne souhaite plus débattre ni discuter avec eux car ce n’est qu’une perte de temps et d’énergie. Ils ne changeront jamais d’opinion car, pour la plupart d’entre eux, l’Occitanie n’est qu’un fond de commerce, ou un faire-valoir qu’il ne souhaitent pas abandonner, fond de commerce pourvoyeur de subventions diverses et variées qu’une poignée d’associations et d’artistes officiels du régime se partagent. Je conserve néanmoins toute mon amitié à certains d’entre eux que je connais depuis longtemps et avec lesquels je n’ai pas envie de me fâcher. Je ferai cependant tout mon possible, à mon modeste niveau, pour nuire à l’occitanisme en Gascogne, mouvement qu’il faut éradiquer de toute urgence de notre pays.
    Je ne souhaite pas non plus discuter avec les béarnistes les plus enragés et réactionnaires que je mets au même niveau que les occitanistes et qui méprisent profondément les Gascons, à tel point qu’ils proclament que le béarnais et le gascon sont deux langues différentes.
    Peut-être ce texte pourrait-il être rédigé en gascon, en basque et en castillan, les langues parlées dans notre espace de civilisation vasco-aquitaine ou aquitano-pyrénéenne, comme vous voulez.

    Avec toutes mes amitiés.

    Philippe Lartigue

    • Adiu Halip !
      Mercés plan per la toa apreciacion.
      La condicion qui pausas ende signar lo texte (que serviscas de ligam énter gasconistas e navarro-vasconistas) n’ei pas severa, ce’m pareish !-) Acceptat, deu men costat !
      Versions en basco e en gascon deu manifeste ? E be òc... en gascon, que pareish ua necessitat simbolica.
      En bascon, que pareish utile ende har, justament, lo ligam damb los navarro-vasconistas.
      Jo qie pensi tanben a enregistrar quauques tròç deu texte en gascon "audio".

      Qu’i tornarei, mès pensi tanben (e aquò qu’ei un començament de responsa a las criticas d’Emmanuel Pène) que caleré un texte mei cort, com ua proclamacion en 10 punts, qui hasca referéncia au Manifeste (en francés, "qui s’adosse au Manifèste"), mès sia mei accessible au gran public e tanben aus eslejuts, qui son tant coentats que ne van pas préner lo temps de legir tot lo manisfeste. Totun, que se’n deuré trobar, per exemple dens los maires de petitas comunas, ende signar ua proclamacion gascona !
      Aquesta proclamacion corta que poderé estar, era tanben, en version gascona escrita (e mema en mei d’ua grafia...), en gascon audio, en basco...

    • Merci, Halip, de ton appéciation positive. C’est bien de continuer, sous une autre forme et sous des cieux voisins, à défendre la Gascogne dans sa vérité de peuple si dégradée soit-elle. Ca montre bien que ce n’est pas "une idée de tête" mais autre chose de plus fort. 99 % qu’ei plân !, le 1 % restant, c’est la part du rêve...

      Pour ma part, je crois qu’il ne faut pas enfermer la Gascogne dans l’alternative du "tout-occitan" ou du "tout-anti-Oc", qui en effet risque de nous faire perdre beaucoup de temps, alors que le temps travaille contre nous. En fait, nous n’avons pas à définir la Gascogne en fonction de telle ou telle proposition qui la marginalise, mais nous devons en faire l’objet central de notre action. Nous (re)centrer sur l’essentiel, qui est aussi le plus concret, le plus simple, le plus accessible, le plus vrai, fera sauter pas mal de verrous. Parmis les signataires ou les sympathisants qui se sont manifestés, il y a sûrement des "plutôt occitans" et des "anti-occitans"... Quelle importance sur le fond ? Je n’aime pas trop les étiquettes, je préfère goûter.

      Je repense à la proposition de JM Casmayou sur des "Assises de la langue". Peut-être si les gens avaient l’occasion de se rencontrer, cela lèverait une partie des hypothèques (naïveté ?). Je ne sais pas, mais je sais que cela ne peut pas continuer comme ça, cette disparition d’un peuple (de quelque façon qu’on l’appelle), ce déni d’appartenance, cette organisation du mépris et de l’indifférence, ce repli ou cette dilution selon les cas. Je ne suis pas trop à même de juger les propositions des uns et des autres, j’ai comme tout le monde des idées et des doutes. Mais j’ai la certitude que si rien n’est fait à temps, c’est la fin.

      Alors dans toutes les langues, en basque, en castillan, en français, en gascon de Bordeaux ou de Chalosse, au besoin par des résumés ou des adaptations, que chacun fasse ce qu’il peut (et un peu plus) pour ce qui nous réunit.

      Amitiés

    • Je ne sais pas à titre individuel si je pourrais vivre là-bas. Ce en dépit d’une passion débordante pour ces terres (mais aussi pour l’Espagne, ça, les nationalistes basques ne le comprendraient probablement pas, pourtant, contrairement à la Catalogne, le castillan n’est pas une langue étrangère là-bas, c’est le "patois" roman des lieux, qui se parle dès les Encartaciones depuis des siècles, c’est le gascon de Hegoalde).

      Je ne sais pas si je pourrais y vivre donc, car ce Pays Basque n’est pas tout à fait ce que l’on appelle de nos jours Iparralde. C’est vraiment un dépaysement total, comme une seconde vie en fait. J’aurais du mal à me sentir chez moi pour tout dire ...
      Même les petits bourgs de Biscaye, ce n’est pas la place centrale de Lembeye si ... française.
      On passe trop sous silence l’importance de l’Etat-Nation, combien cette frontière sur les Pyrénées, devenue réalité au XIXème siècle, a été la source d’une divergence profonde.

      Une partie du combat basque est de lutter contre cette frontière, de toute évidence. Mais si nous sommes passionnés par ce combat, il ne faut pas passer sous silence ses échecs : Bilbao et Saint-Sébastien parlent espagnol.
      Au fond, seuls le Guipuzcoa et la Biscaye sont, tout comme ils l’étaient en 1936, à l’avant-garde du combat basque.
      L’Alava est une terre à moitié castillane de la vallée de l’Ebre.
      La Navarre est perdue sentimentalement, sauf dans les vallées vertes et reculées des Pyrénées.

      Et à mon sens, le gouffre entre Hegoalde et Iparralde est désormais immense : il suffit de passer d’Irun à Hendaye pour le constater ... Hendaye, au delà de l’aspect opérette Ramuntcho, c’est la France, surtout dans le mode de vie.

      On en vient à ce que je pense être la principale force d’opposition au vasconnisme "aquitain" : les nationalistes basques. L’occitanisme ne représente plus rien, les patois sont morts, c’est au mieux un vague mouvement culturel qui est surtout fort vers Toulouse, purement dans les apparences d’ailleurs, tant la ville est passée à autre chose (je dirais que sur Toulouse, une personne sur trois a encore un vague accent du SO ; je crois dire que je connais désormais assez bien la ville, mieux même que Bordeaux en fait où j’ai pourtant vécu plus longtemps, j’aurais des pages et des pages à écrire sur cette ville, que je n’aime pas vraiment).

      L’occitanisme est mort, d’ici 20 ans, il n’y aura plus rien, tout aura été relocalisé en Midi-Pyrénées (qui est la seconde menace, on en a longuement parlé ailleurs).
      La première menace, ce sont les nationalistes basques de France. Ils vomissent tout ce qui est gascon. Ils sont les premiers à nier la différence réelle entre Hegoalde et Iparralde, ils vivent au Petit Bayonne comme s’il s’agissait de Bilbao ... Parlent-ils basque ? Ils sont à la ramasse, ne voient pas que la masse des habitants de leur Iparralde fantasmé est encore conservatrice (il y a des évolutions cependant), nient les convergences évidentes avec les pays gascons.
      Quand j’entends les nationalistes basques du 64 s’indigner que la politique économique du département puisse être orientée pour partie vers les relations avec l’Aragon, je rigole, d’une part car ils en profitent bien évidemment (Lacq a financé toutes les routes du département pendant des décennies, le Béarn continue à payer), d’autre part car l’Aragon est très lié à la Navarre, que de manière générale c’est un espace économique à cheval sur les Pyrénées qui est en gestation, et que c’est bien pour leur combat à eux.

      Mais voilà, nos nationalistes basques néo-bayonnais (qui ont pour moitié des patronymes français) ne voient pas plus loin que l’Euskotren. Leur Pays Basque au fond, ce sont les pires clichés des espagnoleries auxquelles on ajoute des x pour faire couleur locale. C’est au mieux la côte du Guipuzcoa, se bourrer la gueule à Saint-Sébastien. Ils ne valent pas mieux que nos militants occitanistes. Leur haine de tout ce qui est gascon est véritablement ridicule : ils envisagent sérieusement Bayonne sans sa périphérie landaise qui a peuplé la ville depuis un millénaire ?

      Dans tous les cas, je suis assez pessimiste. La disparition de l’occitanisme actée (d’autant plus que la Catalogne qui finançait des projets pan-occitans est en pleine crise), il reste deux voies : l’émergence d’un vasconnisme sentimental ou plus prosaïquement, le renouveau d’une identité "Sud-Ouest".
      Je pense que le vasconnisme a trop d’ennemis : les natios basques de France donc, mais surtout la réalité ...
      Nous ne serons jamais le Pays Basque espagnol. Ou alors l’Alava ... C’est à dire rien de très bandant.

      Alors il reste une identité Sud-Ouest un peu sérieuse, Aquitaine + Midi-Pyrénées en somme. C’est le seul projet à terme réaliste.
      La place des Basques de France, ils la décideront eux, depuis Mauléon, les choses sont différentes que depuis Banca (je ne crois pas vraiment dans le concept d’Iparralde : il y a la Soule, le Labourd, et la Basse-Navarre, pays basques).

      Pour le reste, je n’ai jamais masqué être sentimentalement pour une grande Vasconie, mais je suis arrivé à la conclusion que celle-ci ne peut qu’être une source d’inspiration exotique à fin de constitution d’un univers culturel distinct de ce que propose l’occitanisme (Cathares, canal du Midi, Méditerranée), et qu’elle ne sera jamais "nous". C’est trop tard. Tout s’est joué il y a bientôt deux siècles.

      Cependant, si Philippe parvenait à nouer des liens de l’autre côté des Pyrénées, ce serait formidable : nous ne savons pas que les concepts d’aujourd’hui donneront dans 100 ans.

    • Je n’aime pas trop les étiquettes, je préfère goûter.

      Oui, il faut faire goûter la Gascogne, la faire aimer. Faire aimer ses paysages (montagne, océan, landes, côteaux, arribères...), ses bastisses et leur emban abrité du mauvais temps, les sonorités de sa langue qui se trouvent encore dans ses noms de lieu, sa cuisine (confit, pastis, garfou, cruchade...), les moments de convivialité que sont les hestes. Faire rêver, aussi, sur son histoire et son passé, la vie d’autes cops telle qu’elle est décrite par Palay ou Camelat, et suggérer des moyens de renouer actuellement avec elle...
      Et puis s’arranger quand même pour que l’étiquette "Gascogne/Gasconha/Gascougne" reste associée à l’impression agréable...

      Dans l’état d’ignorance où est la population, il est trop tôt pour tenter des démarches auprès des élus.
      Demander une télévision gasconne, une signalétique gasconne généralisée, une région gasconne... ne serait pas compris, et on risque de passer pour des illuminés.

      J’en reviens donc à l’idée sous-jacente à Gasconha.com : faire connaître et aimer l’idée du triangle gascon dans la population, lui gagner des points de notoriété, patiemment !
      Concernant le manifeste, çe me confirme dans l’idée qu’il faut lui adosser un texte très court, percutant, évocateur pour le grand public, parce que c’est ce dernier qu’il faut conquérir d’abord.

      Mise à jour 2021 : j’ai fait en 2017 un projet de manifeste ultra-court en 3x3 points :
      La Gascogne en trois millénaires

    • De façon assez inattendue ces réflexions ne renforcent-elles pas l’idée d’une interaction entre des pays du sud et du nord des Pyrénées ? (en termes d’Etats : entre S-O France et Nord-Espagne ; en termes d’Etats régionaux : entre Euskadi, Navarre, Aragon, "Aquitaine" ?). Si la construction européenne admet des régions transfrontalières, un projet romantique comme Nabarlur prend un nouveau relief. De toute façon, aucun nationalisme ou régionisme ne doit oublier les solidarités à l’échelle du continent.

    • Tot qu’ei dit e plan dit, no vau cap botar uei eth mièu gran de sau, que vos disi eth mièu acòrd, e tanplan per "assisas " en Armanhac,

      pr’amor de tot que’s dsicuta entre monde de bona volontat, e que i a de qué discutar, jà siam cresasque d’acòrd sus eth essenciau.

      A un d’aquesti ! Miquèu Pujòl.

  • Bonjour Vincent et les autres,

    La haine ou plutôt le mépris pour les Gascons, encore plus pour les Béarnais, est surtout le fait de ceux qui portent des lauburus autour du cou, qui affichent des ikurrina au cul de leur voiture, qui vont vomir sur les trottoirs de Bayonne dans une orgie qui n’a plus rien de basque ni de gascon.
    C’est le fait des plus imbéciles, incultes et ignorants.
    Et moins ils en savent et plus ils sont agressifs et arrogants. Ce sont ceux qui se prennent pour d’autres, qui ne savent pas aligner trois mots de basque, tout comme les occitanistes les plus crétins ne savent rien articuler en gascon.
    Ce sont ceux qui n’ont aucune notion de notre Histoire.
    Ce sont ces jeunes surfeurs péroxydés de Biarritz ou d’Hendaye qui se proclament basques, qui se disent "locaux" et qui sont à peine capables de faire la différence entre "egun on" et "arratsalde on".
    Comme tu le dis justement, ils sont plutôt au Nord.
    Il est très facile d’être "64", surtout avec les nouvelles immatriculations, c’est à la portée du premier Parisien venu.
    Etre Euskotar ce n’est pas être Euskaldun. Tout comme être Gascon ce n’est pas seulement le fait de le proclamer. Il faut autre chose, autre chose de plus profond, et je ne parle pas de génétique.

    C’est la raison pour laquelle je me sens mieux au Sud. Les gens y sont plus ouverts, plus sympathiques, plus curieux, même si j’ai de bons amis en Iparralde.
    Et puis ils n’ont aucun a priori imbécile, comme ceux du Nord. En fait ils ne nous connaissent pas et ne demandent qu’à nous découvrir.
    Je serais tenté de dire qu’ils nous trouvent exotiques, oui, des espèces de cousins exotiques. Là-bas je ne suis qu’un gascon euskaldun berri et totalement inconnu.
    Même si mon basque, bien que correct, reste parfois hésitant, je suis toujours le bienvenu, partout où je vais.
    Ils ont beaucoup de respect et de sympathie pour ceux qui ont appris leur langue.
    Tout est à faire, ils ne sont pas contaminés par l’occitanisme, entre autres, et sont à mille lieux de nos querelles incessantes.

    Je viens de donner deux conférences, une le 1er juin à Atarrabia (Villava en castillan, banlieue de Pampelune) et une autre ce mois de juillet à Ziortza-Bolibar (Biscaye, Udako unibertsitate bolibartarra).
    Le sujet, les origines ethnoculturelles de la Gascogne, Histoire, langue, toponymie.
    L’accueil a été très chaleureux à chaque fois, ils sont très intéressés par ces sujets. Et c’est encore mieux perçu quand c’est fait en basque, bien entendu.
    Jamais je ne leur cache la réalité de notre situation catastrophique en Gascogne et je les informe aussi de la réalité de l’occitanisme, qui n’est qu’un jacobinisme méridional.
    Il y a d’ailleurs eu une tentative d’entrisme occitaniste dans notre groupe. Ils n’ont pas été déçus du voyage et n’ont pas essayé à nouveau.
    Je peux même dire qu’ils se sont ridiculisés puisque, quand certains membres leur ont demandé de reconnaître et de garantir la spécificité gasconne, c’est le silence qui a suivi.
    C’est à M. Grosclaude, indirectement, que c’était adressé. Silence radio donc. Ils n’ont plus eu besoin de dessin pour comprendre.

    Pour revenir à la haine, ou plutôt au mépris envers les Gascons en Pays Basque Nord, elle n’est que la conséquence du mépris affiché pendant des décennies par la bourgeoisie bayonnaise envers les Basques de l’intérieur. Juste retour de manivelle.
    Et puis l’attitude des soi-disant gascons de Bayonne n’a vraiment rien arrangé à l’affaire, qui ont fait beaucoup d’anti basque, quasi haineux, et bien peu de pro gascon.
    Une catastrophe pour les relations basco-gasconnes en fait. Ils ont fait beaucoup, beaucoup de mal.
    Et pourtant, où en est le gascon à Bayonne aujourd’hui ? Est-ce la faute des Basques ?
    Alors je crois que nous sommes assez peu crédibles quand nous réclamons cette ville parce que nous n’avons vraiment pas été à la hauteur.
    Et quand je lis, sous la plume de Dominique Sumien, dans Lo Jornalet, que Bayonne c’est l’Occitanie, alors mon sang ne fait qu’un tour. C’est tout simplement pathétique, en dehors de toute réalité, quasiment pathologique.

    Je crois que quand on est soi-même minable, qu’on a échoué, qu’on s’est laissé digérer, on n’est pas très fier de soi et on a tendance à haïr et envier le voisin qui a réussi, qui a résisté, qui a survécu à l’adversité.
    Le Basque, c’est la mauvaise conscience de pas mal de Gascons, de Béarnais et d’Occitan(istes). C’est malheureusement très humain.
    Et quand, par leur mépris affiché, ils nous mettent le nez dans notre caca, je comprends que certains d’entre nous se sentent très mal à l’aise et traduisent cette humiliation par de la haine et de la rancoeur.
    Mais, encore une fois, ne le méritons-nous pas et n’avons-nous pas à nous en prendre qu’à nous-mêmes ?

    Maintenant, je vous le redis, vous êtes véritablement les bienvenus ici. Ils aimeraient vraiment avoir plus de Gascons parmi eux.

    Vincent, j’ai toujours pensé que tu es brillant, que tu dépasses de la tête et des épaules la majorité de tes contradicteurs occitanistes qui, généralement, se ridiculisent quand ils ferraillent contre toi.
    Je pense notamment aux crétins de feu soc-cult-occitan et d’ailleurs.
    Il faut t’éloigner du microcosme régionaliste de France qui est très mortifère et ne génère que de la frustration et de l’amertume, tant il est en situation d’échec.
    Frustration et amertume, colère même que je sens dans chacune de tes lignes.
    Tu es d’une noirceur et d’un pessimisme confondants. Il y a beaucoup de désespoir chez toi.
    Je le sais parce que j’ai connu la même chose.

    En fait, les régionalistes du Sud-Ouest de la France, occitanistes ou autres, passent leur temps à pleurnicher, à blablater, à dénoncer le méchant Etat colonisateur français, à courir la subvention tout en crachant dans la main de ceux qui les nourrissent.
    C’est une drôle de situation que d’être occitaniste, ou même vasconniste, et recevoir son traitement de l’Etat français.
    Vraiment pas confortable sur le plan philosophique, le grand écart absolu et une tension certaine.
    Mais démissionner de l’Education nationale par conviction patriotique, laisser la proie pour l’ombre, je n’en connais pas beaucoup qui ont eu le courage de le faire. Un seul en fait, et ce n’est pas moi.
    Georges Guynemer disait : "Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné". Je comprends et j’approuve mais je n’en ai pas le courage. Notre petite lâcheté, celle qu’il faut gérer au quotidien.

    Les béarnistes dénoncent les gasconnistes, qui en veulent aux occitanistes, qui vomissent les deux autres etc...
    C’est tout bonnement insupportable et c’est la raison pour laquelle je vais de l’autre côté pour respirer un peu et faire des choses enthousiasmantes. Il me reste statistiquement 35 années de vie dont une vingtaine en bonne santé, je vais les utiliser à faire des choses qui me passionnent.
    Je refuse de continuer à me laisser tirer vers le bas par cette atmosphère de fin de monde. La vie est décidément trop courte pour la passer simplement à geindre et à en vouloir à son voisin.
    Et puis le romantisme désespéré et désespérant, je laisse ça au jeune Werther. Autant se tirer tout de suite une balle dans la tête.

    Maintenant Vincent, à Bilbao et à Saint-Sébastien, à Pampelune et à Vitoria, même si le castillan y est éminemment présent et majoritaire, on entend 100 000 fois plus (au moins) parler le basque que le gascon à Bordeaux, Pau, Tarbes, Mont-de-Marsan, Dax, Auch et Bayonne réunies.

    Amitiés vasconnes.

    Philippe Lartigue

    • Petit rappel :

      Vous avez des icônes, dans ce genre de forum géré pas SPIP pour faire des enrichissements graphiques (mise en gras ; italiques).

      Aller à la ligne deux fois permet de passer une ligne, ce qui est nécessaire pour aérer un texte comme celui-ci.

      Je l’ai fait cette fois ci, mais...

    • En effet, geindre et en vouloir au monde entier ne servent de rien. Cela fait partie de la grande misère des régionalismes, etc., surtout depuis une vingtaine d’années, avec le quémandage, l’absence d’initative, les réflexes pavloviens... Involution.
      Essayons par ce manifeste d’échapper aux enfermements habituels, de sortir de la stagnation, de déverrouiller la situation.

      Je vois que l’idée d’une version courte, déjà émise par E. Pène, fait son chemin. Pourquoi pas ? En douze points brefs et percutants ? À suivre.

    • Bonjour Monsieur Momas,

      En fait mon cheminement a pris du temps. Depuis le début des années 1980, où j’étais un jeune occitaniste, jusqu’à aujourd’hui, où je suis très en colère contre ce mouvement. Mais la colère n’est pas un sentiment qu’il faut cultiver donc, j’évite les occitanistes pour me consacrer à autre chose.
      En 1999, j’ai pris la décision de repartir à l’université et de tenter le concours de l’Education nationale, CAPES. Je l’ai obtenu après deux années de travail acharné. Ma carrière a commencé dans des conditions exceptionnelles à Beaumont-de-Lomagne et surtout à Moissac où j’étais en charge de classes bilingues, donc des élèves qui savaient parler, auxquels je dispensais les cours d’occitan et d’Histoire-géo, en occitan bien entendu. Ce fut véritablement passionnant. Un énorme travail, car il fallait créer quasiment tous les documents pédagogiques, mais un travail passionnant.
      Puis j’ai pu revenir dans l’académie de Bordeaux et là, le changement fut radical. La matière était assez mal considérée et certains collègues cachaient à peine leur hostilité ou leur mépris. L’administration ne me soutenait pas vraiment et je sentais bien que la disparition de la discipline arrangerait certains. J’avais de plus en plus de mal à recruter des élèves, mes classes se sont vidées petit à petit et la matière a tout simplement disparu. Je pense ne pas avoir su être assez souple car je ne me suis jamais résolu à faire de ce cours une espèce de club récréatif, machine à distribuer des bonnes notes sans fournir le moindre travail. Or, l’occitan-langue d’oc n’est pas une discipline comme les autres. Il faut être très talentueux et très souple pour obtenir des élèves et savoir les garder de la sixième à la troisième. Je ne le suis pas. J’ai voulu enseigner comme mes collègues des autres disciplines linguistiques, avec des leçons, des apprentissages, du travail personnel et des évaluations comme en anglais, en espagnol ou en allemand. Mais ce n’est pas possible car, quand les mauvaises notes, sanction du non travail, commencent à tomber, alors les enfants, et les parents, décident d’arrêter, de zapper. On ne peut pas enseigner l’occitan comme si c’était une matière normale, ce n’est pas possible et il ne faut surtout pas le faire sans quoi on se retrouve devant des classes vides. J’ai donc manqué de souplesse et d’intelligence car il faut se rendre à la réalité et être pragmatique quand on enseigne le gascon en collège.
      Ensuite, mon anti occitanisme affiché, ici et ailleurs, m’a beaucoup isolé car, dans mon milieu professionnel, la quasi totalité de mes collègues sont justement occitanistes. C’est une situation très inconfortable et qui génère une espèce de solitude de facto assez difficile à gérer. Je n’ai jamais voulu offenser mes collègues, que j’apprécie généralement, mais mes prises de position les ont vraisemblablement blessé, agacé, lassé, choqué. Cependant, je ne peux pas dire ni écrire le contraire de ce que je pense. Le silence me direz-vous. Oui. Mais les non-dits sont générateurs de tensions qui deviennent assez rapidement insoutenables.
      Donc, c’est une grande déception qui a suivi l’enthousiasme des premières années. Un certain découragement même, quand j’ai compris que le gascon et l’occitan n’avaient plus de véritable existence sociale, étaient en dehors de la normalité. Quand j’ai compris que la demande des élèves et des parents était vraiment très faible, voire inexistante. Il faut beaucoup se mentir pour continuer à y croire. Il faut se mentir car sinon c’est la fin de l’illusion.
      L’acquisition du basque et le cheminement vers la Vasconie ont été le moyen de mettre un terme à ces frustrations et à cette déception. Une espèce de thérapie. Aujourd’hui je me sens bien plus en accord avec mes idées et c’est le plus important.

      Avec mes amitiés.

      P.Lartigue

    • Philippe,

      Je comprends tout cela parfaitement. Vivre c’est aussi être déçu, l’important étant d’en tirer les leçons. (Mieux vaut sans doute que ça pète un bon coup, comme l’orage.)

      La difficulté d’enseigner en France une langue dite régionale, ou de fonder une école en langue régionale, tient à l’effacement social de ces langues mais aussi aux conceptions dominantes, au poids de préjugés qui constituent plus que jamais la culture (?) commune. Il y a selon les lieux des degrés dans l’assimilation, la résistance linguistique, la conscience d’appartenance.

      On devrait pouvoir enseigner toute langue avec le même degré d’exigence qu’on le fait avec l’allemand, l’anglais, l’espagnol. La question des exigences disciplinaires, étroitement mêlée à celle des contenus et des objectifs, n’est pas propre aux langues régionales, qui l’éprouvent cependant plus que les autres matières parce qu’elles sont par nature fragiles.

      Or, sans sentiment gascon fort, pas de renaissance linguistique, ni en quantité ni en qualité.

      J’aimerais un jour que nous discutions de ces sujets.

      L’Hispanie est un continent. En un sens, l’idée vasconiste restitue des solidarités très anciennes que les décennies passées avaient masquées.

      Il faudra nous donner des nouvelles.

      Amitiés,

      Ph.

    • Bravò, ’quò’s important de damorar totjorn en acòrd damb sas idèias. Bona continuacion.

    • Bonjour les amis,

      Me voici installé depuis 15 jours, dans un appartement du quartier Zurbaranbarri, au douzième et dernier étage d’un immeuble d’où je vois toute la ville, depuis Begoña jusqu’à Deustu, Guggenheim compris. Mes collègues sont extrêmement sympathiques. J’ai 22 heures de présence au collège dont : 17 devant les élèves, 3 de garde, 1 de réunion de séminaire et 1 consacrée aux parents. Mais il y a tout le travail de préparation qui est énorme. Heureusement il y a un matériel pédagogique abondant. J’ai des élèves de 5e, 3e, 2nde et 1ère, leur équivalent d’ici. Je donne des cours d’Histoire-géo et de français. La langue cible est le français et celle de recours est le basque puisque ce sont des sections trilingues euskara, français et castillan. Je leur ai dit que je ne connaissais pas le castillan et ils s’adressent à moi en euskara, très majoritairement, et en français. Ici, quasiment tous les élèves, sont bascophones (90%) et aussi quasiment tous les profs (95%). La langue de référence est le batu mais beaucoup parlent le biscayen, dur à comprendre quand ils s’y mettent vraiment. Mais ils ont la politesse de revenir au batu. Donc, je ne parle quasiment qu’en basque à longueur de journée. C’est fatiguant mais toute la théorie bûchée pendant 4 années se met en place. Je commence à comprendre la radio, certains locuteurs en tout cas. Le cerveau est véritablement une merveilleuse machine. J’espère que dans dix mois j’aurai un très bon niveau de langue. J’aimerais le C1 du cadre européen.
      Bref, c’est un autre monde qui me fait réellement prendre conscience de notre état de mort clinique. Je reste persuadé que sans la langue, facteur essentiel de l’identité, un peuple disparaît. J’en ai la preuve vivante sous les yeux.
      Par contre, dans les rues de Bilbao, on entend très majoritairement parler le castillan, bien plus qu’à Saint-Sébastien où le basque est omniprésent. Mais dès qu’on quitte la ville vers le nord ou l’est, c’est le basque qui règne en maître quasi absolu, partout. Cependant, à Bilbao, on peut tout de même parler basque dans de nombreux endroits, commerces, administrations, musées...Et puis certains quartiers, vers l’est, on une forte proportion de bascophones. A l’écrit en tout cas, elle est partout, tout est bilingue. Quant aux annonces du métro, ça n’a rien du ridicule et du factice toulousain. Pardon de le dire. Bref, j’ai sous les yeux la mise en application concrète et massive d’une véritable politique linguistique, volontariste et décomplexée. Autre chose inimaginable chez nous, quand on entame la conversation en basque avec un erdaldun, sans le savoir, il s’excuse généralement de ne pas savoir parler l’euskara. Chez nous ce sont les derniers gasconophones qui s’excusent presquent de parler ce vilain patois inutile et méprisable.
      Voilà, je suis arrivé au bout de ma quête et je soigne toutes les frustrations générées par notre situation apocalyptique. Toutes ces tensions, ces chicaillas entre occitanistes, béarnistes, gasconistes, que j’interprète, vues d’ici, comme autant d’aveux d’impuissance. Tous embarqués dans un bateau en train de couler irrémédiablement, et il n’y a même pas d’orchestre pour rendre les derniers instants plus doux. Juste un tintamarre assourdissant de haines cuites et recuites.
      Ici, ma colère s’apaise et je trouve ma place. Ma collègue Helena m’a dit avant hier que je ne devais plus me présenter comme euskaldun berri, que j’étais simplement euskaldun. Je suis heureux et je souhaite à tous les gens que j’apprécie de vivre ce genre d’expérience.

      Philippe Lartigue

    • Ce témoignage met clairement le doigt sur ce qui à mon sens reste le problème clef sur la question de la langue : cette honte de parler la langue de son pays, enfouie dans la population depuis plusieurs générations. On croit souvent à tort le problème résolu. Tant que la population ne sera pas éduquée sur ce point là tout le reste est inutile. Et la tâche est immense...

      @ Philippe : Profite bien de tous ces instants. C’est dur par moments mais c’est toujours excitant de démarrer une nouvelle vie.

    • Bonjour Monsieur Desman,

      Oui, la honte, grand moteur avec la culpabilisation. Démarrer une nouvelle vie est effectivement excitant. Je crois que si la situation des langues d’oc, et autres, en France, n’était pas aussi catastrophique, je ne me serais pas découragé au bout de cinq ou six ans, comme je l’ai fait. En cela je ne peux qu’envier mes collègues qui, contre vents et marées, années après années, occitanistes ou pas, continuent à travailler et à y croire. Je ne suis pas occitaniste, je l’ai suffisamment écrit ici et dit ailleurs depuis longtemps, mais le seul travail utile qui est fait en matière d’enseignement, ce sont bel et bien les occitanistes qui le font, pas les autres. Je suis en très profond désaccord avec eux, avec leur discours sur la langue et l’identité, mais ils bossent. Je le sais. J’ai fait beaucoup d’anti occitanisme certes, mais j’essaie d’argumenter mes positions, toujours, et je reproche à mes contradicteurs de ne jamais répondre aux critiques que par des invectives, du prêt à penser dogmatique ou des paroles excommunicatoires. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai souhaité m’éloigner de tout ça. C’est fatiguant et improductif.
      Les dix mois qui me sont donnés ici, je vais les exploiter au mieux et jouir de chaque instant. Si tout se poursuit comme ça a commencé, alors le retour risque d’être très difficile.

      Amitiés.

      Philippe Lartigue

    • Chers amis,

      Une dernière chose, avant de mettre un point final. Ce n’est pas par mépris que j’ai renoncé à me préoccuper de ma langue bien aimée, le gascon, en dehors d’un cercle privé. Je crois qu’il vaut mieux que je débarrasse le plancher, à la plus grande satisfaction de ceux qui ne m’apprécient pas. Je n’arrive plus à être positif en ce qui concerne son avenir et cela est totalement contre productif. Il vaut mieux laisser ceux qui y croient encore, qu’ils l’appellent patois ou occitan, faire les choses sans être emmerdés par un boulet de mon espèce.
      Putain ! Ca fait adieux au music hall !

  • J adhère complètement. Je reviens des hestes de Dax et je ne retiens qu’ odeurs d urine ,de vomi ,d alcool mais aucun signe de gasconité , le rouge et le blanc d ici se mélange avec ceux des bodega du midi (on rencontre d’ailleurs les mêmes foulards et tee-shirt) en ce moment à ARCACHON. ce sont les fêtes de la mer et foulards jaunes et aucun signe de gasconité non plus Bravo à vous trois pour ce travail et merci ! Amis gascons sortons la Gascogne de sa léthargie

  • Chers amis,

    Je reviens de trois journées formidables passées à Iruinea, Orreaga et Urzainki. Nous étions deux vasconnistes. Cela signifie que les effectifs ont doublé en trois ans !!!
    Mais, blague à part, l’accueil a été extraordinaire et la langue gasconne a résonné en ces lieux et date symboliques, sur les pentes d’Ibañeta. En effet, d’un commun accord, les responsables des groupes basques présents ont accepté la demande qui leur avait été faite, pas par moi évidemment, que le texte lu le fut également en gascon. Je me suis donc acquitté de cette tâche avec émotion, trac et fierté, devant un auditoire de quelques 300 personnes, sous la pluie et dans le vent. Les gens ont été surpris d’entendre cette langue qu’ils ne connaissaient pas et entendaient pour la première fois. Ils ont demandé ce que c’était et Karmele, responsable locale de la manifestation, leur a répondu "Hau, gaskoiera da !" (Ca, c’est du gascon !"). Applaudissements. J’étais très fier pour nous et ai pensé à vous mes amis.
    Ensuite, dîner pantagruélique à Garralda puis nous avons pris la route d’Urzainki, dans la vallée de Roncal, ou nous avons dîné et dormi chez Tomás Urzainqui Mina, l’historien navarrais.
    Nous avons parlé tard dans la nuit et avons évoqué la Navarre, la Gascogne, la Vasconie, l’euskara, le gascon, l’avenir. Nous avons parlé Histoire, politique française et espagnole etc... Nous avons également évoqué, vous vous en doutez, le problème de l’occitanisme. Tomás Urzainqui est parfaitement au fait de la chose et, en tant qu’historien, est révolté par l’imposture occitane en Gascogne. Sans que je le lui ai soufflé le moins du monde, il a qualifié les occitanistes en Gascogne de jacobins, de négationnistes et d’impérialistes et pense que l’occitanisme, chez nous, est un autre puissant facteur dénationalisateur. Donc, ici, tout sera fait pour faire connaître au monde basque, abertzales et autres, le véritable visage de l’occitanisme en Gascogne. Mais nous ne perdrons pas trop de temps avec eux, juste le strict nécessaire, c’est à dire les remettre à leur juste place d’imposteurs.
    Je lui ai fait part de l’existence du manifeste. Ils est très intéressé. Ils sont parfaitement disposés à entrer en contact avec vous, directement ou par mon intermédiaire, et à le diffuser largement par ici, Navarre et Communauté autonome basque. Je vous garantis que ce sera fait si vous donnez le feu vert. La traduction dont je parlais, en euskara, gascon et castillan, me semble plus que jamais nécessaire. Dans les semaines à venir, mon activité à Bilbao va vraiment m’absorber et je n’aurai pas le temps de m’y consacrer. Dites-moi ce que vous en pensez et comment nous pouvons faire.

    Avec mes amitiés.

    Philippe Lartigue

    • Adiu Halip !
      Merci pour ton action de diffusion du Manifeste en Hegoalde.
      Je pense aussi que nous devons cultiver nos relations du côté vascon. C’est cohérent avec le texte et l’esprit du Manifeste.
      Les trois auteurs du Manifeste sont d’accord pour en écrire une version courte et percutante, plus populaire et médiatique.
      Peut-être en neuf couplets comme les cançons de nau !-)
      Pour économiser notre travail, les traductions pourraient peut-être porter d’abord sur cette version courte qui sera prête, je l’espère, dans le courant de l’automne.
      Sias hardit, eta ongi izan Bilbon !

  • Adishatz,

    Jo que serí prèst per apitar quauquarré entà dehèner aqueth manifèste. Que’n demòri pas qu’un aperet sus internet. Aquiths occitanistes que’s hèn les soas academias autoproclamadas, hèm-ne autant nosatis entà le Gasconha e lo gascon ! Jo, que sui partant au mensh !
    Osca totun per aqueth manifèste, e’m pensi qu’es atau que haràm quauquarré.

  • Génération finale, j’entend ma langue mais ne la parle pas. Mes parents et grands parents pensaient plus que cela était une langue " on ne parle pas en patois et on ne crache pas par-terre".Je me reconnais dans votre manifeste, dans ma vision douy pays.
    Merci

  • Je suis très déçu car ce manifeste Gascon qui pourrait être fédérateur n’est en fait une fois de plus qu’un vibrant reclam anti occitaniste primaire et je tiens a dire a Mr Lartigue que l’on doit sûrement pas fréquenter les mêmes Basques en effet dans le milieu culturel Basque en général, l’occitanie comme le breton comme le corse sont intégrés sans soucis aucun...
    Bref je tiens à signaler que les méchants colonisateurs jacobins occitans dont je fait partie( 1 au m2 en Béarn) ont un peu fait le boulot que vous voulez faire en appellent ça défense de la Gascogne, certes très louable comme idée mais en êtes en retard d’une guerre comme chez nous en Béarn avec les vieux fossiles de l’IBG ou Biarn toustem qui se réveillent une fois que le boulot a était fait et ce depuis trente par ces "saloperies" d’occitanistes.....
    Je résume brièvement création de la mise en place de l’enseignement en immersion et écoles publiques de notre langue que l’onl’appelle occitan gascon ou gascon peut importe des mots...
    En plus dans le respect des parlés locaux malgré toutes les conneries racontées sur ce site..
    Collectage depuis 40 ans des chants , musiques, danses en Béarn, Landes, Gers, hautes pyrénées...puis enseignements de ce patrimoine par des associations dites occitanes et oui ce putain de mot vous fait mal mais ils étaient ou les grands gascons qui insulte et veulent bouter l’occitan hors du territoire....Y compris le grand Lartigue acquis à la cause basque c’est très bien par contre ces insultes à l’encontre des occitans il peut se les garder il est quoi...
    Je ne l’ai jamais vu sur le terrain pur transmettre et bosser, oui il a fréquenté Per noste et des gens qui à l’époque ont essayés de le rendre intelligent comme M.Grosclaude, Gilabert Narioo...mais cela n’a pas marché..
    Malheureusement une fois de plus vous vous trompez d’ennemis..tant pis.
    Par contre j’attends avec hâte la mise en place de votre projet...vous aurez je pense besoin malgré tout de quelques saloperies d’occitanistes pour l’enseignement traditionnel de la musique, chants, danses, j’en suit persuadé sinon votre projet restera un beau projet c’est tout...
    amistat

    • Je vois, Miqueu, que tu réponds ici à d’autres messages qui ne t’ont pas plu. On en a vu d’autres sur ce site ! Il était sans doute inévitable que la parution de la version non définitive de ce manifeste donne lieu à des commentaires sans rapport immédiat avec son contenu. Fallait-il pour autant bloquer dès le début des réactions générales ou plus personnelles ? Ca n’aurait pas été bien vécu, et on peut bien admettre un peu de vivacité. Ces commentaires, évidemment, ne font pas partie du manifeste, bien que les plus positifs d’entre eux contribuent à l’enrichir. Si nous recevions demain un texte argumenté "anti-langues régionales", je pense, sans m’avancer trop, que Le Webmestre le publierait, parce que la confrontation est nécessaire (elle peut quand même se passer du terme d’"ennemis" et autres noms d’oiseaux).

      Mais, amis lecteurs, ne mélangez pas tout, ou alors il faudra que Tederic ouvre une rubrique spéciale "pelejas" qui reprendra sans fin les mêmes invectives, à défaut d’analyse parfois.

      Il faut donc recadrer, revenir au sujet qui justifie cette page spéciale. L’essentiel, ici et maintenant, est d’envisager les rectifications ponctuelles et précises que nécessite sans doute ce manifeste.
      Le mode d’emploi est simple : on vise le paragraphe qu’on juge insuffisant, ou mauvais, etc., on le signale , on propose des amendements , en se servant du système indiqué.

      Ce manifeste n’est pas un projet politique, scolaire, etc., mais un appel à projets, et qui n’exige pas un total accord des signataires, seulement la reconnaissance et le partage d’un certain nombre de points précis. Il s’adresse à tous ceux qui ont une conscience gasconne. Car ce qui est au centre, c’est effectivement la Gascogne. L’Occitanie n’est pas son objet, (bien que certains des signataires admettent parfaitement l’idée d’un gascon dialecte de l’occitan, d’autres non). Il n’est pas tourné "contre", même s’il pose des limites. Ce texte ne s’inscrit pas dans la dialectique Occitanie - anti-Occitanie qui n’est pas au centre de ses préoccupations. Cette attitude peut déconcerter.

      amistats

    • Tu n’as probablement pas lu correctement ledit manifeste : il ne parle qu’à la marge de langue. Ce manifeste parle d’économie, de culture, de social, d’aménagement du territoire, ... Un peu de langue. C’est dingue que les occitanistes dont tu es ne puissent pas voir le fait régional autrement que par le contingent de néo-locuteurs. Il y a autre chose que la langue dans la vie.

    • Je suis d’accord avec Miquèu sur le fait que les occitanistes ont quand même le mérite d’être actifs.

    • Mais la langue est au coeur de l’identité de la Gascogne ! Dans les noms de famille, la toponymie, les accents, les formules et les gasconnismes ! Pourquoi la mettre à la marge ? Pour éviter les polémiques linguistiques ? Les querelles ? Il suffit alors de se contenter de l’Aquitaine ! La langue est constituttive de l’identité de tous les peuples et cultures de la Terre ! Que l’on soit locuteur ancien ou nouveau ! Le problème est peut-être le nom qu’on lui donne, même si certains déclarent que peu importe le nom pourvu qu’on ait l’ivresse ! Mais la dernière publicité que j’ai vu sur la Gascogne a évoqué : Les Côtes de Gascogne ! Là , j’ai l’ivresse !

    • Pas question en effet de nier l’apport de ceux qui ont fait et font quelque chose, et d’aucun côté que ce soit ; ni la place de la langue ("critère synthétique de l’ethnicité", disait Fontan, même si la langue n’est pas tout). Vaste débat (intarissable) mais qui n’est pas directement l’objet de cette page (cf. mode d’emploi...).

  • Etant un des trois auteurs de cette version "zero" du manifeste (pas l’auteur initial d’ailleurs,mais le premier à y avoir réagi en proposant ajouts et modifications),je tiens à témoigner que jamais aucun de nous trois n’a eu l’intention d’en faire un "vibrant reclam - je suppose que c’est sans doute plutôt le mot " brûlot" que Miquèu avait en tête- anti-occitaniste".Aucun de nous trois n’a de comptes à régler de ce côté là et nous avons fait de notre mieux pour éviter que notre texte puisse être utilisé contre quelque acteur de la gasconnité que ce soit puisque nous avions implicitement décidé de les respecter tous,à proportion de ce qu’ils apportaient.
    Je pense en effet que derrière ce texte,Miquèu aura vu un "métatexte" qui n’existe ni dans les faits ni dans les intentions.Et puis,bon,l’occitanisme n’est pas ,après tout,le centre du monde au point que toute initiative doive être supposée avoir comme finalité un positionnement à son égard !

  • Je renchéris sur certains commentaires précédents : il faut un document synthétique (une page A4 maximum) pour le grand public. Seules les personnes ayant déjà un intérêt particulier pour la langue, la culture ou tout autre aspect de la gasconnité auront la patience de lire le manifeste dans sa version actuelle.

  • Adishatz,

    je salue vivement l’initiative, nous qui devons, en Béarn, si on caricature les choses : être un ’vendu’ d’occitaniste (qui peut ressembler à un pot-pourri des cultures d’òc) ou un "pur et dur" béarnais (quitte à parfois dire des contre-vérités comme quoi le béarnais ne serait pas du gascon, mais aussi à être condamné à mourir dans son coin). Vous l’aurez deviné, ni l’un ni l’autre ne me convient.

    J’estime qu’au niveau de la communication, le (médiatique) terme occitan a fait son possible pour mettre en valeur les langues et cultures d’òc. A présent, il est temps de se démarquer de l’Occitanie, sans pour autant nier son apport... En effet, j’écrit en graphie classique, et nom pas celle du félibrisme, que je trouve certes plus simple, mais calquée sur la phonétique française, donc sur une autre langue. Toutefois, je suis admiratif du travail de nos Simin Palay ou Michel Camelat, qui forment une base solide dont il faut se servir. Par ailleurs, le terme vascon est à mettre en avant pour se rapprocher de nos chers "frère-ennemis" basques.
    Totun, tot çò que disi aci, qu’ei dejà escribut suu manifesta...

    Pour résumer, afin de faire un lien avec les languedociens, les provençaux, entre autres, je préfère dire que je parle l’une des langues d’òc : lo gascon, diu vivant !

    Hètz beròi, los de gasconha.com ;)

  • adichats broy monde,

    Une fois de plus, merci pour ce manifeste qui dit ce que nous sommes.
    (ça me fait toujours penser à la chanson de Paco Ibanez "porque a penas si nos dejan decir qué somos quièn somos...estamos tocando el fondo..." les aficionados reconnaîtront).
    Merci donc au "think tank" pour la synthèse, même si pour moi une renaissance identitaire gasconne est indissociable d’un projet politique au sens large. De la même façon que la religion sert d’affirmation à d’autres populations exilées de l’intérieur, la conscience gasconne pourrait être la ré appropriation de soi qui autorise à inventer un autre avenir, ici et avec les autres.
    Mais restons sur ce qui nous réunit...
    Anem de cap au Manifeste.

    Didier L.

    • Merci de votre soutien. En rappelant des notions et des réalités, et quelques principes, qui devraient être perçus et compris par la société gasconne tout entière (même, oserais-je dire, par ses détracteurs !), nous tentons de retrouver les fondations solides de la maison gasconne (ça va bien avec tocar el fondo), de formuler... Après, aux Signataires de faire connaître le texte, de le diffuser, de jouer comme ils l’entendront...
      Que ce soit pour chacun l’occasion de discuter avec le voisin gascon autour d’idées fédératrices.
      Siam hardits !

      Des versions courtes de ce manifeste ont été demandées, elles sont en cours.

      Amistats deu... sinc-tanque !

    • o, de miélher : lo tin-qu’estanca !

  • Content d’arrecéber lo ton sosten, Didier !

    Très jeune, j’ai connu et adoré les chansons de Paco Ibanez
    , "Ay de mi Alhama" par exemple. Et aussi une chanson à la gloire des "andaluces de Jaén, aceituneros altivos" que j’ai entendue sur un juke-box de bar, peut-être à Cordoue, en 77, lors de la libération du franquisme, ce qui montrait qu’il avait réussi à toucher le peuple.
    Je l’ai connu par ma soeur qui étudiait l’espagnol au début des années 70, et aussi par ma prof d’espagnol.
    Ce que peut-être beaucoup de ses admirateurs ignorent, c’est qu’il a passé une partie de sa jeunesse en Pays basque profond, campagnard et bascophone, celui des "baserritarrak" si je ne fais pas d’erreur.
    Il est donc lui-même bascophone, et je pense qu’on peut le qualifier d’abertzale.
    Je le sais depuis l’écoute d’une émission de France Culture qui lui était consacrée. Il racontait d’ailleurs une anecdote qui se passait dans le Pays basque d’aujourd’hui, peut-être à Donostia, je ne sais plus. Il venait d’acheter quelque chose dans une boutique et dit tout naturellement "zenbait ?" (combien ?). La commerçante se met en colère, ne supportant pas qu’on lui parle basque...

    Auta causa :
    Tu écris : « une renaissance identitaire gasconne est indissociable d’un projet politique au sens large. De la même façon que la religion sert d’affirmation à d’autres populations exilées de l’intérieur, la conscience gasconne pourrait être la ré appropriation de soi qui autorise à inventer un autre avenir, ici et avec les autres.
    Mais restons sur ce qui nous réunit... »

    D’abord, tu fais bien d’être prudent, sur ta dernière phrase : à partir du moment où on rattache un projet d’affirmation gasconne à "un projet politique au sens large", chacun va avoir le sien, et on va se diviser.
    Mès totun... le morceau de phrase que j’ai mis en gras, je le partage. Si on a la force de récupérer et de valoriser notre héritage gascon, dont nos grands maîtres français nous ont dit implicitement qu’il ne valait pas grand chose, on aura la force de lancer ensemble d’autres projets, donc de faire notre politique à nous, et aussi notre économie, etc. Au moment où les gens ne croient guère en la politique et désespèrent sur l’économie, c’est important, et nous avons une fenêtre de tir. C’est dans cet esprit là que j’ai mis en brève sur Gasconha.com « Six producteurs de pommes s’unissent sous le label "Vasconia" »
    [2011] Six producteurs de pommes s’unissent sous le label "Vasconia"

    A un aute cop !

  • Adixatz

    Je suis béarnaise et je me sens gasconne. J’adhère à vos propositions.
    La solution n’est elle pas de créer un parti régionaliste ? Il y aurait forcément une plus grande écoute, une représentativité accrue...et des moyens.

    • En soi cette idée n’aurait rien d’inconcevable mais dans l’état actuel de la société gasconne et du paysage politique, ce serait un sûr moyen de se marginaliser.
      Au contraire le pari à tenir est d’insuffler les préoccupations gasconnes, rendre évidente la gasconnité de beaucoup de questions sociales auprès de l’ensemble de la société et si possible, de l’ensemble des forces politiques existant en Gascogne.

      Quant aux moyens, créer un parti politique n’est pas en soi une façon de les attirer : les subventions publiques sont proportionnelles au nombre d’élus, c’est donc un serpent qui se mort la queue !

    • Certes mais j’ai remarqué qu’un parti a une assise plus confortable auprès des médias que des associations. Je reste persuadée que quelques personnes suffisent à rendre visible une idée politique. Je comprends tout à fait la difficulté que cela peut représenter car nous avons tous et toutes des opinions différentes mais se retrouver autour d’une idée commune : l’avenir de la Gascogne" est quelque chose de possible. Peu importe que ce parti tienne ou pas la route, l’important est la visibilité.
      La Gascogne brille par son absence...et je crains que cela ne lui soit fatal.

      Je me disais aussi que tous les gascons auraient besoin de se retrouver autour d’une chanson que cela soit pour les fêtes, le sport, les animations...et un drapeau commun ( euh je sais pour le drapeau avec dame Brassempouy) mais cela fait très landais. Je suis béarnaise lol.

      Voilà...ah oui...J’ai découvert votre site, il y a peu de temps alors si j’ignore plein de choses, veuillez-m’en excuser.

    • Je pense qu’il vaudrait mieux "infiltrer" les partis, tout du moins ceux dont le logiciel idéologique est compatible avec une réfutation partielle du jacobinisme français. De la même manière, je pense qu’il vaut mieux changer l’occitanisme institutionnel que le concurrencer.

      De toute façon, tout cela n’aura de sens que si émergent localement des individualités qui portent un tel projet. Il faut des têtes d’affiche.

    • Quiò, Vincent ! Aquò qu’ei lo tèrme qui pensi tanben desempuix quauques mes : infiltrar, en·hicar l’occitanisme.

      Que soi lhèu hèra optimiste, tròp joen entà pensar-i... Mes que vedi meilèu los occitanismes, pr’amor ne son pas tots parièrs, virar de cap au Gasconisme. Dab la letra màger.
      E qu’espèri que soi pas lo sol holet ad ac créder...

      Lo monde que ’s cercan cada còp mei ua identitat, e la Gasconha que ’n a ua vertadèra a perpausar.

  • Personnellement je n’ai rien contre les occitans. Ils font un travail formidable. Ils ont ouvert la voie au régionalisme du" sud". J’emploie sciemment ce mot. Peu importe que la Gascogne soit une soeur, une cousine proche ou éloignée ou juste une voisine de l’Occitanie. Cela ne fera pas avancer le schmilblick.
    Si la Gascogne veut garder ou retrouver ou créer une spécificité propre, il faudra passer par des actions du style :
     un regionalisme politique indépendant des partis actuels. je ne crois pas qu’être de gauche ou de droite fait de vous un meilleur gascon. Le but ne doit pas être d’accéder à des fonctions mais de faire parler de notre région à tous les niveaux(local, régional, national). Les alliances politiques amènent irrémédiablement à la disparition du but recherché.
     une diffusion d’une culture basique commune. Je fais partie des 90% des gens qui aiment vibrer en écoutant un chant rassembleur( s’il est beau et festif, c’est génial). Certains diront que c’est artificiel, commercial et éloigné d’une tradition ancestrale et bien...tant mieux ! La culture doit évoluer et être accessible au plus grand nombre. J’aimerais trouver facilement dans les commerces des autocollants régionalistes( du style vive la Gascogne ! ici nous parlons gascon à la manière des béarnais ! Un drapeau gascon etc... ). Il y a sûrement des dizaines d’autres idées populaires.
    Bien entendu, tout cela demande des personnes motivées qui seront au fur et à mesure réduites à peau de chagrin mais c’est partout pareil...
    Bon voilà, une motivée va se coucher.
    cordialement

    • Oui, mais l’affirmation de l’identité gasconne passe à mon avis par son détachement de l’occitanie.

    • Les auteurs du manifeste ont pris leurs distances avec l’occitanisme , en particulier tel qu’il est vécu actuellement et depuis un certain temps maintenant.Mais ils n’ont pas voulu fonder leur démarche sur des exclusions,des ruptures sans appel ;au contraire sur du positif.Ils tendent la main à ceux qui veuent aider la Gascogne à être et acceptent la collaboration de tous,quels que soient les horizons dont ils viennent,l’occitanisme y compris.

  • Mes, ad enlà de tot aquò, parligòis e tot, on es aqueth manifèste ? En quauques tiradeirs ?

  • Un an arron, èi quasi fenida la version menx longa deu manifèste ? En francés ta començar ?
    Atau, que la poderetz publicar sus la patge d’arcuelh deu siti.

    Qu’avèm tostemps avut un problèma de comunicacion, l’òra ei vienguda d’amuixar qu’èm vaduts comunicants. E puix que, txic a txic, los departaments e las regions que ’ns glapan...

    " En daban ! "

  • Adiu lou Trufandèc !
    Qu’as rason de t’impacientar !
    Normalament, lo manifeste cort (o brac ?) que deuré estar escrit, en linha e tot aquò.

    Jo qu’èi devut arrestar d’i trabalhar per rasons personaus :
    Dempui un an, e enqüera mei dempui lo printemps 2013, que’m tròbi dens un arremolin maishant (tourbillon ?) qui limita drasticament la mia disponibilitat en temps e energia.

    Qu’èi devut causir : que balhi la prioritat a la perenitat deu sit Gasconha.com, dont saji d’organizar l’administracion colectiva. Qu’èi avançat hòrt sus l’organizacion informatica deu sit, entà perméter aquesta administracion colectiva.
    Adara que i a los utis, e medish si son pas perfèits, que va càlher ua equipa qui hasca l’esfòrç de los utilizar !

    Benlèu que los dus autes "mosquetaires" deu manifeste (a qui demandi perdon) e van acabar lo manifeste cort.
    Normalament, l’indisponibilitat de l’un ne deuré pas empachar l’accion colectiva, mès justament, n’èm pas enqüera un "colectiu" eficaç.
    Mès que i arriberam !

  • I a pas nat xepic, cadun qu’a la soa vita a costat de la Gasconha, urosament ;)
    E solide qu’ès pas solet entà acabar aqueste xantièr ! Units que cau estar.

  • En ce début 2014, nous avons tenté de prendre en compte les commentaires faits sur la version 0 du Manifeste.
    Merci à tous.
    Les paragraphes ont été renumérotés.
    Nous travaillons parallèlement à la version courte...
    Siam hardits !

  • E après, çò que haratz (o haram, percè que m’i vui plan hicar dehen) de tot aquò ? Çò qu’es previst ? Belèu, despassar lo cadre virtau per dar plaça en ua ssociacion o atau ? Quauquarré qui puiré har un contra-pes enter l’occitanisme estrem (a le Jornalet, o atau) e lo gasconisme estrem (a l’IBG) ? Hmm ?

  • E çò que’n haratz après ( o haram, que m’i vui plan hicar dehen) ? Belèu, salhir deu cadre virtuau entà crear quauquarré de mè pesant ? Que’m pensi, de tota mòda, que’ns cau despassar aquera copadura "occitan/gascon". Pas denegar le realitat occitana, mes amuishar e har conéisher qu’èm purmèrs gascons, e occitans, s’at vòlen lo monde, après.

  • Aunestament, en bèth tornans legir aqueth manifèste, que sui charmat ! Qu’es hòrt bon. Que cau har quauquarré de concret, miladiu !!!!!!!!!!

  • Que sui ad ua dab tot aquò. Mes, çò que n’es hèit, uei lo jorn ?

  • Je relis ce que j’ai écrit il y a 4 ans. Le grand révolutionnaire vascon (de mes noix) !
    Où l’enthousiasme devient grandiloquent et parfois même ridicule. Quelle emphase imbécile.
    J’ai tout de même honte, a posteriori, d’avoir osé afficher tant de bêtise. Je ne renie pas le fond du discours mais j’aurais mieux fait de me taire et rester modeste et silencieux.
    Je présente mes plates excuses pour ce verbiage vaniteux de l’année 2012.

  • Ce qu’ a écrit Philippe Lartigue hier m’ incité à relire l’ensemble des contributions depuis 5 ans .D’ou quelques réflexions :
     d’abord,sur sa honte rétrospective.
    De l’emphase un peu excessive en ce temps là,un enthousiasme un peu trop juvénile,peut-être et les exclusives qui lui sont ou étaient habituelles, certes.Mais aussi un récit honnête d’une vie professionnelle et au delà consacrée à la gasconité,des remarques que j’avais un peu zappées sur la difficulté d’enseigner occitan et gascon de façon professionnelle ,donc exigente quand la motivation des élèves et parents étaient/sont "de glaner quelques points au bac".Et bien sûr la conscience de ce que "estamos tocando el fondo,estamos tocando el fondo". Alors il est peut-être utile de citer ce que lui répondait PJM avec raison en 2012 aussi :" vivre c’est aussi être déçu, l’important étant d’en tirer les leçons. (Mieux vaut sans doute que ça pète un bon coup, comme l’orage.)".Et nous ne sommes jamais tant déçus que de nous mêmes,tous autant que nous sommes !
     sur notre difficulté à avancer :
    Nous avons tous nos vies à gérer ,nos autres engagements,la difficulté à faire émerger parmi nos priorités ce qui semble passer totalement au dessus de la tête de l’immense majorité de nos compatriotes gascons (et a fortiori non gascons pour ceux d’entre nous qui vivent loin de la Gascogne).L’impression de faire du sur-place est pénible (je la ressens dans un projet personnel touchant aussi la Gascogne d’ailleurs ).Mais il faut se secouer ,ne pas se laisser envahir par l’a-quoi-bonisme tentateur.
    En particulier,dans l’esprit des voeux de Vincent l’autre jour,j’aimerais que nous réveillions les chantiers suivants,à notre portée :
    - une version courte du manifeste,toujours pas sortie,
     sa diffusion (par ReGasPro évidemment),
     la carte des pays gascons,bien avancée déjà,appuyée sur le travail abouti (mais dont la diffusion est à accélérer) des armes synthétiques des Pays gascons.

    Je pense n’être pas démesurément ambitieux en nous proposant ce programme pour 2017 , que soheti urosa a tots ,un chic de bonur n’es pas de desdenhar !

  • Adixat,
    est-ce que ce projet est abandonné ?

  • Adishatz Lou Boy !
    Mon avis : ce manifeste de 2012 a eu un succès d’estime. C’est un texte de référence qui reste valable.
    Maintenant, il faut faire plus court et percutant.
    C’est pour ça que j’ai proposé La Gascogne en trois millénaires. Projet de manifeste ultra-court en 9 points (3x3).

    La Gascogne en trois millénaires

  • La carte des pays gascons : elle semble partiellement achevée (Gironde, Gascogne de l’Ouest), mais bloquée pour certains territoires. L’avancée dépend des contributeurs.

    Le Manifeste : Maintenant qu’il est fait, il peut être repris, recopié, envoyé par bribes ou en entier aux journaux (le courrier des lecteurs est encore un très bon moyen de faire passer des idées : à partir d’un certain nombre de lettres, c’est répercuté).
    Sa diffusion ne dépend plus du site, mais de la responsabilité de ceux qui le trouvent convenable.
    Bien sûr, si personne ne suit, il restera lettre morte.

    Exactement comme les deux drapeaux, les armoiries synthétiques et la croix Gascogne, élaborés non sans mal mais qui permettent d’y voir clair.
    A chacun de faire dans sa sphère l’effort nécessaire.
    Sinon, il n’y aura rien.

  • Gasconha.com a avancé sur la cartographie grâce à un greffon (ou "plugin") ad hoc.
    Une bonne partie des communes de Gascogne sont maintenant des punts comunaus pourvus de coordonnées latitude-longitude. Il faut bien passer par là pour faire des cartes...

    Ensuite, en jouant avec les mots clés étiquetant directement ces punts, ou étiquetant des contenus qui sont eux-mêmes rattachés à ces punts, on peut afficher des cartes thématiques clicables.
    C’est un travail de longue haleine, il faut explorer les possibilités, et les collaborations bénévoles sont bienvenues.
    Le greffon cartographique permet aussi de superposer des fichiers .kml, .json, .gpx... qui dessinent des contours, tracent des limites... Si jamais vous avez ce genre de fichier sur un thème gascon, on peut voir comment l’intégrer à une carte du site.

    Il faut aussi penser qu’une carte qui veut afficher la diffusion d’un caractère doit se fonder sur un recensement exhaustif de ce caractère. Par exemple, si on veut faire une carte des églises avec clocher-mur qui donne vraiment une idée de leur fréquence géographique, il faut avoir recensé toutes ces églises, puis les avoir associées à des punts. C’est énorme et inatteignable même à moyen terme.
    Pour mieux comprendre la problématique, je vous suggère d’aller voir la page du mot-clé "clocher mur", qui comporte trois cartes.
    Voir aussi les bordes vasconnes...

    Mais on peut avancer sur des cartes moins ambitieuses, qui apportent simplement une nouvelle possibilité de navigation.
    Sur une idée de Vincent P., je suis en train d’alimenter une carte clicable des enregistrements de l’Atlas linguistique de Gascogne.
    Vous pouvez vous y exercer à passer en plein écran, à zoomer, à dézoomer, à cliquer sur les punts pour écouter ou visualiser...

    Les fonds de carte utilisés par le site sont ceux de Google, mais d’autres sont utilisables, par exemple OpenStreetMap, Géoportail... Il suffit de régler les paramètres du greffon.

    Autre travail en cours : l’étiquetage des punts comunaus dans la hiérarchie des pays. En affichant les lòcs du site, vous en verrez quelques effets.
    Mais concernant la Gascogne du sud-est (à partir de l’Armagnac vers Comminges, Couserans, Gascogne toulousaine...), l’étiquetage n’est pas fait, ou il est provisoire et grossier ; il faut tout simplement y travailler.
    Ensuite, il faut savoir saisir la hiérarchie pays dans la souillarde, et il me semble que seuls les admins peuvent le faire.

  • Bonjour,
    Je suis Charentais et j’ai pour objectif de créer un parti politique identitaire Aquitain chargé de promouvoir notre culture (qu’elle soit Landaise, Charentaise, Bordelaise.....ect.. ). Elle aurait pour rôle de défendre nos intérêts face au pouvoir central de Paris. Elle aurait pour vocation de s’intégrer à plusieurs organisations politiques régionales existantes déjà bien structurés et qui s’unissent pour défendre des intérêts de même nature.
    Seriez-vous intéressé par une telle opportunité ?
    Cédric

  • Comme il n’y a pas d’identité aquitaine commune, sinon l’appartenance à une même façade européenne sud atlantique et les échanges entre voisins, l’expression "identité aquitaine" ne me paraît pas pertinente.

    Quand à la politique, la seule qui soit aujourd’hui à la portée du citoyen se déroule dans les conseils municipaux, et encore. Au-dessus, c’est le jeu des réseaux, des combines et des professionnels de la chose. Plus qu’un parti, un groupe de pression unissant activisme et pragmatisme sur des objectifs limités mais précis serait plus utile.

    Il me paraîtrait plus productif de se fonder sur les aires culturelles connues :
    Poitou-Saintonge, Gascogne, Limousin-Périgord, en laissant le Pays Basque de côté et de partir de ce qui existe à la base.
    A cet égard, promouvoir la notion de Hautes Terres d’Oc ou Occitania Nauta me semble pertinent pour recoller le Limousin-et-Périgord et l’Auvergne-et-Velay et relancer l’idée de ce qui aurait dû être une grande région nord-occitane Montanha échappant à Lyon et à Bordeaux.

    D’un point de vue pragmatique, on peut se calquer sur les cadres administratifs actuels (i.e. les nouvelles "régions" "françaises"), tout en sachant que l’une des tâches d’un groupe militant sera de les contester et, si possible, de les détruire.

    Enfin, le thème ou mot d’ordre de l’identité est un peu rebattu et ne doit pas servir de bannière publicitaire en politique comme il sert déjà en marketing commercial. Sa reconnaissance dépendra évidemment du degré de sincérité et d’efficacité des participants. Il faut donc savoir que tout mouvement se réclamant de l’identité de l’Aguiaine ou de la Gascogne heurtera nécessairement les intérêts de l’Etat français et de ses serviteurs. Voyez l’histoire d’Alsace-Moselle.

    Le problème étant qu’en Poitou, en Limousin ou en Gascogne, tout est à reconstruire.

  • Je souscris totalement à la réponse de PJM à Alexandron.
    Le focus "Landais, Charentais, Bordelais" que se fixe ce dernier est concurrent de notre projet gascon. Il va bien dans le sillage de la "Nouvelle-Aquitaine" à la remorque de Bordeaux-Métropole, même si je comprends qu’il n’embrasse pas toute cette méga-région.
    Or, nous, avec le Manifeste gascon, nous ne sommes pas dans ce sillage.

    Sur Gasconha, nous critiquons constamment la prétention de créer de toutes pièces une nouvelle identité sur un espace qui engloberait à la fois des territoires gascons et des territoires saintongeais, poitevins, périgourdins...

    Nous nous situons dans l’histoire longue, et sommes sensibles par exemple à la coupure oc/oïl qui nous vient de la nuit des temps.

    Il y a certes une dynamique métropolitaine, qui joue à Bordeaux comme elle joue à Toulouse de l’autre côté de la Gascogne. Il est compréhensible que des élus bordelais cherchent à renforcer cette dynamique ; s’ils se comportent en néo-girondins qui tiennent la dragée haute à Paris, très bien ! Je ne sais pas si c’est le cas.
    Mais une métropole bordelaise peut être dynamique sans absorber les territoires qui sont 200 km à la ronde ! Ces derniers peuvent s’inscrire dans d’autres dynamiques, dans d’autres ensembles culturels. De notre côté, nous proposons aux territoires gascons historiquement de s’en souvenir et de continuer à s’inscrire dans une Gascogne à revigorer.

  • Vous nous avez abandonné...
    Pourquoi le "district" BAB (Biarritz-Anglet-Bayonne) est-il devenu soudain partie du Pays Basque alors qu’historiquement ces villes se sont toujours opposées aux basques jusque et même les armes à la main ? Tout ce qui se situe au sud de l’Adour a été jeté hors de la Gascogne avec tout le Pays Charnègue (Le ridicule ne tue pas avec Villefranque devenue "Millafranca" et quelques autres transformations de toponymes du même tonneau : Angeluak, Bardoché, Labastida, Bidachen etc..).
    Mais qu’est-ce qui a pris à ces élus incultes et ignares pour accepter cette mutation et laisser une telle occupation passive s’étendre jusqu’à Salis-de-Béarn qui voit son sel commercialisé dans des emballages décorés de la croix basque.
    Quant aux Dacquois, bravo d’avoir adopté l’Agur Jaonak chanté sur son stade lors des rencontres sportives. On n’arrête pas le progrès qui en l’occurrence est une progression qui se traduit par une appropriation ethnique sans équivoque.
    Merci aux Gascons qui dorment sous leur pignada et laissent les ikastolas s’installer au pays des mailhouns sans réagir. Un de ces quatres il se retrouveront eux aussi confrontés aux revendications territoriales de gens bien décidés à s’installer sur leurs "lanes" et les en chasser.
    Cela ne me fait pas particulièrement plaisir de voir les rues et les lieux de Biarritz, ma ville, afficher sur ses panneaux de signalisation, après avoir connu successivement l’allemand puis l’anglo-américain des inscription dans une langue qu’aucun biarrot de souche ne comprend. J’en suis fâché et meurtri.
    Sur ce : Adishats et portetz vos plan.

    [Fil de discussion : BAB (Biarritz-Anglet-Bayonne) partie du Pays Basque ?
    Tederic lou webmèste]

  • Lavetz, en’queth tèms de miaça de l’ensenhament en lo secondari en occitan (e per les lengas regionaus), qu’aurí volut lançar un "grand débat" !! Entà saber çò que pénsam e on vòlem anar. Le mia question que seré donc aquesta : quaus son los dètz punts qu’auretz ad arrecastar (arreprochar) a "l’occitanisme", com es oei lo jorn ? Çò que carré har, segon vosatis, entà bastir un navèth militantisme mèi eficient ?

    Que boti permèr le man a le pasta : que parlarèi deu sol gascon, que serà mèi simple

    Punts negatius :
    1 Une volonté de singer "l’appareil" français : lien d’extrême dépendance avec l’institutionnel
    2 L’idée que la langue ne peut survivre sans argent public
    3 Une professionnalisation quasi complète du militantisme
    4 Le refus d’admettre le caractère dialectal du gascon, ce qui a contribué a perpétuer l’idée de patois (et la honte qui va avec)
    5 Un emploi sectaire de la graphie classique
    6 Le fait culturel totalement laissé de côté
    7 L’idée que la langue de demain serait urbaine : honte du caractère rural
    8 Les anciens totalement laissés de côté dans la transmission
    9 Des universitaires complètement détachés de la réalité du terrain
    10 Une incapacité à imaginer "autre chose", une autre façon de faire que celle qui est dominante, perte de simplicité, d’humanité. Un exemple, Octele et leur Docshow qui est présenté de la même façon qu’à la télé nationale. En tant que locuteurs et acteurs de langues minorisées, est-on obligé de se taper la même superficialité que les médias nationaux ? Visiblement oui, parce qu’il faut faire "comme eux" (e aquí lo Silvan Carrère qu’èra excelent, percè qu’èra simple, autentic)

    Souhaits :
    1 Repenser complètement l’enseignement de la langue : lier le gascon au territoire, à sa culture - que veut-on ?
    2 Ne plus séparer langue et culturel (arts, architecture, cuisine, sports, etc...)
    3 Casser ce rapport maître/métayer avec l’Etat : des prises d’initiative individuelles ou collectives sans attendre ni financement ni rétribution : audiovisuel, littérature, musique...
    4 Se détacher le plus possible des pouvoirs publics
    5 Une grande base de données bénévole sur le web avec des extraits de collectage de partout en Gascogne + des grammaires "dialectales" en ligne
    6 Que les anciens, en chair et en os ou "virtuels" (enregistrements) aient une place centrale dans la langue et dans la culture gasconne
    7 Prendre en compte le caractère dialectalisé de la langue : la langue est liée au territoire.
    8 Ne pas prendre en exemple les langues d’Etat. Imaginer notre propre système
    9 Plus d’apparatchiks de la langue : place aux jeunes, à de nouvelles idées
    10 Renforcer les liens avec le Pays Basque et la Catalogne - ne pas se couper du languedocien pour cela - renforcer l’intercommunalité (cf exposé Vincent Poudampa à Labastide Cézeracq)

  • Pas grand causa a rajotar senó belèu que pòdem reproishar la fèbla exigéncia de qualitat que pèsa sus los ensenhants, çò que hèi una granda eterogeneïtat. Pòden ensenhar l’occitan -tant vau díser un pauc de dança trad, quauques cants, e menhar los eslèves a una manif- shens auger aujut nada formacion en lingüistica, letras, istòria etc. ’maginatz un pauc se los professors de francés èran pescats dens la rua a l’asard simplament perque pàrlan francés.

  • Je suis d’accord avec la plupart des punts negatius et des souhaits de Renaud.
    Les points 1 et 2 sont particulièrement importants pour moi (pour nous...) :
     lier le gascon au territoire, à sa culture
     Ne plus séparer langue et culturel (arts, architecture, cuisine, sports, etc...)
    Ex : la garbure, le pastis bourit, les cantères, les bandas, les courses landaises, la maison vasconne...
    L’usage du gascon (ou au moins de bribes de gascon) n’étant plus guère qu’affectif, il aura lieu s’il symbolise des choses qu’on aime, donc une culture au sens large.
    C’est même une imagerie complète d’un art de vivre gascon qu’il faudrait associer à la langue ; les deux se renforceraient mutuellement, sauf que pour la langue, c’est probablement trop tard pour qu’elle renaisse vraiment. Raison de plus pour englober dans le fait gascon beaucoup plus que la langue !
    Nous discutons ailleurs du fait que les jeunes du BAB, d’origine gasconne, sont séduits par le basque et ignorent le fait gascon... si le gascon n’est que la langue, ça ne changera pas... si le gascon, c’est un art de vivre, et la Gascogne un espace de vie créatif, ça peut les intéresser.

    Le texte du Manifeste au-dessous duquel nous écrivons le dit déjà :
    « B8. Il est nécessaire de lier l’idée gasconne et la langue aux activités gasconnes et en Gascogne [...]
     production agricole (vins, agro-alimentaire, etc.), cuisine ; réalisations de la technique et de l’économie, tant anciennes que modernes (ex : les techniques de la glisse et des sports de mer), expositions, etc… en visant dans tous les cas une nouvelle approche de l’économie respectueuse de l’écologie urbaine et rurale.
     divertissements en Gascogne, sports (rugby), jeux, « courses landaises donc gasconnes », danses, chant, musique... »

    « 4 Se détacher le plus possible des pouvoirs publics »
    Quiò... ne pas tout attendre des pouvoirs publics nationaux (puisque la Gascogne et le gascon, ce n’est pas leur truc)... mais l’appui des pouvoirs publics locaux peut-être précieux !

  • Renaud,
    Bona ideia de lançar aqueth « gran debat ».
    Qu’ac voleri desseparar en duas parts,prumer responer a las tuas remarcas e adarron ajustar las mias :
    1) Tes remarques :
     « Punts negatius » :
    D’accord sans problème sur tes points 1,2,5,6,7,8,9,et 10.
    Je ne suis pas en état de commenter ton point 2 (professionnalisation du militantisme) ; pourrais-tu préciser ta pensée (que je crois un peu entrevoir quand même) ?
    Le point 4 est un problème : « admettre le caractère dialectal du gascon ». Ton propos initial étant « que reprochons -nous à l’occitanisme ? », je comprends mal cette notation : l’occitanisme n’a jamais nié le caractère dialectal du gascon ; c’est plutôt nous, gasconistes, qui le nions (cf mes points personnels ci-dessous). Mais peut-être veux-tu parler du caractère « intra dialectal « du gascon (au sens de langue naturellement éparpillée) ; là aussi, l’occitanisme ne le nie pas au contraire, il se sert même de cette constatation pour promouvoir à terme un occitan standard (étant entendu qu’il y a des nuances à apporter,certains occitanistes et en particulier presque tous les occitanistes gascons, ne souhaitant pas ce remplacement à terme).
    A suivre.

  •  Suite 1 :
    « Tes souhaits » :
    D’accord avec les points 2,3,4,5.
    Les points 1 et 6 (et 7 qui leur est lié »caractère dialectalisé de la langue,liée au territoire ») méritent une réflexion : que veut-on en voulant « lier la langue au territoire » et « donner aux anciens une place centrale » ? Notre débat à tous deux en filligrane est là : faut-il pérenniser exactement et généraliser les manières de parler de personnes âgées, représentant la dernière génération de locuteurs naturels ? Ce qui veut dire :
     accent authentique et quelques formes idiomatiques et syntaxiques proprement gasconnes conservées(pas toutes certainement) qui sont souvent laissées de côté par les pratiques linguistiques « néo » de l’occitanisme - pas toujours vrai en Gascogne, du reste, je subodore que c’est beaucoup plus marqué en pays « ONG » (occitan non gascon,comme dit Jan deu Peiroton)- .
    Mais aussi ce serait lier impérativement la langue à la seule pratique du monde rural (les pratiques de milieux urbains doivent avoir leur place, forcément un peu différentes), accepter comme norme des formes parfois un peu dégénérées, influencées forcément par le français ultra-dominant) mais aussi ne pas revenir sur une parcellisation extrême de la langue (je parle de la langue gasconne, pas d’un occitan « en général » qui ne nous concerne pas directement). Ceci à la réserve près que tu promeus une subdivision du gascon en 4 ou 5 sous-ensemble et non une parcellisation intégrale (patoisante).
    Le point8 est lié à ces considérations : ne pas prendre les langues d’Etat en exemple, imaginer notre propre système » : ça me parait se défendre partiellement mais on n’échappera pas à la réalité des sociétés actuelles, peu fixées aux territoires, quasi-nomades (hélas), etc…qui rendent nécessaire la promotion d’un gascon à peu près commun ; à moins de réserver l’usage de la langue à un hypothétique futur qui verrait le retour à des sociétés très localisées – cf les positions de Didier Tousis dans les « Letras au nin » que j’avais commentées dans un article il y a quelques mois-
    Point 9 « plus d’apparatchiks, place aux jeunes et à de nouvelles idées », bref du « dégagisme » à la mode. OK, encore qu’il faudrait savoir : place centrale aux anciens ou place aux jeunes ? Comment mettre cela en musique ?
    Je ferais mien aussi le point soulevé par Gaby : nécessité de renforcer la compétence linguistique et extra-linguistique des enseignants. Mais encore faudrait-il que les gouvernements successifs (l’actuel et le précédent en particulier) ne rendent pas le recrutement de plus en plus problématique, une autre histoire...

  • Suite 2(et fin):2)mes propres points concernant la question « que reprochons-nous à l’occitanisme ? «  :

    Fondamentalement, le fait de maintenir la fiction d’une langue unique avec toutes les conséquences concrètes qui en découlent ; manuels multi-« dialectaux » simplifiant à l’extrême les différences entre les six « dialectes » d’oc, professeurs (ceux qui nous restent…) balancés n’importe où dans les différentes académies concernés sans considération réelle de leur compétence « dialectale », dictionnaires multi-« dialectes » favorisant (comme les manuels de langue ci-dessus) des formes nécessairement les plus occitano-compatibles, bref maintien d’une perception à mi-chemin entre centralisme aménagé et semi-fédéralisme (selon les différentes sensibilités des « apparatchiks concernés ) au lieu d’une position nettement confédérale de la collaboration et du combat commun en vue de faire respecter les droits des locuteurs de langues d’oc (combat commun indispensable, évidemment malgré ce qu’en pensent certains en Gascogne, ne serait-ce que faute de moyens humains et financiers suffisants, sans compter le faible poids politique des défenseurs chaque « dialecte » isolément).

    Enfin,l’attachement à une entité « Occitanie » factice (d’autant plus que maintenant il s’agit d’une région administrative déterminée, bien qu’on ne l’espère pas pérenne …) au détriment de la promotion d’entités plus réelles encore plus ou moins ressenties comme telles : Gascogne (ou pays gascons), voire Aquitaine (dimension non linguistique mais qui garde du sens), et pour les « ONG », Limousin, Provence,etc… D’où une absence de prise presque totale sur les corps sociaux auxquels l’occitanisme pense s’adresser.

  • Bonjour,

    Je voudrais répondre à l’invitation de Renaud.
    Soyons originaux, commençons au début :

    "Lavetz, en’queth tèms de miaça de l’ensenhament en lo secondari en occitan (e per les lengas regionaus), qu’aurí volut lançar un "grand débat" !! Entà saber çò que pénsam e on vòlem anar. "

    Sans préjuger de l’intention de Renaud je retrouve dans son intro l’ambigüité qui me déconcerte habituellement : parle-t-on de lingüistique et d’enseignement, ou beaucoup plus largement ?
    Pour le coup cette difficulté à cerner le propos est la première (mais pas la plus importante) difficulté que j’éprouve à l’endroit de "l’occitanisme".

  • (Je prends d’abord l’invitation à débattre comme restreinte à la question de l’enseignement de la langue gasconne. N’étant pas spécialiste de ce métier, je préfère témoigner de mon vécu d’apprenant.)

    Écolier entre 1988 et 1996 dans un village ossalois, j’ai toujours eu du "béarnais" à l’école.

    Je me souviens d’au moins deux dames au cours de ces huit ans, une du village, puis une de l’extérieur. Je crois me souvenir d’une légère différence avec la deuxième. De mémoire c’était quelques heures chaque semaine.

    Je me souviens d’un jour où l’on apprenait les couleurs, un autre les animaux, il me reste des comptines dans la tête... vous voyez le genre.

    A côté de ça, sur les huit instituteurs et institutrices que j’ai eu, 7 étaient natifs du coin. Tous avaient au moins des connaissances héritées en patois, voire le parlaient très bien. A ma connaissance aucun n’avait "étudié" le gascon ou l’occitan. En temps normal en classe et avec nous il ne parlaient qu’en français.

    Nous avions toutefois monté sous leur houlette deux voire spectacles, avec pièce de théâtre, chants, danses que l’on donnait en représentation publique lors d’une "Soirée Béarnaise" (surtout pour nos parents et des gens du coin) ou à l’occasion de la Foire (surtout pour nos parents et des touristes).

    Je me souviens qu’une fois j’avais le rôle du "conteur", donc celui qui avait le plus de texte à apprendre. (Tiens ! ça veut dire qu’à cet âge-là je lisais du gascon ! Pas foutu aujourd’hui de me souvenir quelle graphie).

    Je me souviens de la grande exigence du maître sur la prononciation alors. Par exemple je m’en rappelle encore qu’il me fit répéter un verbe à la deuxième personne du pluriel du présent de l’indicatif au moins huit fois jusqu’à obtenir pile le son voulu. (Je ne me souviens plus précisément du verbe mais avec les mots d’aujourd’hui je crois me rappeler que je butais sur l’accent rhyzotonique et sur la voyelle post-tonique, qui en patois chez moi sont importants pour distinguer les temps de conjugaison). Il fallait que ça sonne juste, comme un vieux du coin, car le public était celui-là, à commencer par nos oncles, taties, mamies, voisins etc...

    Après rentré en sixième en 1997, et jusqu’en terminale en 2004, il n’y a plus eu aucun contact scolaire avec le gascon dont je me souvienne. Il y avait une option "occitan" au lycée à Oloron, que je n’ai pas prise.

    Ah par contre au collège un professeur, natif du coin, nous prenait entre midi et deux quelques fois pour apprendre des vieilles chansons du pays. Je m’avise en récapitulant dans ma tête qu’elles étaient beaucoup, voire toutes, en français ! Avait-il fait exprès ? Faudra que je lui demande.

    Bon après-midi.

  • Il y a quelques temps, je plaidais pour une grammaire, une conjugaison et une graphie unique du gascon.
    Aujourd’hui je ne vois pas ce qui pourrait restaurer l’usage au quotidien de la langue gasconne.

    • Moi non plus, je ne le vois pas, et il ne faut pas se fixer cet objectif inatteignable.
      Ce qui est jouable, c’est de préciser et développer un "esprit gascon", une culture gasconne, un bassin de vie gascon, comme on parle déjà de "l’esprit Sud-Ouest" et de la région du "Sud-Ouest", mais en mieux !
      Voyons ce qui fait "l’esprit Sud-Ouest" : les tapas, les bandas, les ferias, le vin, le confit, le foie gras... ça situe nos points forts potentiels : béve, minjà, mouménts de hèste... si déjà on arrivait à ça, peut-être que les jeunes s’intéresseraient à la Gascogne !
      Et peut-être qu’alors ils (certains) auraient envie d’approfondir, y compris d’apprendre quelques bribes de gascon...
      Ensuite (j’acquiesse aux propositions de Renaud), le "conservatoire" de la Gascogne est largement rural, donc notre terrain de prédilection devrait être le monde des campagnes, des bourgs, des petites villes...
      Quauques grans de sau dou gran cousinè Dutournier

      A propos d’esprit "Sud-Ouest", je vous mets ci-contre la vision de Dutournier (Adour, béve é minjà, féria, arènes...) !

  • Bonsoir,

    Je ne sais pas bien définir "l’occitanisme". Je n’ai pas de lien personnel ou familial en adhésion ou en opposition à ce mouvement. Je crois que beaucoup d’autochtones sont dans ce cas, sorti de quelques familles militantes qu’on retrouve dans chaque "parsaa".

    Mais s’il y a une chose que je comprends c’est qu’il est axé sur "l’occitan". Mais c’est quoi l’occitan ?

    Enfant dans les années 80/90 on ne parlait dans ma vallée que de béarnais ou de patois.

    J’ai découvert le mot occitan dans les années 2000. Au lycée il y avait une option "occitan". j’ai demandé à une copine "- c’est quoi ? - Eh be ... du béarnais". Donc d’abord 1) j’ai eu l’impression qu’occitan c’était donc une notion forgé par des universitaires, un mot de langage savant, parce que "patois" ça fait pas sérieux et "béarnais" c’est trop local.

    A partir de 2004 devenant adulte je suis sorti de mes montagnes pour mes études. J’ai découvert Pau alors que se mettait en place le "carnaval biarnès" à pau, que des gens de mon âge faisaient le cursus "occitan" à la fac. J’ai appris qu’il y avait un drapeau, un bar spécial, des attitudes... et 2) j’ai eu l’impression qu’occitan ça voulait dire patois en version club de djeuns .
    Je ne m’y suis pas trop intéressé mais je percevais quand même un net décalage avec mon héritage rural pour parler franc, beaucoup moins "cool". Surtout je comprenais pas l’aspect revendicatif, qui me semblait sortir de nimbes intellectuelles prêtes à penser un peu artificielles comme d’autres étaient altermondialistes en sarouel ou au contraire se la jouaient "junior entrepreneur" en costard. Le genre de bagage sécurisant le pré-adulte qui lui permet d’expliquer aux autres qu’il "sait", qu’il est "conscientisé", et qu’il faut "tout changer".
    Mais qu’il t’expliquait tout ça en français sauf pour reprendre des chansons de Nadau.

  • En 2006 je débarque à Toulouse, changeant pour la première fois de région.

    Un souvenir : premier contact avec du languedocien écrit, dans des panneaux bilingues, des prospectus. Je me revois en train de remuer les lèvres pour essayer de démêler comment pouvait bien sonner ce truc qui me faisait l’effet d’un patois crypté, ou d’un mélange de français et de patois et d’espagnol... drôle de bête. Comme si vous êtes éleveur de cheval et qu’un jour vous croisez un zèbre... c’est tout déconcertant, on sait pas trop quoi en faire.

    Je ne crois pas avoir entendu vraiment parler une seule fois "occitan" ceci dit à Toulouse.

    J’ai essayé d’échanger quelques mots avec des camarades de promo du Tarn, de l’Aveyron mais les mots les plus usuels étaient souvent différents... ça ne donnait pas grand chose. Je me souviens du premier essai : ah tu parles patois ? génial moi aussi ! comment tu dis "brebis" par exemple ? Lui "fède" moi "owlyo"... un blanc. -Du pain ? moi "paa" lui "pwo". bon ça ressemble un peu. -Bonjour, comment ça va ? moi "adiw, kimba ?" lui "bounzour, cossi ba ?". On a vite arrêté les conversations où il faut traduire un mot sur deux !

    Et là je me suis dit 3) "occitan" c’est un mot académique pour regrouper des langues qui se ressemblent, mais qui sont quand même différentes.

  • Comment est on passé du gascon à l’occitan ?

    Je pense au livre de Darrigrand initiation au gascon utilisant la graphie occitane mais vraiment dédié au gascon de Gascogne sans référence (ou bien très peu) à un pan occitan.
    Sur le site de Per Noste figure une croix occitane qui n’a rien à voir avec le Béarn. Et le dictionnaire cite l’occitan avant le gascon : LEXIC OCCITAN (GASCON) → FRANCÉS

    Sur wiki j’ai lu que Robert Darrigrand avait rejoint très tôt l’IEO mais ses premiers livres faisait référence au gascon me semble-t-il.

  • Bonne occasion de rendre hommage à Robert Darrigrand qui nous a quitté il y a une année ou un peu plus.C’est lui qui avait relancé la vie culturelle d’oc en Gironde et à Bordeaux particulièrement à travers les premiers cours d’"occitan" donnés au lycée Montaigne vers 1967/69 par cet agrégé d’espagnol.Avant lui le modeste élan de l’Escole Jaufre Rudel ,crée au sein du Félibrige très tardivement(vers 1950) ,était vraiment retombé.
    Dans les deux cas (Escole Jaufre Rudel et Ostau Occitan créé autour de Darrigrand,Max-Henry Gonthié et quelques autres) la référence occitane semblait aller de soi ,entre autre à cause de ces sacrés troubadours,dont le "Girondin" avant l’heure que fut Jaufre Rudel.Il est clair que ceux-ci n’écrivaient pas en gascon ,donc la référence à l’"occitan" englobait tout ,en contribuant à redonner des lettres de noblesse à une langue ayant perdu tout prestige en Gironde.Mais Robert Darrigrand était un béarnais(protestant orthézien) et il portait bien la fierté béarnaise (sans d’ailleurs trop "la ramener" de ce côté là !).L’ayant un peu cotoyé quand il m’avait aidé à lancer un petit travail universitaire ,je ne me souviens plus s’il parlait plus volontiers de gascon que d’occitan.En tout cas,vous avez raison ,sa méthode était clairement gasconne,pan-gasconne même puisque faisant place à des formes non béarnaises,girondines en particulier.

  • Dans son avant-propos, Darrigrand n’utilise pas le mot occitan, mais seulement gascon, sauf erreur de ma part.
    Mais quand il parle de "variantes sous-dialectales", je comprends qu’il considère le gascon comme un dialecte occitan... tout en le qualifiant par ailleurs de langue !
    Ce livre date de 74.

    En 77 est édité le célèbre Lo gascon lèu e plan de Michel Grosclaude (qui m’a amené au gascon et à la Gascogne).
    p. 10 : "LA LANGUE OCCITANE ET LE DIALECTE GASCON".
    p.2, les autres méthodes d’Omnivox concernant le domaine occitan sont citées ainsi :
     L’Occitan Lèu-Lèu E Plan ([...] l’occitan selon le parler languedocien)
     Lo Gascon Lèu E Plan ([...] l’occitan selon le parler gascon)
     L’Occitan Redde E Ben : Lo Lemosin ([...] l’occitan selon le parler limousin)
    Je remarque qu’il n’y a pas de cohérence dans les titres : chacun des trois suit un modèle différent, alors que les sous-titres suivent un modèle unique, hiérarchique, clairement occitaniste.

    On peut donc percevoir déjà entre ces deux livres une montée en puissance de l’étiquette "occitan" qui se serait confirmée par la suite.
    Dans les années 1990 et 2000, je sentais comme une pression pour ne pas trop employer "gascon" seul.

  • La quatrième de couverture du livre de Darrigrand mentionne "occitan" mais c’est une réédition.

    Un souvenir : il me semble que dans la méthode lo gascon léu et plan, il était écrit qu’il y a avait beaucoup de landaises qui s’appelait Maylis ?

    Le plus récent livre sur le gascon et non sur l’occitan gascon est celui de Lamothe, 365 leçons.
    Toutefois la grammaire et conjugaison sont absentes et les phrases un peu curieuses.

  •  Gerard a évoqué la méthode de Lamothe.
    Le gascon en 365 leçons

     Moi aussi je crois me souvenir que Lo gascon lèu et plan parlait des Maylis landaises, ce qui est une remarque sympathique !

  • A mon avis, la transmission familiale du gascon a disparu en Pays Gascon pour les générations nées après 1945. (Je ne mettrai pas la main au feu pour dire que la situation est identique partout.)
    Récemment j’ai participé à un banquet de classe des 60 ans et parmi les personnes présentes aucune n’échangeaient en gascon.
    Bien sûr il y a encore l’accent et l’utilisation de formules gasconnes mais même parmi ceux et celles qui comprennent un peu le gascon (je n’en fait pas partie) il n’y avait pas d’échanges et je ne sens pas l’envie de s’y remettre...
    En fait il faudrait "déclarer" la langue gasconne grande cause régionale et créer un méthode d’initiation au gascon accessible sur le net.
    Une grammaire et une conjugaison, uniques, les plus gasconnes possibles. Une graphie unique (celle de l’occitan qui a triomphé).
    Une prononciation respectant les variétés sous-dialectales du gascon (ex : gascon noir). Un vocabulaire varié (synonymes) ne me semble pas gênant mais pas souhaitable non plus.
    Mais je ne vois pas qui pourrait lancer ce projet.
    Pas Per noste qui valorise l’occitan gascon, pas l’IBG qui valorise le béarnais et une graphie désuète.
    Quelles autres associations dans le Gers ou Hautes Pyrénées ?
    L’esprit du livre initiation au gascon de Darrigrand me semble excellent car ouvert sur la diversité du gascon. Mais ce n’est pas une méthode.

    La radio basque radiokultura.eus propose des cours de basque en ligne.
    radiopais.fr pourrait peut être s’en inspirer ?

  • =) 63
    Sur radiopais il y a bien des cours de gascon qui renvoient au CFPOC de nouvelle aquitaine.
    Bon, sur la page d’accueil la carte réunit Limousin et 24 33 40 64 et laisse de coté le 32 65. Plus occitan que gascon donc.

  • "32406465" a écrit :

    La radio basque radiokultura.eus propose des cours de basque en ligne.
    radiopais.fr pourrait peut être s’en inspirer ?

    Autant que je sache, les cours de radiokultura sont en basque batua, autrement dit en basque standard. Or l’équivalent n’existe pas et n’est pas près d’exister en gascon. La radio occitaniste Radiopais serait donc bien en peine de proposer des cours comparables. Au risque de se répéter, il serait non seulement illusoire mais chimérique de vouloir ignorer le fait que basque et gascon sont très loin d’être sur le même pied d’égalité sur la reconnaissance en tant que langue comme sur le sentiment d’appartenance des intéressés. Il va falloir en gravir des Everest avant que le gascon ne se hisse un jour à la hauteur de l’euskara, et pour que la Gascogne ait la même résonance dans les esprits que le Pays basque ! A moins de rêver à une Vasconie encore plus improbable que l’Occitanie des occitanistes...

    [Ce gran de sau a engendré un fil de discussion que j’ai replacé sous cet article existant consacré à Radio País.
    Tederic, webmèste]

  • Sur Radio bleue Gascogne à Mont de Marsan tous les jours vers midi il y a une histoire racontée en Gascon et le samedi matin un reportage local traduit en gascon. Ce n’est pas des cours mais c’est un début. il faut quand même saluer cette initiative.
    Il y a un gros retard à rattraper car les gens sont demandeurs.
    il n’y a qu’à voir le succès des cours qui ont lieu sur la zone Landes Gers dans les cafés, salles, chez l’habitant. des petits comités certes mais il faut planter partout des petites graines si l’on veut un jour avoir une récolte.

  • Bonjour Tederic,
    J’espère que vous allez bien après si longtemps. En tout cas, je le souhaite.
    Quelques mots, ce jourd’hui, 26/02/2020, sur l’évolution de la Gascogne et de son manifeste vus à travers le lorgnon du quidam.
    Au commencement de la Gascogne était le Verbe. Quoi de plus classique ?
    Dix ans sont maintenant passés depuis le travail disons-le, captivant du Manifeste. Or il semble clair que ce travail, aussi remarquable que soit son érudition n’ait pas entravé la lente agonie de la Gascogne.
    Il ne reste d’elle aujourd’hui que le Verbe qui a eu et a toujours le mérite de s’y attacher !
    A l’instar de beaucoup d’autres terres, d’autres cultures et d’autres hommes, d’ailleurs !
    C’est bien d’avoir essayé et je rends hommage à tous ceux qui s’y sont attelé par le Verbe, mais il est devenu incontestable que le Verbe n’a pas suffit à sauver le concept gascon.
    Peut-être parce qu’il n’a pas réussi à générer l’action approprié sur le plan économique local, entre autres !
    Merci à vous et à tous, néanmoins de maintenir l’étincelle dans le foyer qui s’éteint
    Avez-vous des nouvelles de Philippe Lartigue ? Je le salue très cordialement
    Amical regard sur vous et sur les collaborateurs de Gasconha.com.

    Philippe Raufaste.

    Voir en ligne : http://refletsdeloups.com

    • Adishatz Mossur Raufaste !
      Je vais bien, et encore mieux quand je reçois un message de fidélité et de persévérance, de clairvoyance aussi.
      Oui, nous sommes ici, avec ce Manifeste, dans le Verbe.
      Le Verbe du Manifeste résultait d’un travail collectif qui avait été commencé avant nous, et continue au fil des ans, continuera même probablement après nous.

      Dix ans sont maintenant passés depuis le travail disons-le, captivant du Manifeste. Or il semble clair que ce travail, aussi remarquable que soit son érudition n’ait pas entravé la lente agonie de la Gascogne.

      L’agonie de la Gascogne dure depuis environ 1000 ans, peut-être depuis 1032 (mais ne rentrons pas dans un débat sur une date précise !).
      Pendant ces 1000 ans où la Gascogne n’était plus une entité politique, elle a résisté par sa langue, parce que le peuple qui la parlait n’allait pas encore à l’école française.
      Ne nous flagellons pas si nous ne savons pas inverser en quelques années, par notre Verbe, ce déclin millénaire !

      mais il est devenu incontestable que le Verbe n’a pas suffit à sauver le concept gascon.

      Verbe et concept gascons, pour moi, c’est très lié !

      Peut-être parce qu’il n’a pas réussi à générer l’action appropriée sur le plan économique local, entre autres !

      Vous touchez un point crucial !
      Nous pourrons nous satisfaire de notre Verbe et de notre concept gascon quand nous en observerons l’effet sur le terrain.
      Nous avons une tâche d’observation à mener pour adapter nos Verbe et concept, et c’est la direction choisie par Région Gascogne Prospective, qui continue le Conservatoire du Patrimoine de Gascogne et ce Manifeste gascon (qui, pour être exact, n’émanait pas du CPG, mais de trois mousquetaires de Gasconha.com).

      Une idée que je lance, que j’ai retenue de nos discussions :
      pour avoir un effet d’entrainement, il faut populariser un goût gascon, un désir de Gascogne qui se traduise dans les choix esthétiques du plus grand nombre, les choix d’habitat, de consommation et de loisirs ; si possible quelque chose de plus profond qu’une mode, parce qu’une mode ne dure pas, et notre truc, c’est la durée ; quelque chose de plus profond aussi que "l’esprit Sud-Ouest" (genre "la Peñà Baionà").

      Merci à vous et à tous, néanmoins de maintenir l’étincelle dans le foyer qui s’éteint

      Ou alors nous maintenons des braises rougeoyantes en attendant l’étincelle providentielle !-)
      Pas de remerciements entre membres de l’équipage "Gascogne/Gasconha" !

  • Bonjour Monsieur Raufaste,

    Je vais très bien et espère que vous aussi. Et oui, l’agonie de notre ex-Gascogne se poursuit inexorablement malgré tous les efforts de quelques passionnés ici et ailleurs, dont votre serviteur qui aura passé (perdu ?) beaucoup de temps, d’énergie, d’enthousiasme et autres pour un ex-peuple qui ne le mérite pas. Quand le grand public, le peuple si vous préférez, ne suit pas, ne veut pas suivre, il n’y a pas grand chose à faire. Pas de sentiment patriotique et encore moins national chez 99% de nos compatriotes ex-Gascons qui sont, me semble-t-il, définitivement devenus des Français du Sud-Ouest et même de la Nouvelle Aquitaine. Seule une minorité groupusculaire s’est élevée contre cette aberration administrativo-technocratique. Pour les autres, l’immense majorité, je paraphraserai Jacques Chirac en disant que ça lui en a touché une sans faire bouger l’autre. Voilà bientôt 40 ans que j’ai enfourché le cheval gascon, qui était déjà une rossinante et qui est aujourd’hui une vieille carne en attente d’équarrissage.
    C’est le destin des Gascons, leur karma en quelque sorte. Un peuple qui a abandonné sa langue avec autant de facilité et de désinvolture, en si peu de temps, sans presque aucun sursaut de fierté, a gravement hypothéqué tout le reste car très peu de choses nous différencient, en vérité, de nos voisins du fameux Sud-Ouest, si ce n’est la langue justement. Nous ne travaillons pas pour nos contemporains mais, éventuellement, pour les générations à venir. J’ai 55 ans et je ne verrai rien advenir car quasiment rien n’est advenu depuis 1980 si ce n’est une continuelle dégringolade, aggravée par le choix désastreux de l’occitanisme.
    Quand on en est à défendre la chocolatine et un vague accent méridional, c’est que ça ne va pas bien du tout et que l’essentiel s’est évanoui.

  • Merci !

    Nous avons passé beaucoup de temps sur le Manifeste, qui reste d’actualité. La difficulté restant la diffusion à l’extérieur des milieux connus (qui d’ailleurs n’ont guère fait de rediffusion). La dernière occasion à saisir est celle des prochaines élections. Qui fera parvenir le textes aux mairies et aux journaux ?

    • Adiu PJM !
      Je m’intéresse aux élections municipales, et tente de les suivre de ci de là ; c’est difficile d’avoir une vision d’ensemble sur ce qui se passe dans les communes gasconnes, mais globalement, je ne pense pas qu’il y ait de réel particularisme gascon à ce sujet.
      Essayer d’amener les thèmes du Manifeste gascon dans le débat de ces élections... ce n’est pas idiot en principe, mais il faut faire attention de ne pas passer pour des extra-terrestres.
      En gros, les gens s’intéressent au stationnement, aux incivilités ou à la délinquance, au niveau des impôts locaux, à l’attractivité de leur ville...
      Alors oui, je pense - et j’ai déjà écrit à ce sujet - qu’on pourrait élaborer une attractivité gasconne qui est parfois déjà invoquée par nos élus ("ici, y a un art de vivre" etc.) ; nous réfléchissons à ReGasPros sur "l’esprit bastide" par exemple, nous critiquons les lotissements à l’américaine (voire pires)... Sur le nommage des rues, il y a des choses à dire, je m’exprime là-dessus sur Gasconha.com.
      Quand je vois à Tonneins qu’une salle municipale s’appelle "de la Mâte" avec un accent circonflexe, alors que c’est la mate... c’est un exemple de perte de mémoire... Mais qui est-ce que ça choque à part moi ?
      Nous devrions aussi rappeler ce que les gens ne savent pas bien, que les élections sont intercommunales, et dans certains cas (en Couserans par exemple, ou en Albret néracais), les intercommunalités (qui ont plus de pouvoir que les communes) s’approchent de pays gascons à profondeur relativement historique...

      Bon, dans la quinzaine de jours qui restent, nous pourrions / devrions essayer de semer des idées, mais il n’y aura pas de miracle, parce que nous ne sommes tout simplement pas prêts, nous n’avons pas affiné des discours qui percutent dans la Gascogne d’aujourd’hui.
      Attention aussi : le débat a largement lieu sur Facebook (chaque liste crée sa page FB...) ; ReGasPros peut intervenir en tant que page FB sur une page FB...
      Mais arriver avec ses gros esclòps avec un lien vers la présente page du Manifeste gascon, ça ne marche pas... C’est très difficile de viser juste, pour que finalement ça serve à quelque chose.

  • En fait j’éprouve beaucoup de respect et de reconnaissance pour ceux qui, bénévolement et humblement, sans en retirer jamais aucun bénéfice ni en faire un fonds de commerce, se battent depuis des années, des décennies (Tederic, ici, depuis quasiment 20 ans), contre vents et marées, dans le plus grand désintéressement, pour que quelques braises subsistent en attendant que quelqu’un souffle dessus. Je suis simplement extrêmement déçu par tous ces ex-Gascons mais Français du "Sud-Ouest" dont on peut très sincèrement se demander s’ils méritent que des gens se démènent ainsi dans une indifférence quasi totale.

  • Adixatz amics,

    Je partage tout à fait, et ce n’est pas d’aujourd’hui, le désenchantement profond de Philippe Lartigue. Je l’ai déjà dit, et je le répète au risque de paraître pénible, en ce qui concerne la Gascogne et sa langue ancestrale, les carottes sont cuites. Désormais l’intérêt que la portion congrue de certains Français du Sud-Ouest dont je suis porte à la Gascogne et au gascon, est du même ordre que celui porté par le petit nombre des amoureux du latin ou du grec ancien avec toute la partie historique qui s’y rapporte. Oui, soyons lucides, les Gascons ne sont plus depuis déjà longtemps que des Français du Sud-Ouest sinon de cette monstruosité qu’est la "Grande Aquitaine". Par contre, il n’est pas interdit, du moins pas encore, de se vouloir gascon et de s’intéresser passionnément à son ancienne langue dialectale. Mais soyons réaliste, vouloir regasconniser la Gascogne serait digne d’un don Quichotte de la Mancha. Je suis, hélas, persuadé que tenter de convaincre le citoyen lambda d’un tel projet utopique ne serait qu’une énorme perte de temps tout en étant considéré comme une désertion du sens commun selon ma propre expérience, et cela de la part de personnes dont le "patois" était la langue natale. Alors, on ne fait rien ? Si, on continue de s’intéresser à une Gascogne historique désormais du passé et à une langue gasconne désormais obsolète et inaudible socialement parlant. C’est bien peu, mais c’est tout de même mieux que rien.

  • Plus de 6000 élève en Béarn recoivent un enseignement en béarnais/gascon, et 500 le font en calendreta.

    Soit, le plus gros ratio en France.. après nos voisins basques, et devant les bretons du finistere, catalans, occitans languedociens et alsaciens.

    Si les autres Gascons en avaient fait autant, le constat serait meilleur.

    Bien sûr l’étiquette occitane pose problème.
    Bien sûr, la dynamique politique séparatiste dont bénéficient, (ou patissent...), les territoires transfrontaliers, n’existe pas. Plus ruraux, sans métropole, nous ne pouvons devenir satellites d’une bourgeoisie de Bilbao ou Barcelone d’ou viennent les élans nationalistes du XIX, et dont les résultats sont pour le moins contrastés en termes d’aménagement du territoire et de révolution sociale. On ne peut à la fois avoir une préservation sanctuarisé des paysages et les dynamiques d’un territoire industrialisé. C’est pourquoi cela mérite un débat, plutôt qu’une constante opposition réussite/échec.
    Bien sûr, nous sommes Français du Sud ouest, et ce peut être non pas depuis 1032 mais depuis 602, mais depuis que Genial a régné sur la Vasconie nommé par les Mérovingiens.
    Bien sûr, comme absolument tous les Français, depuis la République, nous avons subi une acculturation profonde.

    Je ne comprends pas l’objectif de ReGasPro. La litanie sur un état lamentable de la Gascogne, et la surestimation envieuse de l’état d’autres pays, me laisse perplexe.

    Régionalisme, patrimoine rural, folklores ?
    Rennaissance identitaire excluante du type xénophobe d’Arana, libertaire de Ferrer, ou encore bilinguisme joyeux et attractif ?
    Visée surtout linguistique ? Lutte pour la survie dyglossique de la langue ?
    Séparatisme, nationalisme, enjeux politico-économiques, électoraux ?

    C’est une chose de revendiquer la préservation de forme architecturale, la traduction des panneaux, un art de vivre et une attractivité territoriale ; mais cela en est une autre de batir un mythe national, et d’engager un processus de séparation au niveau politique.

    Quelle est la visée, au delà du constat de désenchantement et de déception ?

  • Chers Daniel et Philippe.
    Vos opinions pessimistes (et pleinement justifiées à vues humaines) nous sont connues depuis longtemps. Mais, avec tout le respect et l’estime que je vous porte, à quoi sert de les répéter de nombreuses fois ? Je crains que si elles tombent sous les yeux de jeunes amoureux des pays gascons, voulant oeuvrer pour eux d’une façon ou d’une autre, elle ne les fasse plonger dans un "à quoi bon ? ", guère de nature à ranimer les braises,comme dit Halip.
    Bref, avec cet état d’esprit régulièrement exprimé, nous nous retrouverons rapidement à quatre ou cinq érudits épluchant les isoglosses du passé et se disputant pour savoir comment on appelait exactement un brin d’herbe dans tel ou tel village ... J’exagère, à dessein, bien sûr mais je préfère l’attitude de Guillaume d’Orange : il n’est pas nécessaire de réussir pour persévérer. Guillaume d’Orange ou Don Quichotte ? Peut-être, bien sûr.
    Coraument a vos,
    GSG

    • A quel Philippe t’adresses-tu, Gérard ? Trois d’entre eux ont émis récemment des grans de sau ici, plus ou moins pessimistes. Moi, je pense savoir lequel tu visais, mais...

      Le spectacle de l’agonie de notre langue engendre fatalement le pessimisme pour ses amoureux, dont je suis.
      Mais je rappelle que le breton disparait aussi en Bretagne, l’alsacien en Alsace, et même pour le corse en Corse, ça ne va pas fort...
      Alors, comme tu le dis Gérard, ne décourageons pas les jeunes qui ont envie d’apprendre le gascon, malgré tout ! ça ne ressuscitera pas la langue, mais c’est mieux que rien, et il en ressortira des bienfaits que nous n’imaginons même pas.

      Ensuite, concernant la langue, nous avons à sauver au moins les traces qu’elle laisse, par exemple dans la toponymie, l’accent, transmettre des trucs "tout bêtes" mais qui ne vont plus de soi comme les diphtongues au, òu, iu, bien présentes dans la toponymie... Même sans parler bien gascon, au moins qu’on connaisse ça ! Récemment, j’ai entendu à propos du drame de Hanau, en Allemagne, que des journalistes-radio savaient le prononcer... alors en gascon, ça doit être possible ! DAT (diphtongues à défendre) !

      Enfin, comme nous le disons à ReGasPros, il n’y a pas que la langue, il y a... tout ce qui dans la vie peut prendre des couleurs et des contours particuliers dans une région donnée !

  • Pour lever toute ambiguité, c’est à Halip Lartigue que je m’adressais, comme Tederic a dû le deviner (je ne connais pas personellement M.Raufaste et PJM n’exprime rien de particulièrement désespérant).

  • S’il est difficile d’être optimiste quant au futur de la langue gasconne, qui sera dans quelques générations, au mieux, un catalano-languedociano-béarnais light artificiel parlé avec une prosodie française basée sur l’écrit (lasse bac’ pèyssoune dinnssse lasse bordeuss dabbb estramborde-anh) dans un milieu occitaniste militant caricatural, en revanche, je suis bien d’avis que l’on peut continuer à œuvrer pour développer les autres aspects de la culture gasconne (et "guyennaise" voisine).

    En effet, je crois qu’il y a là de l’avenir : agriculture locale durable et circuits courts, artisanat et commerce local, fêtes traditionnelles, défense de l’accent et des toponymes, promotion de l’architecture, du paysage, des modes d’occupation du sol gascons, services publics de proximité...

  • Que partatgi cap e tot l’adirèr de mossenhs Halip Lartiga e Danièl, qui n’ei pas causa navèra se tórnam léger lo Pòble de Nosta de na Filadèlfa, qui era medisha e citèva Mistral…

    Pòble de nosta, qué n’as hèt
    Deth patrimòni der’arraça…
    Deth lengatge e ‘ra bèra traça… ?

    Un pòble que laissa tombar
    La lenga e leis us de sei paires
    Non merita que de crebar…

    E per mei qui aimi tot aqueth noste vielh “pòble de nosta”, be i a ua causa qui m’en·harta sus tota auta, qu’ei la propension de dauvuns (e pas tots, urosament) a ns’espiar muslhevats, a nosauts los “joens” (que soi de l’atge d’en Lartiga…) pr’amor ne pàrlam pas pro plan au lor gost — quan son eths los trastos qui s’an f—ut lo “patuès” au varat. E donc qu’estimi (enqüèra com ac disè en Lartiga enlòc mei) qu’aqueth monde e s’an sustot ganhat lo dret de’s carar.
    Uei que parli gascon, ja — lo mei bon qui poishqui —, non pas entà díser de sauvar o documentar arren, nimei de tornar los ans… senon pr’amor que soi gascon, e pro. Rica o prauba tèrra, ploja o sequèra, ventòrla o mauhalhèr, tot aquò l’arbo ne s’ac causeish pas ; on a pruat, huelhar que cau.

  • Chers Tederic et Gérard,

    Je suis bien d’accord avec vous de ne pas décourager les jeunes qui ont envie d’apprendre le gascon, malgré tout. Et je veux donc bien croire que les opinions pessimistes que je partage avec Philippe Lartigue (Halip) depuis longtemps ne sont pas de nature à enthousiasmer de jeunes apprenants. Je les mettrai donc désormais sous le boisseau. Mais ne laissons quand même pas croire à ces jeunes que l’horizon du gascon, ou de toute autre langue d’oc hormis le catalan, dépasserait le seul intérêt intellectuel que peut susciter une telle étude ainsi que celle de la Gascogne qu’on ne saurait écarter. Je parlais dans mon récent message du latin et du grec ancien, bien que la comparaison de ces deux grandes mortes de portée universelle avec une langue de portée bien moindre comme le gascon serait à la fois disproportionnée et anachronique. Mais de nos jours, je pense que c’est tout ce que peut apporter le souci et l’étude du gascon : une satisfaction intellectuelle du même ordre que celle éprouvée par un latiniste ou un helléniste. Néanmoins, je terminerai en disant que l’attitude de Guillaume d’Orange (merci, Gérard, de l’avoir cité) est nettement préférable à celle du personnage de Cervantès. Quant à celle d’Émile Coué, elle est à déconseiller formellement.

  • Merci Daniel de m’aver plan comprés e a vos Jan per tot çò qui aportatz a las nòstas discutidas:lo vòste gascon que m’encanta ! E per aver citat Filadelfe,era qui diseva tanben :"cada amna a sa mission sus terra ;’ra qui m’revien qu’es de sonar , a tromb e bromb contre eth desbromb "...
    E que podem trobar quaquarren d’anticipat hens Peir de Garròs qui planheva dejà lo biaix de la sua generacion de deixar de costat la langa mairau :"O praube liatge abusat qui deixas per ingratitud la lenga de la noiritud ..." N’es pas tan nau tot aquò, qu’am eretat de segles de renoncis e de coardèr !

  • Plan solide, que partatgi tot çò de dit ad ensús... Çò de màger, per jo, qu’es de plan documentar, mes sustot de botar a disposicion de tot lo monde, e per arren, tot çò d’enregistrat, d’escriut suu gascon (com ac hèi lo Halip). Percè, que’n sui plan pro segur, los locutors de doman que seràn autodidactes... Donc, gasconha.com que jòga hòrt un gran ròtle sus aquò.
    Totun, que vorrí mercejar tot lo monde qui participan ad aqueth forum percè, e’m pensi, qu’an e qu’an avut mèi de pes que ne creden... Çò de mèi importent, segon jo, qu’es de durar e le pròva qu’es estada hèita aquí.

  • "Un pòble que laissa tombar
    La lenga e leis us de sei paires
    Non merita que de crebar…"

    Déjà lu et relu sur ce site... C’est un message on ne peut plus récurrent. Quelques érudits dans leur coin, qui recensent trois noms de plantes et de rues, comme dit Gérard, qui pestent contre à peu près tout le monde, et surtout ceux qui essaient de proposer d’autres lectures, toutes éconduites par ce comité de défense de la culture gasconne, ou plutôt d’enterrement de la culture gasconne.

    Puisqu’en tant que vascon, le basque n’est jamais loin, ceci m’évoque deux exemples :

    " Zuek baino euskaldunago gira gu" soit "nous sommes plus basques que vous". Aux prémices du renouveau de la langue basque en France dans les années 60, ceux qui le parlaient mieux, ou en transmission directe, avaient un complexe de supériorité qu’il a fallu vaincre (au sein du parti naissant Enbata, ou presque tous les militants n’étaient que francophones) pour pouvoir concerner un public plus large, et moins élitiste. C’est aussi notre problème, à en lire le ton supérieur de ceux pour qui la gasconnité n’aurait plus de secret. Je dis cela sans provocation, et avec tout le respect que je dois, à ceux là même qui se sont remués pour la Gascogne, mais s’expriment à mon sens avec trop de négativité pour être constructif..

    Deuxièmement, Daniel, ce que vous dites à propos du Gascon, c’est à dire qu’il ne peut avoir d’autres usage que celui d’une deuxième langue dont l’interet est avant tout culturel, est exactement ce qu’Unamuno et Mirande disait à propos du basque. C’est d’ailleurs inéluctable pour toutes les langues dites "régionales", et même des petits Etats d’Europe de l’est, mais cela ne les empeche pas de "se sauver".
    C’est d’ailleurs bien au héros de Cervantes qu’avaient été assimilés ces premiers militants lors du procès de 1965 ("votre idéal est arrivé trop tard (..) vous me faites penser au héros de votre littérature, Don Quichotte."

    Enfin Gaby évoque "agriculture locale durable et circuits courts, artisanat et commerce local, fêtes traditionnelles, défense de l’accent et des toponymes, promotion de l’architecture, du paysage, des modes d’occupation du sol gascons, services publics de proximité..." J’y rajouterai donc bien, Coué m’en garde, la defense de l’enseignement de la langue (en tout cas en Béarn, plus que dans le reste de la Gascogne).

    Mais qu’en est t’il d’un projet politique, electoral, militant ?

  • Bonjour Joseph,

    Je vous lis toujours avec intérêt et respect. Mais de grâce, ne comparons pas le cas du basque à celui du gascon. Les Basques sont un vrai peuple, une nation au sens premier du terme, une nation qui a eu l’intelligence d’unifier sa langue il y a un bon demi-siècle de ça, chose que les Gascons n’ont ni voulu, ni su, ni pu faire, et pour cause ! Voilà un bon millénaire que les Gascons ne sont plus une nation et voilà un bon demi-siècle qu’ils ont cessé de transmettre définitivement leur langue ancestrale à leur progéniture car, ignorants pour la plupart d’entre eux de leur passé et de la réelle valeur du gascon, ils s’en sont délesté au plus vite pour être dans le vent du "progrès". Les Basques eux, conscients d’être un peuple, ont été à même de résister à ce vent destructeur des particularismes locaux et régionaux. Cette conscience s’est concrétisée par l’élaboration et la standardisation de leur langue dialectale en un basque "batua", langue moderne enseignable et enseignée sous une forme unique comme toute langue moderne digne de ce nom. On n’enseigne pas un dialecte, essentiellement oral, à moins d’avoir l’idée d’en faire une langue par élaboration. Essayons d’expliquer tout ça de nos jours à un habitant de la "Nouvelle Aquitaine" autre que basque...

  • Bonjour Daniel,

    Je parlerais d’une conscience nationale plus développée, avec de nombreux travers cependant, qui relève d’une construction historique, plutot que de "vrai peuple".

    La conscience nationale basque a emergé tardivement, après Sabino Arana, et il n’y a absolument pas de nation basque unifiée au fil des siècles, aucun entité politique non plus mais un morcellement dans plusieurs d’entre elles (Seigneurie de Biscaye, royaume de Castille, Gascogne, Soule, et évidemment Navarre puis royaume de France au Nord). A ce titre, les Gascons n’ont pas été plus divisés, et n’ont pas moins de légitimité historique à " être un peuple".

    En revanche, ce qui a manqué à la Gascogne c’est bien le nationalisme du XIX qui n’a pas manqué aux Basques, Catalans, Flamands etc.. et qui a été un vecteur de mythe national, et de défense identitaire agressive. A partir de là, on peut parler de "peuple" (au sens moderne) mais ce n’est pas un caractère inné. Qui plus est, il est bien partiel. L’écrasante majorité des basques de France se sentent tout simplement français. Les indépendantistes, malgré la vitrine dont ils disposent font des piètres scores. Les "vrais peuples", ce sont de facto les Français et les Espagnols. L’Espagne, moins bien centralisée est plus fragile, laisse la brèche s’ouvrir un peu plus. Les Gascons ne peuvent bénéficier de cette dynamique transfrontalière.

    Dans le cas basque, l’isolat linguistique (et l’interet qu’y ont porté Humboldt et la géographie anglo saxonne), a été un veteur majeur de valorisation de la langue et de l’identité. Ce n’est pas un banal "patois" comme l’est le Gascon, associé à la ruralité. Les Gascons n’ont pas eu ce destin, puis l’occitanisme n’a rien arrangé. On n’a pas eu un Sabino Arana, qui malgré des côtés discutables, a mis tout le monde d’accord.

    Cependant, des problématiques linguistiques sont semblables entre dialectes et langue unifiée Batua ou Occitan : dénaturation, problèmes de graphie, néologismes et dyglossie. C’est pourquoi je les compare. Entre "hierarchie d’usage" (transmission directe ou néo locuteur de langue unifiée), entre usage confiné ou ostentatoire ; le basque est plus présent que le gascon (qui est presque éteint), en Hegoalde par exemple, malgré une propagande massive et un bilinguisme généralisé, il est condamné a être une langue secondaire, dont l’usage relève d’un marqueur culturel plus que d’une langue nationale (ce que vous remarquiez à propos du gascon).

    Enfin, c’est justement mon propos, la comparaison s’arrete là. Il y a un pas entre une défense régionaliste, culturelle qui peut paraitre vaine ; et un projet politique séparatiste, avec toutes les dérives mais aussi toutes les espérances qu’il comporte. L’un n’est pas mieux en soi que l’autre, mais il faudrait savoir ce que l’on recherche.

    Les comparaisons avec d’autres "minorités nationales", toutes différentes et ayant des caractéristiques propres et des degrés de développement différents, me paraissent nécéssaires, au delà de l’idéalisation/flagellation.

    Je trouve justement les comparaison non constructives trop nombreuses ici.

    L’autodéfinition nous manque.

  • Daniel,

    "On n’enseigne pas un dialecte, essentiellement oral, à moins d’avoir l’idée d’en faire une langue par élaboration. Essayons d’expliquer tout ça de nos jours à un habitant de la "Nouvelle Aquitaine"

    Pouvez vous développer ? Je ne suis pas sur de vous comprendre.
    Merci.

  • Bonsoir Joseph.
    Nos messages se sont croisés qui demandaient à ne pas se complaire dans la lamentation. Là dessus nous sommes bien d’accord .
    Un point que vous ne semblez pas avoir remarqué : bien que Gasconha.com soit comme la caisse de résonance principale de ReGasPros, les deux ne se confondent pas et tous les contributeurs sont admis sur le site, même non adhérents à ReGasPros ou exprimant des opinions différentes.

    ReGasPros, quant à elle, se veut résolument positive sinon optimiste (il y a des limites à la positivité !) et avant tout, veut contribuer à conserver, recenser ce qui peut l’être du patrimoine matériel et immatériel des pays gascons mais aussi et surtout à proposer, en vue d’un avenir qui fasse droit à tout ce que notre héritage a de meilleur et de réserve de créativité.

    Donc l’attention au paysager, au rural, a tout son sens car, comme vous le dites, le corps de la Gascogne est majoritairement rural (les Métropoles et grandes villes nous étant un peu périphériques et parfois plus ou moins prédatrices, du reste). Et de plus le monde rural a un peu mieux gardé que le reste des signes concrets de gasconnité, dont la langue ou des bribes de langue. Ce qui ne veut pas dire que nous soyons passéistes, attachés à l’immobilité de tout : nous aimerions bien un peu plus d’industrie en pays gascon, aussi non polluantes que possible, bien sûr et si possible en lien avec la société qui les entoure.
    Donc notre visée n’est pas « surtout linguistique », bien que c’est essentiellement la langue qui fit gascons nos ancêtres. Et tout ce qui peut être fait pour donner davantage d’espace de respiration, d’espérance de vie, voire de convalescence à cette grande et vieille malade, nous est cher.

    Pour le reste, oui, il y a quelque chose d’identitaire dans notre démarche même si le mot fait souvent aujourd’hui grimacer ; mais une identité n’est pas forcément totalement crispée et excluante.
    Quant à bâtir un mythe national, ce n’est vraiment pas notre truc et nous savons bien, à l’occasion, critiquer ce genre de projet chez les autres, occitanistes en tête.
    Mythe non, mais souvenir entretenu, oui, certainement.
    Quant au séparatisme (l’éternel froncement de sourcils devant les volontés d’affirmation régionale*), vous feriez mieux de le suspecter ailleurs que chez nous. Donc enfin, si vous nous comprenez un peu, notre démarche n’est pas politicienne (même si nous le souhaitions, le résultat serait pitoyable) mais politique au sens large, certainement.

    *Certes, nous ne sommes pas aidés en ce moment outre-Pyrénes de ce point de vue !

    GSG, pour ReGasPros

  • 83. Joseph

    Un "dialecte", au sens commun du terme, est un idiome avant tout oral, transmis au sein des familles d’une génération à l’autre sans aucun soutien ou support d’un corpus scolaire ou universitaire. Mais à partir du moment où l’on se soucie de l’écrire, il est sur la voie qui conduit à l’élaboration d’une langue dite "de culture". Pour moi, ça semble clair.
    Quand je dis "Essayons d’expliquer ça..." c’est bien sûr une boutade désabusée et non une tentative de persuader ou de convertir des gens dont les soucis quotidiens sont à des années-lumières d’arguties du genre "dialecte" versus "langue".

  • 82. Joseph
    "L’autodéfinition nous manque."

    En ces quelques mots vous avez parfaitement résumé la situation.

  • C’est aussi notre problème, à en lire le ton supérieur de ceux pour qui la gasconnité n’aurait plus de secret. Je dis cela sans provocation, et avec tout le respect que je dois, à ceux là même qui se sont remués pour la Gascogne, mais s’expriment à mon sens avec trop de négativité pour être constructif..

    Joseph,

    Ce passage, qui s’adresse peut-être à moi (je pense que oui), je le trouve particulièrement malvenu et vexant, même si vous vous défendez en le disant "sans provocation" (on a un peu de mal à le croire). Vous ne me connaissez pas très bien Joseph pour penser de telles choses et ceux qui me connaissent penseront également que, décidément, vous vous méprenez beaucoup à mon sujet. Mon "ton supérieur", c’est surtout de la colère et de la désillusion si vous êtes un tant soit peu psychologue. Et j’ai le droit d’être en colère et d’être déçu quand je vois notre naufrage.
    Je pense que j’ai assez donné, et d’autres avec moi, et souvent plus que moi, depuis bien longtemps, dans le plus total bénévolat et désintéressement, pour me sentir injurié si ces lignes s’adressent effectivement à moi et à eux. Contrairement à certains militants professionnels, je n’ai jamais rien monnayé et n’ai tiré aucun bénéfice ni aucune gloire (quelle gloire d’ailleurs étant donné la confidentialité groupusculaire de ce qui nous réunit ici ? pfff !!!) de ce genre d’activité. Que je sois un peu déçu (euphémisme) par ce non-peuple, ou cet ex-peuple, j’en ai le droit le plus strict et je l’exprime avec ce qui me semble être une grande lucidité. Par contre, ceux qui n’ont jamais rien fait, durant leur vie, pour la préservation de notre langue et de notre identité, et le minimum vital me semble être d’avoir transmis la langue à la maison, ont un droit inaliénable, je l’ai dit ailleurs et je le répète ici, celui de se taire. Je parle des mêmes que ceux dont parle Jan L’Aisit et qui m’agacent au plus haut point. Et je dis cela sans savoir si ça s’adresse à vous ou pas. J’éprouve par contre beaucoup de respect pour tous ceux qui l’ont fait chez eux, contre vents et marée, dans l’indifférence et/ou les sarcasmes, qu’ils soient occitanistes ou pas.

    à suivre

  • Suite et fin

    Je ne suis pas occitaniste, c’est une chose sue et connue, mais je remercie ceux des occitanistes qui ont accompli leur devoir dans ce domaine, même s’ils ont appelé "occitan" la langue qu’ils transmettaient et que moi j’appelle gascon. Et j’ai aussi beaucoup de respect pour des hommes comme Alexis Arette, dont les opinions politiques sont assez différentes de celles des précédents, mais dont les enfants parlent un très beau béarnais, et d’autres encore...
    Et pour finir avec la France, que vous qualifiez de "vrai peuple", c’est assez amusant tout de même. Un pays qui s’est bâti sur la négation et l’élimination linguistique et culturelle des autres peuples vivant sur son territoire administratif et politique, à grands coups de pied au cul, ou pire, au prix de millions de morts sur divers champs de bataille depuis des siècles. Tous nos monuments villageois, pour prendre un exemple visible et parlant, ne sont pas ornés par les noms des morts causés par les nationalismes agressifs basque, catalan, breton ou corse que je sache. 1 500 000 pour la seule période 1914-1918, chiffre vraisemblablement en dessous de la réalité, on ne saura jamais. Et ne me dites pas que cette guerre fut seulement voulue et provoquée par les méchants Allemands car les Russes et les Français la voulaient au moins autant, sinon plus selon certains historiens. C’est bien la raison pour laquelle le petit peuple ouvrier et paysan avait été dressé, en français, dans les écoles de la République depuis Jules Ferry, pour le préparer à la boucherie patriotique. Que ceux qui nous disent que la langue n’a pas d’importance dans la constructions d’un sentiment national méditent là dessus. Pourquoi donc la France a-t-elle déployé autant d’efforts en vue de l’uniformisation linguistique du pays et l’impitoyable éradication des "patois" ? Qu’on m’épargne ici les raisons humanistes et éclairées de façade, celles qu’on nous sert habituellement.
    Vous voyez, demain je vais retrouver ma fille à la gare de Lourdes et nous allons passer quatre jours à la montagne où nous ne parlerons entre nous qu’en gascon et c’est pour moi une grande fierté et un grand plaisir, même dans un monde où nous sommes désormais des Aborigènes, ou des Mohicans.
    Quant au reste, tant pis et dommage.

  • Une nuit d’insomnie et la visite de mon ange blanc, celui qui essaie de faire de moi un homme bien et qui peine depuis tant d’années : "Mon pauvre Philippe, te voilà encore en train participer à un de ces débats inutiles dont le monde régionaliste a le secret. Te voilà encore en train de batailler contre les moulins, les mêmes depuis tant d’années. A ton âge ! On dirait un "gojat" de 20 ans, malgré toutes les promesses que tu m’as faites et que tu t’es faites de ne plus jamais ... et pourtant, une fois de plus"
    Je lui ai répondu : "Cher ange blanc, délivre-moi de mon démon et aide-moi à devenir une grande personne qui consacre le temps qui lui est donné à des choses plus importantes."

    J’espère qu’il m’exaucera...

  • Bonjour Halip Lartigue
    Il est un peu plus de quatre heures.
    Déjà deux heures que vous avez posté votre message et j’espère que vous avez maintenant trouvé le sommeil.
    Je ne pensais pas déclencher de telles perturbations en vous adressant mon meilleur souvenir par l’intermédiaire de Tederic que je salue et à qui je réponds séparément.
    Je voulais juste vous dire que je ne suis pas né en Gascogne. Je ne parle même pas gascon et peine à le lire.
    Je suis juste l’héritier de dizaines de générations de Gascons dont ma famille "expatriée" m’a transmis, par la tradition orale, le souvenir, l’amour et le respect ainsi que pour toute la Gascogne.
    C’est sans doute pourquoi je comprends si bien votre combat et la nature de vos réactions. Mais même si le vieil orme de Biscarrosse a lui-même déclaré forfait, il ne faut pas baisser les bras.
    Dites également à votre fille que j’appréciais beaucoup le message en gascon qu’elle lisait pour vous sur votre répondeur téléphonique… au siècle dernier.
    Cordiale poignée de main
    Philippe Raufaste

    Voir en ligne : http://refletsdeloup.com

  • Bonjour Philippe,

    J’espère que vous avez trouvé le sommeil.
    Votre droit de vous exprimer est aussi le mien, je ne l’ai à aucun moment contesté.

    Quand je comparais à Enbata, et au frein qu’à représenté au mouvement l’attitude de ceux qui étaient "plus basque" que les autres, je me referais exactement au type de propos que vous tenez quand vous évoquez "un droit inaliéniable de se taire" à ceux qui ne parlent pas gascon chez eux. Comment voulez vous convaincre, en excluant à ce point, sachant que tous les milieux sociaux et les individus ne sont pas égaux face à l’apprentissage ou à la transmission d’une langue ? Que votre remarque si tranchée concerne une partie majoritaire des Gascons, dont beaucoup pourraient être attachés d’une manière ou d’une autre à des formes de gasconnité.

    Je partage votre analyse historique au sujet du nationalisme français. Quand je reprenais l’expression de" vrai peuple" utilisée plus haut, c’était au sens ou, de facto, c’est la conscience nationale qui s’impose dans la majorité des esprits. En tant qu’Etat nation constitué précoement sur un nationalisme théorisé, c’est celui dont le rayonnement est le plus grand, et qui a acculturé les populations alentours.
    Sa construction fut incongrue d’un point de vue ethnique, violente, ( elle le fut d’ailleurs terriblement pour les Gascons des Landes dont le mode de vie agro pastoral unique au monde fut balayé par la répression puis achevé par la 1ere guerre mondiale.)
    De plus, quand je parle de nationalisme agressif au sujet des mouvements régionalistes ou séparatistes, le mot est maladroit, puisque je voulais dire plutot vindicatif, sans jugement de valeur (critique forte à l’égard de l’Etat centralisé, militance pas toujours légaliste, projet défini par des revendications acharnées ..). Ce que le régionalisme gascon n’est pas.

    D’ailleurs, c’est la question que je vous posais.
    Quelle est votre position par rapport à cette autodéfinition, au delà du problème de transmission linguistico-identitaire trop légère qui feraient des Gascons un ex-peuple ?
    Votre discours est très critique vis à vis du sentiment national français. Dans la poursuite d’un idéal vasconniste à long terme, seriez vous en faveur d’un morcellement des Etats Nations ? Cette défense identitaire, ce mythe national vascon en gestation, sont ils accompagnés d’une problématique politico-sociale ? Votre propos me parait souvent très politique. Quelle est votre opinion au sujet de ce qu’exprimait Gerard au nom de Regaspro ?
    Je vous pose ces questions sans sous-entendus, je cherche « personnellement » à mieux définir le sentiment de gasconnité, ce qui est l’objet de ce manifeste.

    Enfin, je vous le répète, car effectivement nous ne nous connaissons pas, j’ai le plus grand respect pour votre travail, qui m’a passioné, ainsi que vos capacités linguistiques et la fierté que vous éprouvez à pouvoir transmettre ce patrimoine, fut ce en étant le dernier. Si je devais user de psychologie, je vous dirais que vous êtes bien moins seuls que vous ne semblez le croire à aimer notre petit pays. Il nous manque à mon sens une définition qui serait préalable à la conciliation.

  • Les basques sont plus pragmatiques que nous.
    Ils n’ont pas eu de scrupules à unifier l’euskara ce qui pourrait correspondre au gascon de per noste si on voulait faire pareil ?
    Ensuite on trouve en ligne sur internet une méthode gratuite de basque sur radio kultura.
    Peut être que pour relancer le gascon il faudrait une méthode au raz des pâquerettes qui ressemblerait aux phrases toutes faites de que parlam d’Ací Gasconha + de la grammaire et conjugaison de base.
    J-Cristian

  • Bonjour Joseph,

    Quand je reproche la non transmission familiale chez nous, je ne la reproche qu’a ceux qui, aujourd’hui, n’ayant pas fait ce travail de fidélité patrimoniale, se permettent de se gausser des néo-locuteurs, parfois malhabiles c’est vrai, mais qui font l’effort d’apprendre ou d’essayer. Voilà ma seule cible.
    Pour ce qui est de la politique, je suis hostile aux Etats nation, qui se sont bâtis par la violence au détriment des peuples qui composaient l’espace sur lequel ils avaient l’intention de s’étendre et de régner. Je n’ai pas beaucoup de sympathie pour ces ethnies, que j’aime qualifier de prédatrices et qui ont soumis leurs voisins par la force et, contrairement à ce que dit le Roman national, sûrement pas par la libre adhésion démocratique dont se gargarise la République. Grosso modo, et chacune dans son aire d’influence, je dirais que les Prussiens, les Anglais, les Russes ou les Castillans sont ces ethnies prédatrices. Les Français ont très bien réussi, le mieux sans doute, après des siècles d’efforts et, il faut le reconnaître, une grande constance et détermination. D’ailleurs, les Castillans, ou "espagnolistes", sont assez envieux de ça car ils n’ont pas aussi bien réussi chez eux, face à des peuples beaucoup plus résistants et vindicatifs, comme vous dites, ce qui en l’occurrence est une qualité. Pour résumer, ce qu’a fait subir la Grande Nation aux peuples ancrés de son territoire, toujours au nom de valeurs qu’elle piétinait de facto en permanence, à l’intérieur et à l’extérieur, ne m’inspire pas beaucoup de sympathie ni de respect.
    Les petites nations, comme les Gascons ou les Basques, les Bretons, les Corses ou les Gallois, n’ont jamais eu cette volonté de conquérir et de soumettre le vaste monde et ils ne sont pas à l’origine des cataclysmes qu’ont provoqués les prédateurs dont je parle et qui ont semé la mort, la désolation et la spoliation partout où ils sont passés. La République française n’a fait que parachever l’oeuvre entreprise par les rois, avec une efficacité et une violence inédites et avec, il est vrai, l’aide de tous ses affidés des "provinces" ou des colonies qui ont ainsi tiré les marrons du feu en se mettant au service du conquérant. Qu’auraient fait les Gascons s’ils avaient étés à la place des Français, du côté du manche ? Peut-être la même chose mais nous ne le saurons jamais car la réalité historique est autre.

    à suivre

  • suite et fin

    Pour ce qui est de mes tendances, je dirais que j’ai beaucoup de respect pour ceux qui se sont battus, partout dans le monde, contre ces prédateurs, pour essayer de résister contre l’effacement programmé par ces derniers. Ces gens ont souvent eu un courage physique que je n’ai pas et n’aurai vraisemblablement jamais. Ils ont très souvent mis leur vie et/ou leur liberté dans la balance. Et quand je n’adhère pas forcément aux idéologies politiques qu’ils ont suivies (le marxisme d’ETA ou bien le racialisme de Sabino Arana) je ne me permettrai jamais de leur cracher dessus. Quand on est en lutte contre un rouleau compresseur impitoyable dont le but est de vous broyer et de vous anéantir en tant que peuple, afin d’établir son empire, il n’y a pas lieu de se questionner sans fin sur les moyens à employer pour résister et tenter de survivre. On peut aussi se dire que tout ça n’est pas grave et que, étant tous citoyens du monde, l’avènement d’une humanité uniforme, grise, indifférenciée et parlant une supra langue est souhaitable. Pour moi c’est le cauchemar absolu. Enfin, les quelques centaines ou milliers de morts, parfois injustes et intolérables, provoquées par les petits nationalismes locaux, n’ont aucune commune mesure avec les dizaines de millions qu’on peut et doit mettre au passif des grands prédateurs.
    J’aurais aimé une Vasconie indépendante mais, dans l’Etat actuel des choses, ce n’est au mieux qu’un fantasme pour lequel je ne donnerais ni ma vie ni ma liberté dans l’indifférence et même l’opprobre quasi généraux. Je n’ai pas le goût du martyr inutile ni le courage, ou la bêtise suffisants pour ça.

    A monsieur Raufaste.

    Ne vous inquiétez pas, c’est moi seul qui ai sur réagi à partir de votre sympathique courrier qui s’enquerrai simplement de moi. Vous vous rappelez donc de ma fille, qui était bien jeune à l’époque, et disait en gascon le message de mon répondeur, ce qui l’amusait beaucoup d’ailleurs. Et vous ne faites pas partie de ceux auxquels je reproche quoi que ce soit au sujet de la langue puisque vous n’êtes pas de ceux qui, n’ayant jamais rien fait pour transmettre, se permettent de morigéner les quelques qui essaient, selon leurs moyens et leurs convictions. Je le redis, ceux-là devraient avoir la pudeur de se taire et de se couvrir la tête de cendres.

    Voilà, il faut que je me prépare pour partir en direction de la gare de Lourdes. En profiterai-je pour aller à Massabielle et demander à la Sainte Vierge de faire un miracle pour la Vasconie ?

  • Bonjour Tederic,
    C’est avec plaisir qu’en dépit du temps qui passe je retrouve une « Gasconha.com » présentant toujours la même image de modération, de connaissance et de clarté.
    C’est assez dire que je suis d’accord avec l’esprit de votre aimable réponse.
    Me permettrez-vous de formuler quelques développements en plagiant un petit peu votre présentation traditionnelle ?

    >>> L’agonie de la Gascogne dure depuis 1032… <<<

    Le lien entre cette date (à + ou - 20 ans près) et la situation gasconne en 2020 est effectivement saisissant. Mais si 1032/1052 n’ont pas été de très bons millésimes pour l’avenir de la Gascogne, il nous faut aussi admettre quelques différences entre les deux époques !

     D’abord, le respect des Aquitains en général et de la cour de Poitiers en particulier pour la Gascogne et les Gascons d’alors n’est guère contesté ; ne serait-ce qu’en raison de leur mental particulièrement sourcilleux et de leur valeur militaire.
    Ce respect devait d’ailleurs perdurer bien après 1032 puisqu’il semble bien attesté que l’on a parlé gascon chez les ducs d’Aquitaine/Gascogne. Les Gascons étaient également nombreux dans l’entourage militaire de ces mêmes ducs. Les très réels cadets de Gascogne et le très authentique d’Artagnan furent fort en honneur dans les armées de la couronne de France. Etc…

     Ensuite, contrairement à ce qui vient de se passer, c’est toute la Gascogne qui passa sous l’autorité des ducs d’Aquitaine ! Toute sa terre, avec l’ensemble de sa population, avec toute son économie domestique et tous ses us et coutumes inchangés.
    L’autorité sur la Gascogne était nouvelle certes (et encore…) mais la Gascogne restait unifiée dans tous ses domaines
    De telles situations, dans l’esprit et les pratiques de ce temps, n’étaient pas extraordinaires. Beaucoup moins extraordinaires, en tout cas, que si une quelconque autorité venue de Paris avait alors décidé de séparer brutalement et arbitrairement le vieux pays en deux, la partie Ouest sous l’autorité de Poitiers, et la partie Est sous l’autorité des comtes de Toulouse !
    Et c’est là, entre autres, que nous sommes obligés de reconsidérer à la hausse l’indignation de Philippe Lartigue et de tous les autres indignés.
    Car si nos ancêtre Gascons de 1032/1052, qui, au demeurant ont pris les armes contre Poitiers en dépit de ce que je viens de dire, avaient été confrontés à une aussi méprisante attitude que celle de 2015/2016, je ne crois pas trop m’avancer en supposant qu’ils auraient fait un peu plus de bruit et soulevé un peu plus de poussière… Or, nous concernant, il ne s’est rien passé de palpable !
    Alors, on peut toujours argumenter que nous ne sommes plus en 1032, Etc… Etc…
    Il n’en reste pas moins, à mon modeste avis, qu’il n’est ni très logique ni très juste sur le plan de la rigueur intellectuelle de prétendre d’une part aimer la Gascogne, de s’en prétendre gardien et protecteur, et d’autre part, de tolérer, voir de soutenir des personnalités qui lui ont donné le coup de grâce.

    Tederic, je ne voudrais pas vous lasser par un laïus interminable mais vous avez abordé d’autres points d’intérêt primordial, dont l’économie locale.
    Si vous le permettez, je souhaiterais vous faire part, dans une suite, de quelques idées qui me semblent appropriées.

    Bonne journée.

    Voir en ligne : http://refletsdeloups.com

  • Adichatz a tout,

    Je trouve très intéressant l’opposition de vue entre Gerard et Philippe. Le premier réfute ce qu’il estime être un soupçon de séparatisme, tandis que le second le revendique clairement. Ceci illustre la pluralité de Gasconha.
    Philippe, je partage certaines de vos vues mais pas toutes, bien entendu.
    Votre idéal (qui me semble bien krutwigien) de Vasconie, ou le gascon (latin des basques) et le basque (langue intime des gascons) cohabiteraient dans un Etat ou le socialisme est "inné" (puisque foral), n’a fait école, ni chez les uns ni chez les autres. Le développement de cette idée me parait cependant central, et permettrait de dépasser bien des limites, mais en restant lucide, se heurte fortement aux réalités contemporaines, malgré certains arguments solides.
    En revanche, quand vous parlez "d’ethnies prédatrices", qui auraient une propension intrinsèque à apporter le malheur à d’autres qui ne demandent qu’à vivre heureuse dans leur coin, je nuancerais cette lecture historique.
    Tout d’abord, je ne pense pas qu’il s’agit de caractère ethnique à proprement parler (je ne me permettrais pas à titre personnel d’aimer ou de ne pas aimer telle ethnie, et encore moins d’en juger de la valeur d’une personne), mais de systèmes de gouvernance plus ou moins impérialistes. Les gascons, catalans, basques, gallois, flamands et autres ne sont pas des peuples colonisés au sens où nous avons subis une extension de souveraineté soudaine et un pillage économique. Premièrement, nous avons participé sans y être forcé à l’histoire européenne depuis des siècles ; deuxièmement, toutes ces ethnies minoritaires, loin d’avoir été vidés de leur richesse, ont des positions avantageuses au sein des organisations territoriales des Etats dans lesquels ils se trouvent.
    A ce sujet, la rhétorique occitaniste qui met sur un pied d’égalité la situation du peuple palestinien ou kanak, avec la nôtre, ma parait chargée d’anachronismes.
    Ces ethnies minoritaires en Europe n’ont pas été les dernières à participer aux épopées coloniales (Blas de Lezo, Elkano étaient basques, mais aussi De Loyola qui a envoyer les Jésuites à la conquête du monde ; Marca et StCricq étaient béarnais ; pour ne citer que peu d’exemples..) ; et à être non pas des victimes mais des belligérants des guerres intra-européennes selon des systèmes d’alliances antiques (ex : celtibères, gréco-romains), médiévaux, puis modernes ( les guerres carlistes notamment).
    Ceci étant dit, ce sont effectivement les institutions françaises en tête de ce processus civilisationnel, qui ont délibérément détruit le patrimoine culturel des peuples situés au marge du territoire, sans le moindre scrupule et qui nous revendent aujourd’hui de la "culture" inoffensive à moindre prix. Cependant, nous avons une part d’identité française que nous n’avons pas forcément choisi mais qu’il nous faut assumer.
    . Le rayonnement culturel de Paris (juridique, philosophique et artistique), a imprégné nos pays, et n’a pas uniquement semé le chaos et le trouble. Le fait de ne l’avoir pas "choisi" cette partie de notre patrimoine culturel n’enlève pas le "butin de guerre" (pour reprendre l’expression d’un écrivain berbère) qu’il peut constituer.

  • Enfin, ce qui soulève le plus d’interrogations est à mon sens la problématique du nationalisme de ces ethnies minoritaires dont vous parlez. Celui peut en un certain sens, finalement parachever l’œuvre impérialiste en reproduisant à échelle locale, des modes de pensées nationalistes dominants. Rebâtir un mythe national tout aussi falsifié (batailles mythiques (Biscaye), personnages enflés, périodes ou faits historiques occultés, codes militants, opportunismes sur toutes les idées en vogue...). A titre d’exemple, les livres d’école catalans qui nient le statut de province de l’Aragon, ou encore à l’antisémitisme d’Arana, qui fait des basques la seule ethnie en Espagne "non contaminée" par les Juifs convertis, et s’inscrit dans la lignée du nationalisme espagnol et ses démons de la Reconquista, mais aussi du nationalisme allemand racialiste qui lui était contemporain. Cependant, une figure historique de cette envergure a manqué aux Gascons, c’est certain.
    Puis, l’attirail de militance, drapeaux, jeux de pouvoirs et d’influences (le PNB, ERC sont finalement des partis qui gouvernent et s’accommodent du statu quo), me font penser à des rejetons du nationalisme englobant..

    Alors, oui entre David et Goliath, le premier semble toujours plus défendable, plus légitime ; mais il n’est pas légitime "en soi", au-delà de ses propres agissements.
    Enfin, je vous rejoins sur le fait que l’avènement de cette culture uniforme et indifférenciée soit encore moins souhaitable que la création d’identités un peu tronquées ou discutables, mais moins cauchemardesque qu’un monde sans mémoire et sans histoire.
    Ce rouleau compresseur, nous le sentons, qu’il soit finalement le fait d’un Etat ou d’une époque. *

    Alors, si je peux me permettre de synthétiser sans offenser personne : Gérard, (et Gaby) vous proposez des actions concrètes qui me paraissent déjà intéressantes à synthétiser clairement. Héritage, paysage, souvenir. Mais je trouve aussi que les vues plus idéalistes de Philippe, sont plus profondes, ambitieuses et nécessaires, mais souffrent, selon mon humble jugement, d’un manque de perspective concrète.

    Il faut définir plus strictement, et concilier les vues.

  • Bonjour Jo(seph,je présume !),
    Je n’ai pas trop le temps d’entrer dans de longs développements.Quelques points rapides cependant :
    Vous vous focalisez trop,je pense, sur cette question du séparatisme qui nous opposerait,Halip et moi.Pardon de vous le dire, mais c’est chausser les bottes de tous ceux qui pendant au moins un siècle ,de 1870 à 1980 , jaugeaient le régionalisme sur cette seule question. Elle me parait très peu représentative de questions réelles aujourd’hui. Déjà parler de séparatisme aujourd’hui pour un territoire dont 80% de ses habitants au moins n’ont pas la moindre idée d’être gascons (gascon, qu’est-ce que c’est, déjà ?) serait totalement fumeux. Du reste, bien que Halip soit assez grand garçon pour vous répondre lui même, il me semble qu’il voit plutôt un dépassement par le haut des Etats -nations, du concept même qu’ils incarnent, plutôt qu’un séparatisme réel (bien qu’il rêve de la Vasconie, en sachant bien que c’est un rêve). Et je ne suis pas si éloigné de ces vues -là. En tous cas, bien que me considérant parfaitement français, je souhaite une forte évolution du concept de la nationalité française : la France idéale serait pour moi une nation de peuples (je parle bien des peuples ayant historiquement constitué la France, pas de peuples récemment importés sur nos sols). Bref,là aussi, dépassement de l’Etat-nation par le haut. Par parenthèse ,je pense à peu près comme lui au sujet du rôle de l’Etat -nationaliste et belliciste qu’était devenue la IIIè République, qui se situait à mon avis à peu près au même niveau que l’Allemagne wilhelmienne (bismarckienne en fait) du IIè Reich...

    Pour quelques autres points (les mythes historiques qu’ils soient de grandes ou de petites nations), des nuances à apporter à la notion un peu discutable de nations naturellement prédatrices, je pense à peu près comme vous.
    Enfin, ne croyez pas que ReGasPros soit uniquement dans le souvenir, l’héritage et le paysage ; si vous nous lisez ici régulièrement ou regardez d’autres moyens d’expression (twits par exemple) vous constaterez qu’au contraire nous sommes dans la proposition et le désir d’avenir : "prospective", mot certes un peu pédant dans notre contexte, n’est pas pour rien dans notre nom.

  • Mais je trouve aussi que les vues plus idéalistes de Philippe, sont plus profondes, ambitieuses et nécessaires, mais souffrent, selon mon humble jugement, d’un manque de perspective concrète.

    C’est le moins qu’on puisse dire quand on voit l’état d’acculturation de la quasi totalité de ceux qu’on appela les Gascons à une époque lointaine.

    Mais il faut bien se préserver quelques espaces oniriques pour supporter la médiocrité grandissante de notre monde occidental sur le déclin.

  • (Suite de ma réponse à votre post)
    >>> Nous pourrons nous satisfaire de notre Verbe et de notre concept gascon quand nous en observerons l’effet sur le terrain <<<
    Là est une clé majeure.
    Pour essayer de relier de façon claire cette clé majeure au fil de la discussion tel qu’il s’est ici développé, je n’emploierai qu’un « Tchic » embryonnaire de philosophie sur la marche du temps et un unique symbole : la Dame de Brassempouy. Ceci pour en déduire une analyse simple des causes intrinsèquement gasconnes de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Une analyse neutre, exempte au maximum de toute nuisance préexistante, idéologique, politique ou religieuse. Une analyse s’efforçant de résister aux modes intéressées de pensées préfabriquées. Car, hors de cette approche, point de salut !
    Donc, en 2020, pendant que nous tentons non sans quelques mérites désespérés, de tenir la tête de la vieille Gascogne hors de l’eau, les progrès de l’informatique, de la robotique, de l’Intelligence artificielle et de ses prolongements prévisibles sont en train de générer une nouvelle révolution humaine aux conséquences tout simplement imprévisibles. Des conséquences sur les modes et moyens de vie, donc d’expression (langues), d’importance probablement comparables, à ce que furent, toutes proportions gardées celles du passage de l’économie des chasseurs-cueilleurs à la révolution agricole plus la découverte feu.
    En relation directe avec mon propos sur la survie de notre humanité, l’explosion prévisible du système capitaliste qui s’est lui-même sabordé en cédant de façon à la fois irréfléchie et immorale à ses zélateurs exclusivement financiers.
    Conséquence, et dans l’esprit de ce qu’écrit Danièl dans son post N° 71, la société humaine telle que nous la connaissons est en train de disparaître ! Et nous ne voyons pas comment la portion de planète comprise entre Bordeaux et les Pyrénées pourrait s’affranchir du processus en cours.
    C’est là que j’appellerai la Dame de Brassempouy à mon aide.
    Si cette Gasconne avant la lettre, décédée depuis quelques vingt-cinq mille ans, figure encore aujourd’hui sur les bannières de Gascogne, c’est qu’elle a appartenu à une société particulière. Une société répondant aux exigences minimales pour naître et survivre avec sa langue ; c’est-à-dire, au minimum, un regroupement humain homogène suffisamment important dans un environnement humain suffisamment connu et compris pour éviter les surprises, un intérêt culturel commun suffisamment développé, une économie suffisamment prospère et techniquement avancée pour assurer gîte, couvert et sécurité à la communauté. Et lorsque qu’une seule de ces conditions disparut ou s’affaiblit au-delà d’un certain minimum, la société de cette proto-gasconne disparut également et sa langue avec elle.

    Voir en ligne : http://refletsdeloups.com

  • Suite et fin de ma réponse à votre post
    Alors, la Gascogne dispose-t-elle encore de chacune de ces conditions qui empêcheraient notre société gasconne et donc sa langue, de disparaître ? La réponse est évidemment non.
    En outre, disposons-nous de guides gascons suffisamment éclairés, populaires, objectifs et carrés d’épaules pour conduire le pays qui nous aimons ?
    Ou pour proposer des choix d’économie-politique un peu moins pernicieux que ceux que nous avons régulièrement acceptés à travers certaines gouvernances de la communauté française. Des « choix » qui lui sont régulièrement imposés soit par un occident capitaliste-financier, soit par un orient communiste, soit par des modes socio-économiques carrément subversives venues d’ailleurs ?
    Ou pour résister à toutes ces influences qui ne considèrent l’ensemble dans lequel nous vivons, la France, que comme un éventuel « casse-croûte » ?
    Ou pour imposer aux egos gascons les concessions linguistiques et sociétales indispensables à la mise en œuvre d’un dictionnaire pan-gascon unique et documenté, servant de référence commune à toute la Gascogne qui soit utilisable par le plus grand nombre ? Que ce plus grand nombre soit ou non locuteur gascon car, in fine, ce sont évidemment les « non-gascophones » seuls qui sont susceptibles de venir grossir les rangs des « gascophones » ! A condition de disposer des outils nécessaires dans un environnement favorable et si possible incitateur.
    Or, les réponses sont non, non, et non !
    Toutes réponses négatives qui ne rendent même plus nos contemporains hostiles. Ils nous ignorent. Simplement ! Et nous laissent disparaître. Doucement.
    Je serais fort heureux d’avoir votre sentiment sur tout ceci.
    Bien cordialement et bon courage.
    Philippe Raufaste

    Voir en ligne : http://refletsdeloups.com

  • Monsieur Raufaste,

    Je partage, hélas, votre sentiment sur les conditions susceptibles de mettre un coup d’arrêt au processus de disparition totale de la langue gasconne. L’environnement social, culturel, politique, démographique, linguistique, est malheureusement à l’opposé de telles aspirations.
    Le gascon n’est pas un cas unique dans le monde. D’ici peu, sur les 6000 à 7000 langues encore parlées sur la planète, combien y en aura-t-il encore en lice ? Une poignée à coup sûr. Une chose qui m’a toujours effaré, c’est de voir la vitesse avec laquelle une langue dialectale peut sombrer dans le néant, et cela en moins d’une génération dans des cas pas forcément extrêmes. En matière de langues comme en bien d’autres matières, nous en sommes restés à l’impitoyable loi de la nature, celle du plus fort qui fait que le pot de terre se fracasse toujours contre le pot de fer ou que le plus gros avale le plus petit. Ou alors il ne reste plus au pot de terre qu’à se transformer en pot de fer pour éviter de perdre son contenu. Je ne vois que deux cas historiques qui puissent s’approcher d’un tel revirement : la résurrection de l’hébreu et l’unification de la langue basque. Mais dans les deux cas, il a fallu une somme formidable de volonté, de courage, de détermination, et surtout de conscience de former un peuple, qui font complètement défaut chez nous.
    En ce qui me concerne, devant un tel constat, je me cantonne à un intérêt strictement intellectuel du fait gascon, tant historique que linguistique. Je veux bien croire que certains jeunes s’intéressent à tout ça et désirent se mettre à l’étude du gascon, mais je pense que ça ne débouchera pas sur quelque chose d’assez costaud pour ressusciter ce qui a commencé à disparaître à partir du milieu du siècle dernier chez nous et ailleurs dans le monde.

  • Bonjour Danièl,
    Je suis heureux de voir que vous partagez cette approche et je pense que nous ne sommes peut-être pas que deux...
    Particulièrement en ce qui concerne la rapidité de détérioration. S’il est clair que les dégâts peuvent survenir vite (même en les reconsidérant à l’échelle de l’histoire) il est également évident que dans le cas qui nous intéresse, nous sommes dans une phase d’accélération qui semble anormale.
    Merci pour votre réaction.

    Voir en ligne : http://refletsdeloups.com

  • 103. Philippe Rafauste

    Je ne sais pas si cette accélération dans le déclin du gascon est normale ni si elle est très courante, toujours est-il qu’elle n’est pas unique sur la planète. Il existe un cas, peut-être un peu extrême, celui des Kamassiens, peuple de Sibérie, qui a changé de langue trois fois en 50 ans. A l’origine, ils parlaient une langue samoyède, le kamasse. Ils ont commencé à parler le turc à partir de 1840 et ne parlaient plus QUE cette langue une vingtaine d’années après. A partir de 1890, les Kamassiens avaient laissé tomber le turc pour le russe... Vont-ils se mettre à parler chinois de nos jours ? Mais ne rigolons pas, ce cas peut-être caricatural de prime abord risque fort d’être la norme dans un avenir très proche. L’idéologie mondialiste, désormais devenue folle à lier, est tout à fait inapte à pallier de tels désastres, humains comme linguistiques, bien au contraire ! Hélas, rien en face, aucune solution crédible pour remédier à cette folie planétaire et enrayer ce déclin civilisationnel avant qu’il ne soit devenu inéluctable.
    Mais savoir que le gascon n’est pas un cas unique ne saurait en aucune façon servir de consolation.

  • Vu sur internet mais peut être pas sur gasconha.com (?) :

    Conférence de Cathy Constant-Elissagaray, association Aci Gasconha, janvier 2014 :

    https://lemondedecathy.fr/europe/france/coutumes-gasconnes-venues-dailleurs/

    32406465

  • Bonjour Tederic,
    et merci pour votre message.
    Non seulement le travail de Cathy Constant-Elissagaray est passionnant dans sa lettre, mais il est aussi exceptionnel dans son esprit.
    En élargissant sa recherche à des milliers de kilomètres du clocher d’Auch, et à des milliers d’années de ce jourd’hui, cette dame, que je n’avais pas l’honneur de connaître, a fait plus pour la reconnaissance de la Gascogne et des Gascons que bien des actions locales et contemporaines !
    Sa référence à notre regrettée Renée Mussot-Goulard est un "premier choix" en la matière.
    Ayant conscience de désormais tout oublier, cette lecture a fait remonter en moi une mémoire très proche de celle de mossur Arn-Wulf !
    Qu’elle en soit remerciée.
    Je ne sais plus si je vous ai envoyé le second tome de l’histoire de Raufaste. Si ce n’est pas le cas, merci de me rappeler votre adresse . Je me ferai un plaisir de vous l’adresser.

    Bon courage et portez-vous bien, par ces temps hasardeux.

    Philippe Raufaste

    Voir en ligne : http://refletsdeloups.com

  • A J-Cristian ,
    Après lecture plus détaillée du message reçu, il convient évidemment de remercier également J-Cristian de nous avoir signalé l’excellent travail de Cathy Constant-Elissagaray !
    Voilà qui est fait.

    Voir en ligne : http://Refletsdeloups.com

  • Dans le document il y a quelques références aux thèses de J Supéry qui ne sont pas "reconnues" par les historiens et c’est un euphémisme...
    32406465

  • Quels historiens ? Alban Gautier Ceux qui répètent depuis 200 ans les thèses des historiens de la 3eme république ou cette nouvelle génération qui apporte un souffle nouveau sur l’histoire
    Ce qui est curieux c’est que Supery est suivi dans la plupart de ses thèses par des historiens justement nouveaux et surtout scandinaves qui sont je pense les plus à même de parler de leur peuple
    C’est comme si vous aviez des russes qui dissertaient sur l’ histoire de la Gascogne
    Ne pas oublier non plus qu’il est moitié gascon et moitié scandinave
    Je pense qu’il faut avoir l’esprit ouvert
    Si il y a eu occupation viking cela me dérange nullement si j’ai du sang scandinave cela me dérange nullement
    Il faudra arrêter cette guéguerre stérile et arrêter de lire des canards du mainstreem comme le point

  • [Just] don’t keep your minds so open that your brains fall out.
    — Walter Kotschnig

  • Admettons que sur un plan purement historique, entre la disparition quasi totale des Wisigoths de notre histoire pendant plus de mille ans et le retour actuel et intempestif des Vikings sur le devant de la scène, il ne serait pas mauvais de trouver enfin une ligne un peu plus médiane et réaliste.
    Dans cet esprit, suggérer qu’il y eu "négociation" entre les Vikings et Pépin II d’Aquitaine est sans doute un peu risqué !
    Lorsque l’on connaît la situation réelle du pauvre Pépin II, coincé entre les ambitions de Charles-le- Chauve (lui-même soutenu par Louis-le-Pieux et sa maman Judith) et les ambitions de Sanche-Sancion, dans l’incapacité de maîtriser les foucades de ses propres partisans gascons, et enfin poussé dans le dos par les Vikings avec la vigueur que l’on sait, nous imaginons tout de suite de quel genre d’équitable "négociation" il a pu s’agir.
    Mais inversement, on ne peut refuser d’admettre que des pêcheurs Basques aient pris des notes intéressantes quant à la technicité des pêcheurs de baleines Vikings, ou que des Aquitains du littoral aient observé leurs bateaux et s’en soient inspirés au moins partiellement pour construire la première pinasse !
    Mais la motivation de ma réaction positive au travail de Cathy Constant-Elissagaray n’est pas là !
    Elle réside dans le constat pérenne que le rappel du passé gascon est une façon efficace de continuer à faire vivre le présent gascon.
    Et Cathy le fait ici en nous présentant une somme de connaissances fort respectables, en acceptant d’examiner toutes les propositions de ses sources sans en rejeter a priori, et avec la modestie de rappeler qu’elle ne prétend pas trancher les différends surgissant sur le fond.
    Après, anticiper la résonnance réelle du travail de Cathy Constant-Elissagaray sur l’éventuelle survie du vieil univers Gascon de Cyrano de Bergerac, univers qui vient d’être découpé à la tronçonneuse au profit d’une région bidonnée, c’est évidemment une autre question !
    Je vous salue tous et toutes aussi amicalement que sincèrement.

    Voir en ligne : http://refletsdeloups.com

  • Je souscris tout à fait à l’appréciation ci-dessus de Philipe Raufaste sur l’intérêt « global » du travail de Mme Constant Elissagaray .Dans les détails on peut en effet discuter.
    S’agissant des Vascons l’auteur utilise en effet l’expression « un nouveau peuple » :nouveau,je me demande bien pourquoi et le mot peuple -une réalité , je pense- n’est pas cohérent avec sa compréhension de leur réalité : comme Mme Mussot -Goulard elle en fait plutôt une sorte d’aristocratie équestre wisigothique ce qui est bien réducteur. Voir à ce sujet la lecture critique que j’avais faite du livre cité (« Les Gascons ») de cette historienne intéressante mais trop tranchée dans ses jugements ,me semblait-il (ma lecture avait précédé d’intéréssants échanges contradictoires ) :
    http://www.gasconha.com/spip.php?article959

    Enfin s’agissant des Scandinaves,alias Vikings je suis aussi bien du même avis que M.Raufaste.Mme Constant me parait s’être bien trop alignée sans autre examen sur les thèses maximalistes de M.Supéry .Du reste une des cartes qu’elle met à notre disposition contredit quelque peu son propos :dans les « Scandinavian settelments » on voit bien que lesdits établissements permanents ne dépassaient pas la côte nord de la Gironde actuelle. Mais je ne voudrais pas amorcer une nouvelle et sanglante guerre de religions à ce sujet !

  • Adiu amics,
    Que podetz trobar sus facebook ua plataforma gascona tà discutir sus causes de Gasconha.
    Que sò eth administrador. Tanben trobaratz numeros dera Votz dera Montanha.
    adishatz

    https://www.facebook.com/groups/1856085177834123/

  • Voici une réponse proposée par Diu Biban au manifeste gascon : l’imatgeria.

    Voir en ligne : https://diubiban.fr/beldura/mitarra/

  • Quin plaser ! Mercés plan per lo "manifeste". plus que jamais, en cette période sinistre et électorale, quand la plupart des candidats se moquent éperdument des "territoires", il faut faire entendre la voix des peuples.

  • Comme le dit PJM ci-dessus, quel plaisir de lire et relire ce Manifeste Gascon, encore que cette lecture ne soit un peu teintée de mélancolie, !
    Car l’esprit rayonnant dans le Manifeste, et dont l’essentiel n’a cessé d’être évoqué à juste titre sous une forme ou sous une autre dans Gasconha.com, semble bien avoir généré dans le microcosme gascon beaucoup de vœux considérables, certes , mais qui n’en sont pas moins demeurés des vœux pieux impuissants à inverser le cours du destin gascon !
    Le temps passant, et en dépit de nos efforts, leur réalisation devient chaque jour un peu plus improbable.
    Non seulement l’espoir gascon faiblit proportionnellement, mais dans les faits, la Gascogne traditionnelle a été officiellement exécutée en place publique par la création d’une région d’inspiration purement exogène. Une région qui n’a pratiquement plus de consistance, non plus que de cohérence gasconne.
    En toute sincérité je ne vois pas en quoi la disparition officialisée de la Patrie des "Cadets de Gascogne" et de Cyrano de Bergerac pourra favoriser de quelque façon que ce soit l’avènement et l’amendement du "monde nouveau", pour appeler ceci comme cela.
    Diviser, fragmenter, scinder n’a jamais été le meilleur moyen de rassembler ce qui n’était déjà que trop épars.

    Dans tous les cas, merci à Gasconha.com de persévérer dans cette forme de conservatoire gascon.
    Il convient également de remercier tous ceux qui, d’une façon ou de l’autre, y contribuent même lorsque ces contributions revêtent la forme de vigoureuses oppositions.
    Car, la "vigoureuse opposition" ne constitue-t-elle pas une survivance de l’esprit Gascon" ?
    Adishatz plan, et bon courage.

    Voir en ligne : http://www.refletsdeloups.fr

  • Imatgeria est une réponse au Manifeste gascon.
    Cette réponse prend la forme d’un imagier présentant une sélection raisonnée de compositions graphiques relatives à l’identité visuelle gasconne.

    Disponible ici !


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