Mots

vèrn

français : vergne, aulne

Prononcer "bèrn".
Viendrait du gaulois "vernos".
dérivés :
Vernet, verneda, vernhet, vernheda
= aulnaie
Le masculin "vernet" désigne un bois plus petit que le féminin :
vernhet < vernheda
(explication de L. Vernhet)
Le "vèrn" était autrefois planté en bord de rivière pour bien le tenir par ses racines.
Et de son bois, on faisait des "esclòps " (d’où l’expression "arbre aux sabots").
"bois léger et imputrescible, il servit à confectionner jougs de boeuf et esclops. Avec l’écorce, on peut faire de la teinture brun-oranger et avec le bois un chauffage qui laisse très peu de cendres". [Guy Suire]

"Bois rouge, arbre de 25 à 30 m. Bois recherché en menuiserie, ébénisterie. Ecorce utilisée en décoctions contre l’angine et pharyngites."
[Gilles Granereau]
variante en Aspe : vèrno [Jean Eygun]


 

paloma

français : palombe

Prononcer entre paloume et paloumo.
dérivés :
palomaire (souvent écrit "paloumayre" en français), palomèra (palombière - prononcer entre paloumère et paloumèro)...
palomèir (palonnier) n’a apparemment rien à voir avec paloma ; mais peut-être que si dans certains cas !
Mise à jour 2019 : palomèir (paloumeÿ) est plus probablement la forme masculine et nord-gasconne de palomèra, comme le dit Bernat ci-dessous.


 

tausin

français : chêne tauzin

variante : taudintaudin = tauzin
chêne tauzin.
dérivés : tausiar (prononcer "tawzia"), taudinar, tausièda (prononcer entre "tawziède" et "tawzièdo")..., qui sont les forêts de chênes tauzins

voir aussi :

Noms damb "tausin" :


 

lèbe

français : lièvre

Attention, ce mot est généralement féminin en gascon : la lèbe.
On nous dit cependant qu’il peut être aussi masculin : lo lèbe.

La forme lèbre, moins gasconne, existe aussi, plutôt sur les marges de Gascogne.

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« leberàu, lebrè adj. m. – Chien qui court le lièvre. »

Noms damb "lèbe" :


 
 

cuja

français : citrouille

dérivé :
cujòla : calebasse, gourde (en Grande Lande selon Palay)
cujèr (donc cujèir en Nord-Gascogne ?) :
Multidiccionari francés-occitan

« coujè, cujè sm. – « Citrouillier » ; lieu où sont cultivées les citrouilles. » [Palay]


 

cocut, cocuth

français : coucou (l'oiseau)

L’oiseau. Prononcer "coucut".
Le mot apparait dans de nombreux noms de lieux :
"Cantecoucut" e tot aquò...
femelle du coucou : cocura (forme normale du féminin pour cocuth, à prononcer "coucure, coucuro"...)

Mais "cocut" veut dire aussi "jonquille" [JF Laterrade] cocuth = coucou, cocu, narcisse des prés, jonquillecocut = cocu (mari)

Un mot qui a plusieurs sens en gascon, recouvrant peut-être le champ français entre cocu et coucou, qui a fait fortune dans la langue et dans la toponymie gasconnes.

Noms damb "cocut, cocuth" :


 

coma

français : combe
Mot languedocien correspondant : comba

Prononcer entre "coume" et "coumo".
Une combe est une sorte de vallon, de dépression.
Les dérivés de "coma" se trouvent dans de nombreux noms propres (Ducomet, Lascoumes...).
En Nord-Gascogne, c’est la forme comba qui prédomine, comme en occitan central.
La forme escoma (escoume...) semble synonyme.
Pour "coma" ("coume" dans la graphie qu’il utilise), Palay donne aussi l’explication (presque inverse) de "colline, monticule".

Le couple comèth/comèra semble un dérivé.

Noms damb "coma" :


 

heuga, heuguèra

français : fougère

heuga (prononcer "hewgue") ne semble pas connu des dictionnaires, pourtant le courant heugar ne peut guère venir d’une autre forme.
Et certains toponymes (Hougasse, Héougassou...) non plus.
heuguèra (qui ne peut être qu’un dérivé de heuga) a peut-être supplanté le mot parent heuga dans l’usage populaire.

dérivé : heugar (fougeraie, "hougà" écrit à la française)

heugassa (prononcer "hougasse"...) : heuga + suffixe as à valeur péjorative, la fougère pouvant être un inconvénient...

heuç (prononcer entre "héous" et "héws") et basta (prononcer "baste") existent aussi.

Noms damb "heuga, heuguèra" :


 
 
 

prat, prada

français : pré

dérivés :
prada, pradèra : prairie
pradèu : airial
pradina (prononcer "pradine"...) est présent en toponymie nord-gasconne, et devait avoir un sens précis qui nous échappe.

Noms damb "prat, prada" :


 

leda

français : lette

Vallon interdunaire.
variante : leta

voir aussi :

leta / lette

variante : leda
Vallon interdunaire sur la côte atlantique.
Ce serait généralement une "vallée sèche", sans cours d’eau.
Il y a là, ou il y avait, une flore et une faune intéressante : vaches de lette, chevaux de lette...


 

nau, nèu, navèth, nevèth, nava, navèra...

français : neuf

prononcer "naw"
neuve : nava (prononcer "nawe", "nabe", "nabo", "nawo"...) ou parfois nau comme le masculin
Les formes nèu et nèva existent aussi.
Le couple navèth/navèra correspond à nouveau/nouvelle ; variante pour les Landes, et peut-être aussi pour le Médoc et autres : « noèt, nouèt,-ère (L.) », donc novèth/novèra [Palay]

Noms damb "nau, nèu, navèth, nevèth, nava, navèra..." :


 

jauga

français : ajonc

"jaugue" en français régional.
Prononcer "jawgue", "jawgo", "yawgue", ou "yawgo".
Dérivé :
ajaugar (prononcer "ajawgà" ou "ayawgà"), jaugar : endroit où il y a de la jauga.
jaugut, jaugós (jàwgouss) : couvert d’ajaugue ?

Noms damb "jauga" :


 

hèr

français : fer

Prononcer "hè".
Dérivé :
herrèira, herrèra :
FEW (ferraria) :
"Afr. ferrière ’installation pour extraire, fondre et forger le fer’, npr. ferriero. [...]
Im gallorom. ist es als s. fast ganz verschwunden, in ortsnamen aber sehr weit
verbreitet : Ferrière(s), im gask. auch Herrère"*
herrar : ferrer

*En gallorom. c’est presque complètement disparu comme s. [substantif, je suppose], mais encore très répandu dans les noms de lieu.


 
 
 

cotura

français : culture

Au sens agricole.
Peut désigner un terrain cultivé.
A l’origine des nombreux noms de lieu et de personne "Couthures", "Lacouture", etc...
Correspond au verbe "cotivar" (cultiver).
Atencion, la cotura n’es pas la costura ! Ne cau pas con.hóner ! (97 ko)

Noms damb "cotura" :


 

mètge

français : médecin

 

mosca

français : mouche

dérivés :
mosquit (prononcer "mousquit") : moustique
Lo picard.... Les moustiques-tigres attaquent la Gascogne... E en gascon, quin se ditz ?

mosquiu (prononcer "mousquïou") : susceptible ("qui prend la mouche") ; au féminin : mosquiva (prononcer "mousquibe", "mousquiwe", "mousquibo", "mousquiwo"...)
moscard : taon

Noms damb "mosca" :


 

auga

français : molinie bleue

Prononcer "awgue"...
"graminée vivace qui croît notamment dans la lande humide" ("Petit vocabulaire de la forêt landaise", Ed. Confluences, B. et JJ Fénié)
dérivés :
auguicha (prononcer "aouguitche" - synonyme de "auga") : molinie
augar : lieu humide, boueux (prononcer "awgà"), lande humide

Etymologie :
"auga" peut venir du latin "alga" (algue) ou être en relation avec le basque "alga" (prairie, fourrage), qui vient peut-être aussi du latin "alga".

Noms damb "auga" :


 

palanca

français : passerelle, planche

ou "planche", qui est d’ailleurs un mot français de même racine que "palanca".
Prononcer entre "palanque" et "palanco".
On nous signale aussi la signification "branche".
A Bordèu, las palancas servivan au pòrt a passar saus vaishèths (batèus).

Noms damb "palanca" :


 

vinha

français : vigne

Prononcer "bigne".
Le gascon distingue "vinha" (l’ensemble des pieds de vigne) et "vit" (pied de vigne).
(dictionnaire de La Civada).
dérivés :
vinhau
Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« bignàrro (G.) sf. – Etendue de vignoble ; enclos vignoble. » (vinharra)

Noms damb "vinha" :


 

parc

français : abri pour des animaux

Aussi bien les parcs à huîtres que les parcs à moutons...
Selon Ph. Soussieux, vient du bas latin "parricus".

dérivés :
pargada : ensemble de parcs
pargòt : petit parc
parguèra : enclos où les animaux piétinaient le sostratge.
parguia : basse-cour
pargau : ???

Noms damb "parc" :


 

esquira

français : sonnette, sonnaille, crevette

Prononcer entre "esquire" et "esquiro".
En Nord-Gascogne : crevette blanche de Garonne, ou crevette en général, ça doit dépendre de l’endroit.


 

esclòp

français : sabot

dérivé :
esclopèir ou esclopèr (prononcer "escloupèÿ" ou "escloupè") : sabotier

"Lous Esclops" à Troyes !
"Lous Esclops" à Troyes !
C’est en banlieue de Troyes (Champagne).
Je l’avais repéré depuis une quarantaine d’années, et je n’étais pas sûr que ça y soit encore. Mais "Lassalle" est sur la boîte aux lettres...
Probablement un gascon expatrié.
De vrais sabots, qui ne sont pas sur cette photo, sont aussi suspendus sur le mur perpendiculaire, pour le cas (probable par là-bas) où on ne comprend pas...
Tederic M.

Noms damb "esclòp" :


 

sauç

français : saule

saucina : variété très petite de saule.
saucinar (prononcer "sawsina") : lòc plantat de saucinas...
Les formes saudina saudinar existent aussi.

Attention aux faux amis avec saüc, que les sélections dans la base de données de Gasconha.com peuvent ramasser, ne faisant pas de différence entre c et ç ni entre u et ü !saüc = sureau


 

maine

français : domaine

Très fréquent dans nos campagnes, souvent écrit "Mayne".
Prononcer "maÿne".

Noms damb "maine" :


 

cornau

français : hameau

Prononcer "cournaw".
Village de défrichement, jadis.

voir aussi :

cornèr / coin

Prononcer "cournè".
Remarquer la similitude avec le mot anglais "corner" de même signification.
Le gascon ne l’a pas pris à l’anglais. Les deux ont la même origine latine.

còrn (prononcer còr) existe aussi.

cornièra (languedocien ou guyennais), cornalèr (gascon) :
« les "cornières" qui sont les passages qui permettent d’accéder à la place centrale par les angles. Ils sont initialement étroits et ne laissent pas passer les charrettes. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bastide_(ville)
Les cornières n’étaient donc pas la totalité des embans ou arcades d’une place de bastide, mais situées aux coins de cette place, conformément à la racine corn (coin).

Noms damb "cornau" :