Mots

- Tederic Merger

gai

français : geai

Prononcer "gaÿ".
Nom d’oiseau
Mais veut dire aussi "la gaieté, le plaisir", et c’est probablement le sens des nombreux lieux dits "Le Gay" (Lou Gaÿ/Lo Gai).
En gascon moderne, "gai" pourrait aussi être adopté pour dire "gay" au sens anglo-saxon de "homosexuel". Il se peut d’ailleurs que ce "gay" anglais ait pour origine le mot gascon "gai" (plaisir).

Noms damb "gai" :


 

tesson

français : porc

Prononcer entre "tessou" et "tessoung".
"tesson" est plutôt "medoquin" (à confirmer).


 

grepin, gurpin, herpin, hurpin

français : tapis d'aiguilles de pin

variante : gurpin
synonyme, plus à l’est des Landes : bluhon

voir aussi :

 

bardís

français : torchis

bardissar : appliquer du torchis


 

andòrt

français : branche souple...

...pour faire des liens.
[dictionnaire gascon du Bassin d’Arcachon, de Y. Vidal]


 

aulhors

français : ailleurs

Prononcer "aouillous".
"alhors" (prononcer "aillous") existe aussi.


 
 

betor

français : butor

Prononcer "bétou".
"bram" existe aussi.

Noms damb "betor" :


 

cotèth

français : couteau

Prononcer entre "coutèt" et "coutètch".

Qu’u crenh coma la craba lo cotèth
Il/Elle le craint comme la chèvre le couteau.
(Antologia de Labrit, Leopold Dardy, editor IEO)

 

corau

français : coeur du bois de l'arbre, chêne, cordial...

Prononcer "couràw".
Dérivé de "còr" (coeur).

corau a diverses significations, dérivées de cœur... ou de chœur.
corau (adjectif) : cordial ou même choral !

coralin, coralet : bateau (Bayonne, Garonne...)

voir aussi :

aubèc / aubier

"partie entre le bois dur (corau) et l’écorce" [définition donnée par A. Viaut dans Flor de vinha].
"En Bazadais et sans
doute ailleurs aussi, l’aubier se dit "aumèc", nous signale Guy Dulau.

Est-ce que "aubec" pourrait aussi vouloir dire "aubépine" ?


 
 

laur

français : terre labourable, lande, terrain vacant

Ce mot semble avoir disparu de l’usage gascon. Tout le monde n’est pas d’accord sur sa définition de "terrain vacant" ou "lande". Certains proposent la définition "tèrra laurada" (terre labourée). On pourrait aussi envisager "laur" (laurier).
Un peu agaçante, cette incertitude, parce que de nombreux noms de lieux et de famille dérivent de "lau" (ou "laur" ?).
Le "r" final semble justifié dans tous les cas.


 

mescla

français : mélange

Mot pan-occitan.
Déposé récemment à l’INPI : "La Mescla du Verdon, grand rassemblement de grimpeurs du Verdon organisé par Kairn.com et la FFME.
Prononcer "mescle" ou "mesclo".
dérivés :
mesclanha (prononcer "mesclagne" ou "meusclagne" ou "mesclagno"), mescladís, sont des augmentatifs de "mescla".
La mesclanha est aussi la mêlée du rugby.
mesclar : verbe mélanger


 

vialar, vilar

français : hameau, village

Prononcer "biala".
Dérivé de l’occitan "vièla*" (prononcer entre "bièle" et "bièlo") qui vient lui même du latin "villa" (ferme, mais évolution du sens vers "hameau", "village", "ville"...).
Des noms gascons comme "Biella" (Vielar), ou "Capdevielle" (Capdevièla), sont des variantes ou des parents.

*Attestation de "vièla" (sous la forme "viele") :
"...donam per costume a ladite viele de Sent-Seuer..."
[Extrait de la Coutume de Saint-Sever, 10 mai 1480, en annexe du mémoire de DEA de Philippe Lartigue "LE VOCALISME DU GASCON MARITIME DIT GASCON « NOIR »"]

vilan, vielan (prononcer entre "bilà" et "bilang" pour le premier et entre "biélà" et "biélang" pour le second) : roturier [Palay] ; on reconnait le "villain" français.


 

bard

français : boue

dérivés :
barda (prononcer "barde"),
bardòc,
bardin,
bardinat, bardinada : terrain très boueux.
bardís : boue, saleté.
bardèr, bardèra :
« bardè,-re s. – Bourbier ; cours d’eau bourbeux. » [Palay]

bartòc : tampon, mélange de glaise et de paille
bardís, bardish, palha-bard : torchis

La parenté avec "barta" (barthe -zone humide auprès d’une rivière) est à étudier.

voir aussi :

barta / barthe

Zone humide auprès d’une rivière.
"barta" est un mot prélatin.
Difficile d’affirmer si "barda" (voir les lieux qui s’appellent "Labarde") est une variante de "barta".
Si oui, on pourrait déduire à la fois "barda" et "barta" de bard ou bart qui veut dire "boue" ou "limon".

barta existe aussi en languedocien, mais avec un sens différent de forêt broussailleuse. Difficile de dire si les mots "barta" et languedocien et gascon ont une même origine.


 

atau

français : ainsi, comme ça

Prononcer entre "ataou" et "ataw".
atau atau : comme ci comme ça

Noms damb "atau" :


 

vergèr, vergèir

français : verger

Prononcer respectivement "bergè", "bergèÿ".
Gascogne intérieure : vergèr (prononcer entre "bergè" et "bergé")

Noms damb "vergèr, vergèir" :


 

nòga

français : noix

Prononcer entre "nogue" et "nogo".
variantes : notz (prononcer "nouts"), nòda (prononcer "nòdo")

dérivés :
en nord-gascon, noguèir (prononcer "nouguèÿ") ou notzèir (prononcer "noutsèÿ")
hors nord-gascon, noguèr (prononcer "nouguè") ou notzèr (prononcer "noutsè") ou nosèr (prononcer "nouzè") : noyer
nogueirèda (nord-gascon ; prononcer "nouguèÿrède") ou notzarèda (nord-gascon ; prononcer "noutsarède"), nogarèda (nord-gascon ; prononcer "nougarède") : endret plantat de noguèirs o de notzèirs

voir aussi :

esquilhòt / noix

Prononcer "eskilyòtt".
S’appliquerait plutôt aux "noix décortiquées".
Mais quand on trouve ce mot en toponymie, il s’agit probablement de l’arbre lui-même, le noyer, de même qu’on trouve des lieux Laulan, Lauran (L’Aulan...) alors que aulan ou auran veut dire a priori noisette et non noisetier.

Noms damb "nòga" :


 

correja

français : courroie

Prononcer entre "courrèje" et " courrèjo".
Utilisé aussi pour désigner un champ en forme de bande allongée, une culture en terrasse...
D’où sa fréquence comme nom de famille (les noms de famille sont souvent issus de noms de lieux).
dérivé :
correjòla : correja avec le suffixe -òla qui doit être collectif

Noms damb "correja" :


 

dalha

français : faux

Prononcer entre "daille" et "dàillo".
dalhar : faucher
Passé en français régional : tu commences à me dailler !


 

estonar

français : étonner

Prononcer "estounà".


 

badar

français : bader

Rester bouche bée ("bée" et "béant" sont d’ailleurs de la même origine que "badar")
Prononcer " bada ".
" bader " est passé français régional.


 
 

cròs, cròsa

français : creux

Certains y voient un mot gaulois.
Et le breton a "kleuz".

variantes et dérivés : cròsa (mot féminin, prononcer entre "crose" et "croso" ; écrit parfois en français "croze" ; on appelle ainsi les grottes ou cavernes, à certains endroits), ce qui rapproche de cròt, cròta, qui pourtant semblent avoir une racine différente ("crypta")...

Selon Palay, un "cròs", c’est aussi "dans les maisons, une cachette pour les objets et les papiers précieux". Là encore, on est près du sens de "crot/crypta".

Noms damb "cròs, cròsa" :


 

grenga

français : petit chiendent

En tout cas dans le Médoc.
[source : Flor de vinha d’A. Viaut]
Prononcer à peu près "grengue".


 

clusèth, clusèu

français : grotte ou vallée resserrée

En occitan central : clusèl
En fait, "clusèu" semble très périphérique par rapport au domaine gascon, et doit sa place dans ce lexique gascon à la nécessité d’expliquer quelques noms de châteaux du Bordelais, vers Libourne et St-Emilion, donc justement aux confins de la grande Gascogne.

Mise à jour 2020 :
La poursuite du travail sur la toponymie nord-gasconne fait apparaitre des Cluset... qui semblent attester la forme clusèth, pendant gascon logique du languedocien clusèl.

Tresor dóu Felibrige :
Multidiccionari francés-occitan

CLUSÈU (rom. clusel, cluzel, b. lat. clusellum),s. m. Grotte à découvert, en Périgord, v. cauno, ràfi ; Le Cluseau, Le Clusel, nom de lieu fréquent dans la Dordogne.

clusèu serait la forme nord-occitane (limousine) correspondante, et pourrait avoir pénétré les confins nord de la Gascogne bordelaise.


 

bogés

français : du Pays de Buch

Prononcer "bougéss".
"Buch", qui a donné "bogés", ne se prononçait sans doute pas exactement "buch", mais quelque part entre "boÿ" et "botch".
En graphie occitane normalisée, on écrit parfois "Bug".
C’est la tribu antique des "boïens" ("boian" en gascon) qui est à l’origine de tout ça...


 

banèir

français : mesureur de vin ?

Prononcer "banèÿ".
Il semble que la bana (prononcer "bane" ou "bano") était à la fois une cruche ou un bidon de lait, et une mesure de capacité.
Palay donne "banèr" pour "mesureur de vin". On peut penser que ce mot, adapté au gascon maritime, a le même sens.

Noms damb "banèir" :


 
 

arroi, arroja, roge

français : rouge

Prononcer "arrouÿ".
La forme "roi" (prononcer "rouÿ") existe aussi.
Féminin : arroja ("arrouÿe", "arrouÿo"...)

Noms damb "arroi, arroja, roge" :